Le Conseil des communautés portugaises
Ce programme présente la quatrième réunion mondiale du Conseil des communautés portugaises qui a eu lieu du 11 au 17 novembre 1985 à Porto Santo dans l’archipel de Madère.
Le Conseil des communautés portugaises, qui s’est réuni pour la première fois en 1981, est un organe consultatif du gouvernement sur les question relatives à l’émigration et à la situation des communautés portugaises vivant à l’étranger.
Ce conseil est né de débats suivant la Révolution des Œillets de 1974, à propos de la participation politique des émigrés dans le cadre de la démocratie naissante. L’attribution du droit de vote à tous les Portugais émigrés soulevaient des questions et des restrictions ont d’abord été mise en place : seuls ceux ayant émigrés depuis moins de cinq ans ou ayant toujours un/une conjoint(e) ou des enfants au Portugal pouvaient voter. La création du conseil s’inscrit ainsi dans une volonté de plus grande participation des émigrés aux questions les concernant, manière pour l’État portugais de conserver un lien, certes d’une portée limitée, avec ceux-ci.
Le visuel de ce programme renvoie d’ailleurs à la tradition d’émigration du Portugal avec un bateau à voile stylisé aux couleurs du pays et un planisphère ancien faisant penser à l’époque des « grandes découvertes » marquée par les expéditions des explorateurs.
Toujours en activité, la composition du conseil est de 63 membres élus et de 10 membres désignés, pour un mandat de quatre ans. Le conseil des communautés portugaises dispose d’un conseil permanent et et de six commission spécialisées : Associations et Médias ; Affaires sociales et flux migratoires ; Langue, Éducation et Culture ; Affaires économiques ; Affaires consulaires et Appui aux citoyens, Participation civique et politique. 
En savoir plus :- Maria Beatriz Rocha-Trindade, « Le Conselho das Comunidades Portuguesas comme pièce centrale de la politique migratoire de l’après 25-avril », in Migrance 43 « La Révolution des Œillets et l’immigration portugaise, éditions Mémoire-Génériques, 2014- Victor Pereira, « Quel 25 avril pour les émigrés ? L’État portugais et les migrants en France pendant la Révolution des Œillets », in Migrance 43 « La Révolution des Œillets et l’immigration portugaise, éditions Mémoire-Génériques, 2014

Le Conseil des communautés portugaises

Ce programme présente la quatrième réunion mondiale du Conseil des communautés portugaises qui a eu lieu du 11 au 17 novembre 1985 à Porto Santo dans l’archipel de Madère.

Le Conseil des communautés portugaises, qui s’est réuni pour la première fois en 1981, est un organe consultatif du gouvernement sur les question relatives à l’émigration et à la situation des communautés portugaises vivant à l’étranger.

Ce conseil est né de débats suivant la Révolution des Œillets de 1974, à propos de la participation politique des émigrés dans le cadre de la démocratie naissante. L’attribution du droit de vote à tous les Portugais émigrés soulevaient des questions et des restrictions ont d’abord été mise en place : seuls ceux ayant émigrés depuis moins de cinq ans ou ayant toujours un/une conjoint(e) ou des enfants au Portugal pouvaient voter. La création du conseil s’inscrit ainsi dans une volonté de plus grande participation des émigrés aux questions les concernant, manière pour l’État portugais de conserver un lien, certes d’une portée limitée, avec ceux-ci.

Le visuel de ce programme renvoie d’ailleurs à la tradition d’émigration du Portugal avec un bateau à voile stylisé aux couleurs du pays et un planisphère ancien faisant penser à l’époque des « grandes découvertes » marquée par les expéditions des explorateurs.

Toujours en activité, la composition du conseil est de 63 membres élus et de 10 membres désignés, pour un mandat de quatre ans. Le conseil des communautés portugaises dispose d’un conseil permanent et et de six commission spécialisées : Associations et Médias ; Affaires sociales et flux migratoires ; Langue, Éducation et Culture ; Affaires économiques ; Affaires consulaires et Appui aux citoyens, Participation civique et politique. 

En savoir plus :
- Maria Beatriz Rocha-Trindade, « Le Conselho das Comunidades Portuguesas comme pièce centrale de la politique migratoire de l’après 25-avril », in Migrance 43 « La Révolution des Œillets et l’immigration portugaise, éditions Mémoire-Génériques, 2014
- Victor Pereira, « Quel 25 avril pour les émigrés ? L’État portugais et les migrants en France pendant la Révolution des Œillets », in Migrance 43 « La Révolution des Œillets et l’immigration portugaise, éditions Mémoire-Génériques, 2014

Le projet de loi d’Ornano
En plein conflit de « la grève des loyers », cette affiche, à l’initiative de la Coordination nationale contre les lois répressives et anti-immigrés, mobilise contre le projet de loi d’Ornano présenté au Premier ministre Raymond Barre en septembre 1979.
Dans le cadre du conflit opposant les résidents des foyers et les gestionnaires, dont le plus connu est la Sonacotra, les conclusions de la commission Delmon, menée par un conseiller économique et social, seront reprises dans un projet de loi présenté par Michel d’Ornano, ministre de l’Environnement et du Cadre de vie.
Les travailleurs immigrés résidant en foyers sont, d’après ce projet de loi, assimilés à des catégories particulières de la population comme les jeunes travailleurs, les handicapés ou les personnes âgées vivant dans des foyers. La qualité de locataire ne leur est pas reconnue et un contrat de résidence est prévu. L’illustration revient sur la possible expulsion dont ils peuvent tous être victimes en cas de perte d’emploi, d’échec aux examens ou à une absence prolongée, dressant un parallèle entre leurs situations. 
Pour les immigrés, le projet prévoit que la redevance n’est pas soumise à un plafonnement (contrairement à d’autres catégories particulière) et les gestionnaires bénéficient d’une grande latitude dans la définition des contrats. Cette proposition ne prend pas en compte les revendications émises par les comités de résidents mobilisés et marque même un recul sur certains points sur les pratiques existantes.
Ce projet de loi sur les contrats de résidence n’aboutira pas, l’alternance politique de 1981 y mettant un terme.
En savoir plus :- Mireille Giresy-Galeno, Les immigrés hors la cité : le système d’encadrement dans les foyers (1973-1982), L’Harmattan, 1984- Michel Fiévet, Le livre blanc des travailleurs immigrés des foyers : du non-droit au droit, L’Harmattan, 2000.

Le projet de loi d’Ornano

En plein conflit de « la grève des loyers », cette affiche, à l’initiative de la Coordination nationale contre les lois répressives et anti-immigrés, mobilise contre le projet de loi d’Ornano présenté au Premier ministre Raymond Barre en septembre 1979.

Dans le cadre du conflit opposant les résidents des foyers et les gestionnaires, dont le plus connu est la Sonacotra, les conclusions de la commission Delmon, menée par un conseiller économique et social, seront reprises dans un projet de loi présenté par Michel d’Ornano, ministre de l’Environnement et du Cadre de vie.

Les travailleurs immigrés résidant en foyers sont, d’après ce projet de loi, assimilés à des catégories particulières de la population comme les jeunes travailleurs, les handicapés ou les personnes âgées vivant dans des foyers. La qualité de locataire ne leur est pas reconnue et un contrat de résidence est prévu. L’illustration revient sur la possible expulsion dont ils peuvent tous être victimes en cas de perte d’emploi, d’échec aux examens ou à une absence prolongée, dressant un parallèle entre leurs situations. 

Pour les immigrés, le projet prévoit que la redevance n’est pas soumise à un plafonnement (contrairement à d’autres catégories particulière) et les gestionnaires bénéficient d’une grande latitude dans la définition des contrats. Cette proposition ne prend pas en compte les revendications émises par les comités de résidents mobilisés et marque même un recul sur certains points sur les pratiques existantes.

Ce projet de loi sur les contrats de résidence n’aboutira pas, l’alternance politique de 1981 y mettant un terme.

En savoir plus :
- Mireille Giresy-Galeno, Les immigrés hors la cité : le système d’encadrement dans les foyers (1973-1982), L’Harmattan, 1984
- Michel Fiévet, Le livre blanc des travailleurs immigrés des foyers : du non-droit au droit, L’Harmattan, 2000.

Les juntes militaires peuvent-elles amener une démocratie?
Une colombe blanche affublée de bottes et d’un couvre-chef militaire tient dans son bec un trousseau de clés. Cette iconographie centrale de l’affiche réalisée par l’Association des travailleurs de Turquie (ATT) illustre la question posée en bas du document: « Les juntes militaires peuvent-elles amener une démocratie ? »
En effet, le 12 septembre 1980, un coup d’État réalisé par l’armée renverse le régime en place en Turquie. Les militaires, pointant l’instabilité grandissante dans le pays, justifient leur intervention par leur volonté de restaurer l’autorité de l’État, d’éviter une guerre civile et de permettre les conditions de développement de la démocratie.
Ce coup d’État aura des répercussions sur l’immigration turque en France puisqu’elle sera à l’origine d’une deuxième vague d’arrivées dans le pays, composée de réfugiés politiques. L’ATT, devenue aujourd’hui l’Assemblée citoyenne des originaires de Turquie – ACORT) est crée en octobre 1981 à la suite de la mobilisation des sans-papiers turcs du secteur de la confection de 1980. L’association reste néanmoins attachée dans ses premières années à la situation sociale et politique en Turquie et se positionne eu égard au coup d’État.
Ce document rappelle d’ailleurs une affiche du Devrimci Yol (Voie révolutionnaire), organisation d’extrême-gauche d’inspiration marxiste-léniniste, reprenant la même question, la colombe étant remplacée par une caricature de militaire et la réponse « Non ! » barrant le bas de la photo.
L’intérêt de l’ATT pour la situation en Turquie s’explique par la volonté, alors très largement partagée, d’un retour au pays. Alors qu’une perspective d’installation durable en France se dessine, l’association recentre ses activités sur l’Hexagone, notamment dans la lutte contre les discriminations.
En savoir plus :- Gaye Petek, « Le mouvement associatif turc en France », dans  Hommes et Migrations, n°1280, juillet-août 2009.- Présentation sur le site de l’ACORT- Inventaire du fonds de l’Assemblée citoyenne des originaires de Turquie réalisé par Génériques (2002)

Les juntes militaires peuvent-elles amener une démocratie?

Une colombe blanche affublée de bottes et d’un couvre-chef militaire tient dans son bec un trousseau de clés. Cette iconographie centrale de l’affiche réalisée par l’Association des travailleurs de Turquie (ATT) illustre la question posée en bas du document: « Les juntes militaires peuvent-elles amener une démocratie ? »

En effet, le 12 septembre 1980, un coup d’État réalisé par l’armée renverse le régime en place en Turquie. Les militaires, pointant l’instabilité grandissante dans le pays, justifient leur intervention par leur volonté de restaurer l’autorité de l’État, d’éviter une guerre civile et de permettre les conditions de développement de la démocratie.

Ce coup d’État aura des répercussions sur l’immigration turque en France puisqu’elle sera à l’origine d’une deuxième vague d’arrivées dans le pays, composée de réfugiés politiques. L’ATT, devenue aujourd’hui l’Assemblée citoyenne des originaires de Turquie – ACORT) est crée en octobre 1981 à la suite de la mobilisation des sans-papiers turcs du secteur de la confection de 1980. L’association reste néanmoins attachée dans ses premières années à la situation sociale et politique en Turquie et se positionne eu égard au coup d’État.

Ce document rappelle d’ailleurs une affiche du Devrimci Yol (Voie révolutionnaire), organisation d’extrême-gauche d’inspiration marxiste-léniniste, reprenant la même question, la colombe étant remplacée par une caricature de militaire et la réponse « Non ! » barrant le bas de la photo.

L’intérêt de l’ATT pour la situation en Turquie s’explique par la volonté, alors très largement partagée, d’un retour au pays. Alors qu’une perspective d’installation durable en France se dessine, l’association recentre ses activités sur l’Hexagone, notamment dans la lutte contre les discriminations.

En savoir plus :
- Gaye Petek, « Le mouvement associatif turc en France », dans  Hommes et Migrations, n°1280, juillet-août 2009.
- Présentation sur le site de l’ACORT
- Inventaire du fonds de l’Assemblée citoyenne des originaires de Turquie réalisé par Génériques (2002)

Mémoire fertile et la nouvelle citoyenneté
Le collectif Mémoire fertile est à l’origine des états généraux de l’immigration organisés les 27, 28 et  29 mai 1988 à la Bourse du travail de Saint-Denis. Cette rencontre vise à procéder à un état des lieux de l’immigration en France depuis une vingtaine d’années, des actions menées par les associations dans ce domaine et dégager des pistes d’action pour le futur. Regroupant des associations de l’immigration préexistantes, tel le Conseil des associations d’immigrés en France (CAIF), Mémoire fertile se positionne en faveur de la construction d’une « nouvelle citoyenneté ».
Cette nouvelle citoyenneté est annoncée en slogan présent en sous-titre de l’affiche. Une illustration représente des personnages différents, possédant des têtes en forme d’œil, de nez, d’oreille ou de bouche, se réunissant et formant ainsi un visage humain. C’est une analogie à la nouvelle citoyenneté prônée par Mémoire fertile. Elle cherche en effet à dépasser la conception de « citoyenneté nationalitaire » qui, en liant citoyenneté et nationalité, exclut les étrangers de la vie de la cité.
Cette nouvelle conception de la citoyenneté doit permettre de s’investir à tous les échelons de la société, elle « prend un caractère unitaire et s’applique à toutes les dimensions de la société du local au national », explique en décembre 1988 le sociologue-militant Saïd Bouamama alors président de Mémoire fertile (1). Le collectif qui cherche également à émerger comme une réelle force politique cessera ses activités en 1989.
(1) Saïd Bouâmama, « Au delà du droit de vote, la nouvelle citoyenneté », Hommes et Migrations, n°1118, janvier 1989, p 16
En savoir plus :
- Dominique Baillet, « Militants d’origine maghrébine et intégration », Sud-Nord, 2001/I, n°14
- Virginie Beaujouan, « Ressources des archives privées et histoire de l’immigration, particularité et préservation », Écarts d’identités n°108, 2006

Mémoire fertile et la nouvelle citoyenneté

Le collectif Mémoire fertile est à l’origine des états généraux de l’immigration organisés les 27, 28 et  29 mai 1988 à la Bourse du travail de Saint-Denis. Cette rencontre vise à procéder à un état des lieux de l’immigration en France depuis une vingtaine d’années, des actions menées par les associations dans ce domaine et dégager des pistes d’action pour le futur. Regroupant des associations de l’immigration préexistantes, tel le Conseil des associations d’immigrés en France (CAIF), Mémoire fertile se positionne en faveur de la construction d’une « nouvelle citoyenneté ».

Cette nouvelle citoyenneté est annoncée en slogan présent en sous-titre de l’affiche. Une illustration représente des personnages différents, possédant des têtes en forme d’œil, de nez, d’oreille ou de bouche, se réunissant et formant ainsi un visage humain. C’est une analogie à la nouvelle citoyenneté prônée par Mémoire fertile. Elle cherche en effet à dépasser la conception de « citoyenneté nationalitaire » qui, en liant citoyenneté et nationalité, exclut les étrangers de la vie de la cité.

Cette nouvelle conception de la citoyenneté doit permettre de s’investir à tous les échelons de la société, elle « prend un caractère unitaire et s’applique à toutes les dimensions de la société du local au national », explique en décembre 1988 le sociologue-militant Saïd Bouamama alors président de Mémoire fertile (1). Le collectif qui cherche également à émerger comme une réelle force politique cessera ses activités en 1989.

(1) Saïd Bouâmama, « Au delà du droit de vote, la nouvelle citoyenneté », Hommes et Migrations, n°1118, janvier 1989, p 16

En savoir plus :

- Dominique Baillet, « Militants d’origine maghrébine et intégration », Sud-Nord, 2001/I, n°14

- Virginie Beaujouan, « Ressources des archives privées et histoire de l’immigration, particularité et préservation », Écarts d’identités n°108, 2006

Le “million Stoléru”
Cette affiche datant de 1977 appelle à une manifestation contre les mesures dites “Stoléru”. Secrétaire d’Etat auprès du ministre du travail, chargé de la condition des travailleurs manuels sous le gouvernement Jacques Chirac en 1976, puis chargé des travailleurs manuels et immigrés sous le gouvernement de Raymond Barre (1978-1981), Lionel Stoléru est l’homme de la politique des retours, s’inspirant au départ de l’exemple allemand.
Dans cette fin des années 1970, où le chômage dépasse le cap symbolique du million de personnes, les regards changent sur la crise et sur l’immigration. Réduire la présence des immigrés en France apparaît comme le moyen d’enrayer l’aggravation du chômage, reprenant ainsi la vieille équation : trop de chômeurs = trop d’immigrés. Dans la foulée de la suspension de l’immigration de travail en 1974, est proposée en 1977, le dispositif d’aide au retour volontaire assorti d’une subvention de 10 000 francs par personne -ou “million Stoléru”. 
La manifestation, organisée à l’initiative de diverses associations, collectifs (comme le Comité de coordination des foyers Sonacotra ou le MTA, Mouvement  des travailleurs arabes) et partis politiques, demande l’abrogation de cette mesure ainsi que d’autres présentes dans le décret du 10 novembre 1977 (comme l’arrêt pour trois ans de l’immigration familiale), et réaffirme comme le montre le slogan en bas de l’affiche “Français-immigrés, une seule classe ouvrière”.
Le projet dénoncé au sein même des institutions républicaines (Conseil d’Etat, Assemblée nationale), par des hommes de gauche comme de droite, est finalement abandonné en 1978. L’échec de cette mesure aboutit à un programme de retours autoritaires de 500 000 migrants sur cinq ans, visant plus particulièrement les Algériens.

Le “million Stoléru”

Cette affiche datant de 1977 appelle à une manifestation contre les mesures dites “Stoléru”. Secrétaire d’Etat auprès du ministre du travail, chargé de la condition des travailleurs manuels sous le gouvernement Jacques Chirac en 1976, puis chargé des travailleurs manuels et immigrés sous le gouvernement de Raymond Barre (1978-1981), Lionel Stoléru est l’homme de la politique des retours, s’inspirant au départ de l’exemple allemand.

Dans cette fin des années 1970, où le chômage dépasse le cap symbolique du million de personnes, les regards changent sur la crise et sur l’immigration. Réduire la présence des immigrés en France apparaît comme le moyen d’enrayer l’aggravation du chômage, reprenant ainsi la vieille équation : trop de chômeurs = trop d’immigrés. Dans la foulée de la suspension de l’immigration de travail en 1974, est proposée en 1977, le dispositif d’aide au retour volontaire assorti d’une subvention de 10 000 francs par personne -ou “million Stoléru”. 

La manifestation, organisée à l’initiative de diverses associations, collectifs (comme le Comité de coordination des foyers Sonacotra ou le MTA, Mouvement  des travailleurs arabes) et partis politiques, demande l’abrogation de cette mesure ainsi que d’autres présentes dans le décret du 10 novembre 1977 (comme l’arrêt pour trois ans de l’immigration familiale), et réaffirme comme le montre le slogan en bas de l’affiche “Français-immigrés, une seule classe ouvrière”.

Le projet dénoncé au sein même des institutions républicaines (Conseil d’Etat, Assemblée nationale), par des hommes de gauche comme de droite, est finalement abandonné en 1978. L’échec de cette mesure aboutit à un programme de retours autoritaires de 500 000 migrants sur cinq ans, visant plus particulièrement les Algériens.

« Chili, 14 ans de terreur »La silhouette du général Augusto Pinochet occupe la majorité de cette affiche en noir et blanc datant de 1987 et dont la source est inconnue. Un arrière plan est constitué par une foule manifestant avec des slogans tels « Pan, trabajo et libertad abajo a la dictadura » (Pain, travail et liberté à bas la dictature), « Dictadura de los patrones hambre para el pueblo » (Dictature du patronat/ faim pour le peuple) ou encore « Unamos nuestras fuerzas preparemos la resistencia » (Unissons nos forces préparons la résistance ». La silhouette se fissure et éclate symbolisant la fin du régime, annoncée par le sous-titre « Bientôt la fin ».Titrée « Chili, 14 ans de terreur », cette affiche témoigne de la mobilisation en France pour les droits de l’homme et le rétablissement de la démocratie au Chili. L’Unité populaire, alliance des partis socialiste et communiste chiliens ainsi qu’une partie de la gauche chrétienne, cherchait à instaurer une transition démocratique vers le socialisme sous la présidence de Salvador Allende. Le 11 septembre 1973,  un coup d’État militaire a mis un terme à ce projet et une répression brutale a été instaurée. Le Chili vivra sous la coupe de ce régime pendant près de 17 ans. Les lettres de sang sur l’affiche pour indiquer le nombre d’années de dictature déjà écoulées rappellent que le régime a, selon les estimations des différentes commissions « vérité et réconciliation », fait près de 40 000 victimes sur la période 1973-1989 (disparitions, assassinats, tortures, viols).De nombreux Chiliens sont contraints à l’exil durant cette période de dictature. Le gouvernement français, dès octobre 1973, met en place une coordination comprenant différents ministères, une représentante du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) ainsi que des associations afin de gérer cet accueil. La Cimade et France Terre d’Asile s’occuperont notamment de l’accueil matériel des exilés. Les estimations varient mais plusieurs milliers de personnes (pour certains jusqu’à 15 000) seront ainsi accueillies en France en provenance du Chili.En savoir plus :- « L’exil chilien en France », Hommes et migrations, numéro 1305, 1er trimestre 2014-Musée de la résistance et de la déportation de l’Isère-Maison des droits de l’homme, Exilados, Le refuge chilien en Isère 1973-2013, 2013- Les exilés chiliens approche sociologique, dossier thématique du Musée de l’histoire de l’immigration

« Chili, 14 ans de terreur »

La silhouette du général Augusto Pinochet occupe la majorité de cette affiche en noir et blanc datant de 1987 et dont la source est inconnue. Un arrière plan est constitué par une foule manifestant avec des slogans tels « Pan, trabajo et libertad abajo a la dictadura » (Pain, travail et liberté à bas la dictature), « Dictadura de los patrones hambre para el pueblo » (Dictature du patronat/ faim pour le peuple) ou encore « Unamos nuestras fuerzas preparemos la resistencia » (Unissons nos forces préparons la résistance ». La silhouette se fissure et éclate symbolisant la fin du régime, annoncée par le sous-titre « Bientôt la fin ».

Titrée « Chili, 14 ans de terreur », cette affiche témoigne de la mobilisation en France pour les droits de l’homme et le rétablissement de la démocratie au Chili. L’Unité populaire, alliance des partis socialiste et communiste chiliens ainsi qu’une partie de la gauche chrétienne, cherchait à instaurer une transition démocratique vers le socialisme sous la présidence de Salvador Allende. Le 11 septembre 1973,  un coup d’État militaire a mis un terme à ce projet et une répression brutale a été instaurée. Le Chili vivra sous la coupe de ce régime pendant près de 17 ans. Les lettres de sang sur l’affiche pour indiquer le nombre d’années de dictature déjà écoulées rappellent que le régime a, selon les estimations des différentes commissions « vérité et réconciliation », fait près de 40 000 victimes sur la période 1973-1989 (disparitions, assassinats, tortures, viols).

De nombreux Chiliens sont contraints à l’exil durant cette période de dictature. Le gouvernement français, dès octobre 1973, met en place une coordination comprenant différents ministères, une représentante du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) ainsi que des associations afin de gérer cet accueil. La Cimade et France Terre d’Asile s’occuperont notamment de l’accueil matériel des exilés. Les estimations varient mais plusieurs milliers de personnes (pour certains jusqu’à 15 000) seront ainsi accueillies en France en provenance du Chili.

En savoir plus :
- « L’exil chilien en France », Hommes et migrations, numéro 1305, 1er trimestre 2014
-Musée de la résistance et de la déportation de l’Isère-Maison des droits de l’homme, Exilados, Le refuge chilien en Isère 1973-2013, 2013
- Les exilés chiliens approche sociologique, dossier thématique du Musée de l’histoire de l’immigration

Le printemps des peuples présentsCette affiche présente les productions de la compagnie Le Théâtre noir lors du printemps des peuples présents, initiative culturelle organisée en 1976 afin de présenter des créations issues des cultures de l’immigration en France.D’après Droit et justice, le magazine du Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix (MRAP) d’avril 1976, l’objectif de cette manifestation est double : elle « permettra aux étrangers qui vivent parmi nous de retrouver un peu le monde culturel d’où ils viennent et dont ils sont malheureusement sevrés ; elle sera également l’occasion pour les Français qui vivent et travaillent à côté d’eux, de découvrir les richesses qu’ils méconnaissent généralement ».Différentes troupes ont été invitées à se produire dans le cadre de ce festival et notamment Le Théâtre noir de l’Antillais Benjamin Jules Rosette sur les planches du Nouveau carré de Silvia Monfort. Celle-ci met à l’honneur la création d’auteurs noirs, des Caraïbes, d’Afrique ou de la diaspora.La compagnie présente, à l’occasion du printemps des peuples présents, trois œuvres : A la rencontre du petit matin, une création basée sur des textes d’Aimé Césaire et de l’écrivain sénégalais Hamidou Kané, Gouverneur de la rosée de l’Haïtien Jacques Roumain et Feux de brousse création à partir de l’œuvre éponyme de l’écrivain congolais Tchicaya U-Tamsi.Comme l’explique Angéline Escafré-Dublet dans Immigration et politiques culturelles, le printemps des peuples présents s’inscrit dans l’action de l’Office de promotion culturelle des immigrés, association créée en 1975 à l’initiative du secrétariat d’État aux travailleurs immigrés et présidée par le diplomate Stéphane Hessel. La création de cette structure est un gage donné au pays d’origine des immigrés en compensation du durcissement de la politique d’immigration. Elle est également pensée comme un moyen de promouvoir le retour des immigrés en leur permettant de conserver un lien avec leur pays d’origine.En savoir plus :- Droit et justice, magazine du Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix (M.R.A.P.), avril 1976, p18- Angéline Escafré-Dublet, Immigration et politiques culturelles, La documentation Française, 2014

Le printemps des peuples présents

Cette affiche présente les productions de la compagnie Le Théâtre noir lors du printemps des peuples présents, initiative culturelle organisée en 1976 afin de présenter des créations issues des cultures de l’immigration en France.

D’après Droit et justice, le magazine du Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix (MRAP) d’avril 1976, l’objectif de cette manifestation est double : elle « permettra aux étrangers qui vivent parmi nous de retrouver un peu le monde culturel d’où ils viennent et dont ils sont malheureusement sevrés ; elle sera également l’occasion pour les Français qui vivent et travaillent à côté d’eux, de découvrir les richesses qu’ils méconnaissent généralement ».

Différentes troupes ont été invitées à se produire dans le cadre de ce festival et notamment Le Théâtre noir de l’Antillais Benjamin Jules Rosette sur les planches du Nouveau carré de Silvia Monfort. Celle-ci met à l’honneur la création d’auteurs noirs, des Caraïbes, d’Afrique ou de la diaspora.

La compagnie présente, à l’occasion du printemps des peuples présents, trois œuvres : A la rencontre du petit matin, une création basée sur des textes d’Aimé Césaire et de l’écrivain sénégalais Hamidou Kané, Gouverneur de la rosée de l’Haïtien Jacques Roumain et Feux de brousse création à partir de l’œuvre éponyme de l’écrivain congolais Tchicaya U-Tamsi.

Comme l’explique Angéline Escafré-Dublet dans Immigration et politiques culturelles, le printemps des peuples présents s’inscrit dans l’action de l’Office de promotion culturelle des immigrés, association créée en 1975 à l’initiative du secrétariat d’État aux travailleurs immigrés et présidée par le diplomate Stéphane Hessel. La création de cette structure est un gage donné au pays d’origine des immigrés en compensation du durcissement de la politique d’immigration. Elle est également pensée comme un moyen de promouvoir le retour des immigrés en leur permettant de conserver un lien avec leur pays d’origine.

En savoir plus :
- Droit et justice, magazine du Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix (M.R.A.P.), avril 1976, p18
- Angéline Escafré-Dublet, Immigration et politiques culturelles, La documentation Française, 2014

Herejias, revue de femmes latino-américainesCette affiche présente Herejias (Hérésies en espagnol), revue des femmes latino-américaines, publiée de mai 1979 à mars 1980 par le groupe des femmes latino-américaines à Paris.Sur fond rouge, une silhouette jaune se détache complétée par un symbole de sexe féminin. Cette illustration réaffirme le caractère féministe du groupe crée en 1977. Le nom de la revue, hérésies en espagnol, rappelle lui la volonté transgressive et militante du collectif de femmes. En effet, durant les années 1970, plusieurs collectifs informels se créent parmi les femmes immigrées, le plus souvent sur une base géographique, afin de lutter tant pour la démocratie dans leurs pays d’origine que leurs droits en France, et ces mouvements ont produit diverses publications au fil de leurs activités.Ainsi, outre Herejias le groupe des femmes latino-américaines publie Mujeres latinoamericanes et le groupe latino-américain des femmes (créé en 1972), Nosotras, un bulletin mensuel en espagnol et en portugais de janvier 1974 à l’été 1976.Ces groupes de femmes originaires d’Amérique latine, constitués d’exilées politiques, d’étudiantes et d’intellectuelles, s’engagent dans une double dimension : en priorité vis à vis de la situation dans les pays d’origine en proie à des régimes dictatoriaux ou autoritaires mais aussi à travers des réflexions plus larges sur les rapports femmes-hommes dans les sphères publique et privée.En savoir plus :- Claudie Lesselier, « Mouvements de femmes de l’immigration en France du début des années 1970 au début des années 1980 » dans Philippe Rygiel, Politique et administration du genre en migration, Mondes atlantiques, XIXe-XXe siècles, Publibook, 2011- « Femmes de l’immigration pour l’égalité et contre les discriminations, 1970-1996 », exposition virtuelle créée par Génériques prochainement disponible sur le site de l’Institut culturel de Google.

Herejias, revue de femmes latino-américaines

Cette affiche présente Herejias (Hérésies en espagnol), revue des femmes latino-américaines, publiée de mai 1979 à mars 1980 par le groupe des femmes latino-américaines à Paris.

Sur fond rouge, une silhouette jaune se détache complétée par un symbole de sexe féminin. Cette illustration réaffirme le caractère féministe du groupe crée en 1977. Le nom de la revue, hérésies en espagnol, rappelle lui la volonté transgressive et militante du collectif de femmes.

En effet, durant les années 1970, plusieurs collectifs informels se créent parmi les femmes immigrées, le plus souvent sur une base géographique, afin de lutter tant pour la démocratie dans leurs pays d’origine que leurs droits en France, et ces mouvements ont produit diverses publications au fil de leurs activités.

Ainsi, outre Herejias le groupe des femmes latino-américaines publie Mujeres latinoamericanes et le groupe latino-américain des femmes (créé en 1972), Nosotras, un bulletin mensuel en espagnol et en portugais de janvier 1974 à l’été 1976.

Ces groupes de femmes originaires d’Amérique latine, constitués d’exilées politiques, d’étudiantes et d’intellectuelles, s’engagent dans une double dimension : en priorité vis à vis de la situation dans les pays d’origine en proie à des régimes dictatoriaux ou autoritaires mais aussi à travers des réflexions plus larges sur les rapports femmes-hommes dans les sphères publique et privée.

En savoir plus :
- Claudie Lesselier, « Mouvements de femmes de l’immigration en France du début des années 1970 au début des années 1980 » dans Philippe Rygiel, Politique et administration du genre en migration, Mondes atlantiques, XIXe-XXe siècles, Publibook, 2011
- « Femmes de l’immigration pour l’égalité et contre les discriminations, 1970-1996 », exposition virtuelle créée par Génériques prochainement disponible sur le site de l’Institut culturel de Google.

Le 5e festival culturel des travailleurs immigrésCette affiche présente le programme de la 5e édition du festival culturel des travailleurs immigrés qui s’est tenu du 15 mai au 5 juin 1982. Organisé par la Maison des travailleurs immigrés, structure de coordination d’associations d’immigrés, cet événement proposait des forums-débats, des projections et un gala culturel sur les thèmes de l’immigration et de la solidarité internationale.Le fond de l’affiche laisse apparaître en transparence une photographie de manifestation qui témoigne du caractère revendicatif du festival culturel. Plusieurs forums-débats sont en effet organisés sur le thème de l’immigration : la ségrégation dans le logement pour les immigrés ( 22 mai), la régularisation des sans-papiers (23 mai), la formation (27 mai) ainsi que les droits politiques des immigrés (28 mai).La question des femmes immigrées est évoquée par l’organisation d’un colloque le 30 mai 1982. Le programme de l’événement le présente ainsi : « Nous, femmes immigrées, avons pris l’initiative d’organiser une journée sur la femme dans l’immigration, cette journée sera consacrée à l’analyse des difficultés dans lesquelles les femmes se débattent : l’emploi, le logement, la santé, le regroupement familial, les pays d’origine, etc… »Si le festival s’intéresse à la condition des immigrés en France, la solidarité internationale est également à l’honneur avec trois soirées consacrées à la Palestine, à l’Afrique australe (Namibie, Afrique du Sud) ainsi qu’à l’Amérique centrale (Nicaragua, Salvador, Guatemala). Chaque soirée propose une exposition photographique et voit des représentants d’organisations de la zone concernée intervenir (comme l’Organisation de libération de la Palestine – OLP ou du Congrès national africain - ANC) puis se tient une projection-débat.Le cinéma est partie prenante de ce festival avec le cinéma non-stop qui se tient du 15 au 26 mai en proposant chaque jour deux films et trois séances à 16h, 18h et 20h. Le festival s’achève le 5 juin par un gala culturel organisé à l’hippodrome de Paris. Participation de mouvement de libération de différents pays ainsi que chants, musique et folklore sont au programme de cet événement.Cette affiche témoigne ainsi des thèmes et dynamiques qui traversent l’immigration en ce début des années 1980, entre les nécessaires mobilisations concernant le quotidien de ces familles en France, et leur engagement sur des questions internationales.

Le 5e festival culturel des travailleurs immigrés

Cette affiche présente le programme de la 5e édition du festival culturel des travailleurs immigrés qui s’est tenu du 15 mai au 5 juin 1982. Organisé par la Maison des travailleurs immigrés, structure de coordination d’associations d’immigrés, cet événement proposait des forums-débats, des projections et un gala culturel sur les thèmes de l’immigration et de la solidarité internationale.

Le fond de l’affiche laisse apparaître en transparence une photographie de manifestation qui témoigne du caractère revendicatif du festival culturel. Plusieurs forums-débats sont en effet organisés sur le thème de l’immigration : la ségrégation dans le logement pour les immigrés ( 22 mai), la régularisation des sans-papiers (23 mai), la formation (27 mai) ainsi que les droits politiques des immigrés (28 mai).

La question des femmes immigrées est évoquée par l’organisation d’un colloque le 30 mai 1982. Le programme de l’événement le présente ainsi : « Nous, femmes immigrées, avons pris l’initiative d’organiser une journée sur la femme dans l’immigration, cette journée sera consacrée à l’analyse des difficultés dans lesquelles les femmes se débattent : l’emploi, le logement, la santé, le regroupement familial, les pays d’origine, etc… »

Si le festival s’intéresse à la condition des immigrés en France, la solidarité internationale est également à l’honneur avec trois soirées consacrées à la Palestine, à l’Afrique australe (Namibie, Afrique du Sud) ainsi qu’à l’Amérique centrale (Nicaragua, Salvador, Guatemala). Chaque soirée propose une exposition photographique et voit des représentants d’organisations de la zone concernée intervenir (comme l’Organisation de libération de la Palestine – OLP ou du Congrès national africain - ANC) puis se tient une projection-débat.

Le cinéma est partie prenante de ce festival avec le cinéma non-stop qui se tient du 15 au 26 mai en proposant chaque jour deux films et trois séances à 16h, 18h et 20h. Le festival s’achève le 5 juin par un gala culturel organisé à l’hippodrome de Paris. Participation de mouvement de libération de différents pays ainsi que chants, musique et folklore sont au programme de cet événement.

Cette affiche témoigne ainsi des thèmes et dynamiques qui traversent l’immigration en ce début des années 1980, entre les nécessaires mobilisations concernant le quotidien de ces familles en France, et leur engagement sur des questions internationales.

« Les émigrés parlent du 25 avril »Le lundi 24 avril 1978,  la radio libre Radio 93 consacrait une émission à la parole des émigrés portugais sur le soulèvement du Mouvement des forces armées (MFA), événement plus connu sous le nom de Révolution des Œillets. Quatre ans plus tôt, ce coup d’état militaire du 25 avril 1974 avait entraîné la chute du régime salazariste au Portugal, alors plus ancienne dictature d’extrême-droite en Europe.Sur cette affiche de promotion de l’émission,  plusieurs iconographies reviennent sur cet événement marquant de l’histoire du Portugal en proposant des silhouettes et des images de foules, le cliché d’une vieille dame devant un graffiti « fascismo nunca mais ! » ( Le fascisme plus jamais!) ainsi que des figures de ce soulèvement comme le capitaine Ramalho Eanes (portant des lunettes de soleil) ainsi que le général Costa Gomes (à gauche d’Eanes).L’inscription en rouge « os emigrantes falam do 25 Abril » (les émigrés parlent du 25 avril) barre le haut de l’affiche et annonce l’émission donnant la parole aux émigrés portugais sur les ondes de Radio 93. Cette radio qui émet du 4, rue de Lanne à la Plaine Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) invite les auditeurs à venir témoigner sur place ou par téléphone à partir de 20h30. Cet exemple d’antenne ouverte aux auditeurs témoigne du fort retentissement qu’a connu l’événement dans l’importante communauté portugaise en France. En effet, alors que l’on comptait 50 000 immigrés portugais en France au début des années 1960, les dernières années du régime salazariste ont vu croître considérablement leur effectif: au moment de la Révolution des Œillets, les immigrés portugais sont 750 000 en France, venus pour la plupart illégalement et en traversant trois pays et deux frontières (« a salto » ), et ils représentent alors l’immigration la plus nombreuse de l’Hexagone (dont près de la moitié d’entre eux sont installés en région parisienne). En savoir plus :
Marie-Christine Volovitch-Tavarès, Les phases de l’immigration portugaise, des années vingt aux années soixante-dix, mars 2001

« Les émigrés parlent du 25 avril »

Le lundi 24 avril 1978,  la radio libre Radio 93 consacrait une émission à la parole des émigrés portugais sur le soulèvement du Mouvement des forces armées (MFA), événement plus connu sous le nom de Révolution des Œillets. Quatre ans plus tôt, ce coup d’état militaire du 25 avril 1974 avait entraîné la chute du régime salazariste au Portugal, alors plus ancienne dictature d’extrême-droite en Europe.

Sur cette affiche de promotion de l’émission,  plusieurs iconographies reviennent sur cet événement marquant de l’histoire du Portugal en proposant des silhouettes et des images de foules, le cliché d’une vieille dame devant un graffiti « fascismo nunca mais ! » ( Le fascisme plus jamais!) ainsi que des figures de ce soulèvement comme le capitaine Ramalho Eanes (portant des lunettes de soleil) ainsi que le général Costa Gomes (à gauche d’Eanes).

L’inscription en rouge « os emigrantes falam do 25 Abril » (les émigrés parlent du 25 avril) barre le haut de l’affiche et annonce l’émission donnant la parole aux émigrés portugais sur les ondes de Radio 93. Cette radio qui émet du 4, rue de Lanne à la Plaine Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) invite les auditeurs à venir témoigner sur place ou par téléphone à partir de 20h30.

Cet exemple d’antenne ouverte aux auditeurs témoigne du fort retentissement qu’a connu l’événement dans l’importante communauté portugaise en France. En effet, alors que l’on comptait 50 000 immigrés portugais en France au début des années 1960, les dernières années du régime salazariste ont vu croître considérablement leur effectif: au moment de la Révolution des Œillets, les immigrés portugais sont 750 000 en France, venus pour la plupart illégalement et en traversant trois pays et deux frontières (« a salto » ), et ils représentent alors l’immigration la plus nombreuse de l’Hexagone (dont près de la moitié d’entre eux sont installés en région parisienne).

En savoir plus :

Marie-Christine Volovitch-Tavarès, Les phases de l’immigration portugaise, des années vingt aux années soixante-dix, mars 2001

La compagnie de théâtre Al Assifa


Al Assifa est une compagnie de théâtre créée en 1973 par plusieurs travailleurs immigrés d’origine algérienne, principalement issus du Mouvement des travailleurs arabes (MTA), dans le contexte des grèves de la faim des sans-papiers. Al Assifa s’inscrit dans le mouvement de création du théâtre de l’immigration dans les années 1970 qui met l’accent à la fois sur les conditions de vie des travailleurs immigrés et sur leurs luttes pour l’égalité. Le nom de la compagnie, qui signifie « la tempête », fait référence à la fois à la branche armée de l’organisation palestinienne Fatah, fondée en 1959 par Yasser Arafat, et à un journal mensuel français publié de 1972 à 1973 par le MTA. En 1973, la compagnie est invitée par une délégation d’ouvriers en grève de l’usine Lip. Elle présente un montage de sketches sur la situation des travailleurs immigrés en France devant un public qui ne connaissait pas les conditions de vie des immigrés. « La première question des « Lip » fut : si vous souffrez, pourquoi ne rentrez-vous pas chez vous ? Ce n’est qu’à la suite d’une confrontation plus longue qu’ils découvrirent l’ampleur et la complexité de notre situation. Ce que vous avez appris ; faites-le savoir à tout le monde », raconte Mokhtar, l’un des fondateurs de la compagnie*. En adoptant les méthodes du théâtre agit-prop (par et pour les ouvrier), Al Assifa souhaite sensibiliser les immigrés et les Français sur les conditions de vie et de travail des travailleurs immigrés. Al Assifa utilise des faits d’actualité réels comme point de départ de la création de ses spectacles. Ainsi la pièce Ça Travaille, ça travaille mais ça ferme sa gueule est ponctuée de références à des événements comme, par exemple, le meurtre de Djellali Ben Ali, jeune Algérien de 15 ans tué en 1971 par le concierge de l‘immeuble où il vit avec sa famille dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris (18e arr.) en 1971.
* CLANCY G., TANCELLIN P., Les Tiers-Idées, Paris, Hachette, 1977, p.183

La compagnie de théâtre Al Assifa

Al Assifa est une compagnie de théâtre créée en 1973 par plusieurs travailleurs immigrés d’origine algérienne, principalement issus du Mouvement des travailleurs arabes (MTA), dans le contexte des grèves de la faim des sans-papiers. Al Assifa s’inscrit dans le mouvement de création du théâtre de l’immigration dans les années 1970 qui met l’accent à la fois sur les conditions de vie des travailleurs immigrés et sur leurs luttes pour l’égalité. Le nom de la compagnie, qui signifie « la tempête », fait référence à la fois à la branche armée de l’organisation palestinienne Fatah, fondée en 1959 par Yasser Arafat, et à un journal mensuel français publié de 1972 à 1973 par le MTA. En 1973, la compagnie est invitée par une délégation d’ouvriers en grève de l’usine Lip. Elle présente un montage de sketches sur la situation des travailleurs immigrés en France devant un public qui ne connaissait pas les conditions de vie des immigrés. « La première question des « Lip » fut : si vous souffrez, pourquoi ne rentrez-vous pas chez vous ? Ce n’est qu’à la suite d’une confrontation plus longue qu’ils découvrirent l’ampleur et la complexité de notre situation. Ce que vous avez appris ; faites-le savoir à tout le monde », raconte Mokhtar, l’un des fondateurs de la compagnie*. En adoptant les méthodes du théâtre agit-prop (par et pour les ouvrier), Al Assifa souhaite sensibiliser les immigrés et les Français sur les conditions de vie et de travail des travailleurs immigrés. Al Assifa utilise des faits d’actualité réels comme point de départ de la création de ses spectacles. Ainsi la pièce Ça Travaille, ça travaille mais ça ferme sa gueule est ponctuée de références à des événements comme, par exemple, le meurtre de Djellali Ben Ali, jeune Algérien de 15 ans tué en 1971 par le concierge de l‘immeuble où il vit avec sa famille dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris (18e arr.) en 1971.

* CLANCY G., TANCELLIN P., Les Tiers-Idées, Paris, Hachette, 1977, p.183

Grève de la faim de l’église de Ménilmontant (mai-juin 1973)
Cette affiche a été réalisée à l’occasion de la grève de la faim illimitée engagée en mai 1973 par 56 travailleurs tunisiens. Ces derniers seront accueillis dans la crypte de la paroisse de Pierre Loubier, dans l’église Notre-Dame de Ménilmontant (20e arr., Paris).
Cette action s’inscrit à la suite d’une série de grèves de la faim engagées dans la plupart des grandes villes de France. A Valence, 19 Tunisiens entament ainsi une grève de la faim le 25 décembre 1972, soutenus par les prêtres de quatre églises de la ville qui ne célébreront pas la messe de minuit, inaugurant de cette manière une autre forme de protestation : la « grève de la messe ».
Ces mobilisations ont été déclenchées à la suite de l’entrée en vigueur des circulaires Marcellin et Fontanet en 1972. Ces dernières plongent plus de 80% des travailleurs immigrés dans l’illégalité en liant l’attribution d’une carte de séjour à la possession d’un contrat de travail et d’une attestation de logement décent et en limitant les régularisations. La modification de la réglementation pénalise ainsi tous les travailleurs étrangers non déclarés qui ne pourront plus prétendre à l’obtention d’une carte de séjour sur place. Ces circulaires mettent aussi les travailleurs immigrés déclarés à la merci de leur employeur, dans la mesure où le chômage équivaut à la perte de la carte de séjour.
Parmi les organisateurs de la grève de la faim de l’église de Ménilmontant se trouvait Saïd Bouziri, futur fondateur de Génériques et dirigeant de la Ligue des droits de l’homme qui explique dans un entretien comment, lors de cette manifestation qualifiée de « massive et active », les grévistes se rendaient dans les usines pour expliquer l’objet de leur lutte. En juillet 1973, Georges Gorse, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Population du gouvernement Messmer sort une circulaire qui permet la première action de régularisation générale : 35 000 étrangers en situation irrégulière sont ainsi régularisés. Interrogé sur le choix de la grève de la faim comme forme de lutte, Saïd Bouziri expliquera : « je crois que c’est l’arme des faibles. On joue avec son corps pour dire qu’on ne supporte pas.[…] la grève de la faim s’était révélée comme quelque chose d’un peu identitaire, une forme de reconnaissance. »
Les citations de Saïd Bouziri sont extraites de l’entretien réalisé par Hélène Trappo et publié dans Plein droit n°11 publié en juillet 1990.

Grève de la faim de l’église de Ménilmontant (mai-juin 1973)

Cette affiche a été réalisée à l’occasion de la grève de la faim illimitée engagée en mai 1973 par 56 travailleurs tunisiens. Ces derniers seront accueillis dans la crypte de la paroisse de Pierre Loubier, dans l’église Notre-Dame de Ménilmontant (20e arr., Paris).

Cette action s’inscrit à la suite d’une série de grèves de la faim engagées dans la plupart des grandes villes de France. A Valence, 19 Tunisiens entament ainsi une grève de la faim le 25 décembre 1972, soutenus par les prêtres de quatre églises de la ville qui ne célébreront pas la messe de minuit, inaugurant de cette manière une autre forme de protestation : la « grève de la messe ».

Ces mobilisations ont été déclenchées à la suite de l’entrée en vigueur des circulaires Marcellin et Fontanet en 1972. Ces dernières plongent plus de 80% des travailleurs immigrés dans l’illégalité en liant l’attribution d’une carte de séjour à la possession d’un contrat de travail et d’une attestation de logement décent et en limitant les régularisations. La modification de la réglementation pénalise ainsi tous les travailleurs étrangers non déclarés qui ne pourront plus prétendre à l’obtention d’une carte de séjour sur place. Ces circulaires mettent aussi les travailleurs immigrés déclarés à la merci de leur employeur, dans la mesure où le chômage équivaut à la perte de la carte de séjour.

Parmi les organisateurs de la grève de la faim de l’église de Ménilmontant se trouvait Saïd Bouziri, futur fondateur de Génériques et dirigeant de la Ligue des droits de l’homme qui explique dans un entretien comment, lors de cette manifestation qualifiée de « massive et active », les grévistes se rendaient dans les usines pour expliquer l’objet de leur lutte. En juillet 1973, Georges Gorse, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Population du gouvernement Messmer sort une circulaire qui permet la première action de régularisation générale : 35 000 étrangers en situation irrégulière sont ainsi régularisés. Interrogé sur le choix de la grève de la faim comme forme de lutte, Saïd Bouziri expliquera : « je crois que c’est l’arme des faibles. On joue avec son corps pour dire qu’on ne supporte pas.[…] la grève de la faim s’était révélée comme quelque chose d’un peu identitaire, une forme de reconnaissance. »

Les citations de Saïd Bouziri sont extraites de l’entretien réalisé par Hélène Trappo et publié dans Plein droit n°11 publié en juillet 1990.

La grève du foyer Sonacotra de Garges-lès-Gonesse
Cette affiche a été réalisée à l’occasion de l’expulsion par les CRS le 22 juin 1979 des résidents du foyer Sonacotra (SOciété NAtionale de COnstruction de logements pour les TRAvailleurs) de Garges-lès-Gonesse, un foyer de travailleurs célibataires situé dans le Val d’Oise et qui rejoint le mouvement de « grèves des loyers »  en septembre 1975. A travers cette mobilisation, les résidents protestent contre la hausse généralisée des loyers qu’ils jugent alors indécents en comparaison avec la qualité de vie qu’offrent les foyers Sonacotra et l’état de délabrement précoce des structures.
En 1979, la Sonacotra décide de fermer pour « raisons économiques » le foyer de Garges-lès-Gonesse que les résidents occupent alors en mai. La Sonacotra poursuit devant la justice les grévistes en lutte et demande l’autorisation de faire évacuer le foyer, ce qu’elle obtient au printemps 1979. La police intervient ainsi le 21 juin et procède à l’expulsion des résidents. Les grévistes expulsés organisent pendant l’été 1979 un campement devant le foyer fermé et gardé par des CRS.
Cette expulsion est à l’origine d’une forte médiatisation et d’un mouvement de solidarité de la population appuyé par des organisations chrétiennes et de gauche. La presse locale et nationale (Le Monde, La Croix, Libération) couvre ces événements : ce campement devient une des images symbolisant le conflit. Il accueille plusieurs rassemblements du Comité de coordination des foyers en grèves pour le soutien à la lutte des foyers et la dénonciation des lois Stoléru et Bonnet.
Pendant la campagne des élections municipales de 1979, François Mitterrand rend visite aux grévistes et leur apporte son soutien politique. Après avoir vu leur recours devant la justice débouté, les grévistes obtiennent finalement un accord avec la Sonacotra en janvier 1980 et mettent fin au campement. Le foyer réouvre en mai de la même année.

La grève du foyer Sonacotra de Garges-lès-Gonesse

Cette affiche a été réalisée à l’occasion de l’expulsion par les CRS le 22 juin 1979 des résidents du foyer Sonacotra (SOciété NAtionale de COnstruction de logements pour les TRAvailleurs) de Garges-lès-Gonesse, un foyer de travailleurs célibataires situé dans le Val d’Oise et qui rejoint le mouvement de « grèves des loyers »  en septembre 1975. A travers cette mobilisation, les résidents protestent contre la hausse généralisée des loyers qu’ils jugent alors indécents en comparaison avec la qualité de vie qu’offrent les foyers Sonacotra et l’état de délabrement précoce des structures.

En 1979, la Sonacotra décide de fermer pour « raisons économiques » le foyer de Garges-lès-Gonesse que les résidents occupent alors en mai. La Sonacotra poursuit devant la justice les grévistes en lutte et demande l’autorisation de faire évacuer le foyer, ce qu’elle obtient au printemps 1979. La police intervient ainsi le 21 juin et procède à l’expulsion des résidents. Les grévistes expulsés organisent pendant l’été 1979 un campement devant le foyer fermé et gardé par des CRS.

Cette expulsion est à l’origine d’une forte médiatisation et d’un mouvement de solidarité de la population appuyé par des organisations chrétiennes et de gauche. La presse locale et nationale (Le Monde, La Croix, Libération) couvre ces événements : ce campement devient une des images symbolisant le conflit. Il accueille plusieurs rassemblements du Comité de coordination des foyers en grèves pour le soutien à la lutte des foyers et la dénonciation des lois Stoléru et Bonnet.

Pendant la campagne des élections municipales de 1979, François Mitterrand rend visite aux grévistes et leur apporte son soutien politique. Après avoir vu leur recours devant la justice débouté, les grévistes obtiennent finalement un accord avec la Sonacotra en janvier 1980 et mettent fin au campement. Le foyer réouvre en mai de la même année.

La Cimade - « Quel avenir pour les femmes immigrées, réfugiées, françaises ? » 
Cette affiche a été réalisée à l’occasion de journées d’études organisées par la Cimade (Comité inter-mouvements auprès des évacués) du 6 au 8 octobre 1989 et qui avaient pour thème l’avenir des femmes immigrées, réfugiées et françaises en Europe.
La Cimade est née en 1939, au sein des mouvements de la jeunesse protestante, pour venir en aide aux évacués d’Alsace-Lorraine. L’association oeuvre durant la Seconde Guerre mondiale auprès des Juifs menacés, puis pour la réconciliation franco-allemande et enfin auprès des peuples du Sud en lutte pour l’indépendance. A partir de la fin des années 1970, la Cimade s’engage progressivement en faveur des immigrés en réaction aux projets de loi réduisant leurs droits.
Avec d’autres associations, la Cimade lutte également pour la défense et la reconnaissance des droits des étrangers vivant en Europe, en participant notamment au réseau Migreurop. Dans ce cadre, elle organise des actions de sensibilisation auprès du grand public, avec par exemple le festival « Migrant’scène », et de plaidoyers en directions des responsables politiques (parlementaires, ministères…).
La défense des femmes étrangères en France ou en Europe constitue une part importante de l’activité de la Cimade. Les femmes « sont confrontées à la fois aux préjugés et pratiques racistes et xénophobes en tant qu’étrangères, aux préjugés et pratiques sexistes en tant que femmes, mais également à des préjugés et pratiques discriminatoires spécifiques en tant que femmes étrangères », peut-on lire sur la page du site de la Cimade consacrée à la défense des femmes étrangères. L’association a ainsi pris conscience de la nécessité d’intégrer dans les activités et actions de l’association la dimension du genre et la protection des droits fondamentaux des femmes.

La Cimade - « Quel avenir pour les femmes immigrées, réfugiées, françaises ? »

Cette affiche a été réalisée à l’occasion de journées d’études organisées par la Cimade (Comité inter-mouvements auprès des évacués) du 6 au 8 octobre 1989 et qui avaient pour thème l’avenir des femmes immigrées, réfugiées et françaises en Europe.

La Cimade est née en 1939, au sein des mouvements de la jeunesse protestante, pour venir en aide aux évacués d’Alsace-Lorraine. L’association oeuvre durant la Seconde Guerre mondiale auprès des Juifs menacés, puis pour la réconciliation franco-allemande et enfin auprès des peuples du Sud en lutte pour l’indépendance. A partir de la fin des années 1970, la Cimade s’engage progressivement en faveur des immigrés en réaction aux projets de loi réduisant leurs droits.

Avec d’autres associations, la Cimade lutte également pour la défense et la reconnaissance des droits des étrangers vivant en Europe, en participant notamment au réseau Migreurop. Dans ce cadre, elle organise des actions de sensibilisation auprès du grand public, avec par exemple le festival « Migrant’scène », et de plaidoyers en directions des responsables politiques (parlementaires, ministères…).

La défense des femmes étrangères en France ou en Europe constitue une part importante de l’activité de la Cimade. Les femmes « sont confrontées à la fois aux préjugés et pratiques racistes et xénophobes en tant qu’étrangères, aux préjugés et pratiques sexistes en tant que femmes, mais également à des préjugés et pratiques discriminatoires spécifiques en tant que femmes étrangères », peut-on lire sur la page du site de la Cimade consacrée à la défense des femmes étrangères. L’association a ainsi pris conscience de la nécessité d’intégrer dans les activités et actions de l’association la dimension du genre et la protection des droits fondamentaux des femmes.

La grève des OS à Renault Billancourt (mars-avril 1973) 
La grève des ouvriers spécialisés (OS) à l’usine Renault de Boulogne-Billancourt de mars-avril 1973 est emblématique des grèves qui égrainent la décennie 1970 dans l’automobile ou la métallurgie. Après mai 1968, cette usine est devenue un lieu symbolique de la lutte ouvrière, terrain d’action privilégié de la CGT et de l’extrême gauche.
Les OS employés sur les chaînes de production, jouent un rôle prépondérant dans ces mouvements. Le mouvement débute le 21 mars 1973 dans les ateliers de presse du département carrosserie-montage où travaillent des OS algériens, espagnols et portugais.
Les grévistes se soulèvent contre l’arbitraire de la classification sur laquelle repose l’évolution salariale. La « cotation de poste » alors en cours repose sur les caractéristiques de chaque poste, lui-même divisé en classes avec des coefficients et un chronométrage des tâches liés à chaque classe. Malgré cette apparente rationalité, ce système introduit des inégalités. Dans les faits, l’évolution des OS dépend de « décisions individuelles de la maîtrise » qui dispose ainsi d’un levier pour faire accepter des cadences plus élevées et d’un instrument de division au sein des ouvriers.
Avec le mot d’ordre « A travail égal, salaire égal », les grévistes souhaitent mettre en place la même classification pour l’ensemble des ouvriers qui travaillent sur les presses. Environ 370 OS occupent leur atelier et, en arrêtant leur activité située en amont de la chaîne de production, paralysent l’ensemble de l’usine, soit 7000 ouvriers. Cette « grève bouchon » est gérée pas les ouvriers eux-même qui désignent des représentants « sans mandats » et « révocables à tous moments ». Ce conflit sera ainsi marqué par plusieurs désaccords dans sa gestion entre les grévistes et les syndicats. Peu à peu, la grève se répand aux autres presses de l’usine puis à d’autres sites de Renault (Flins, Sandouville, Douai).
Les grévistes obtiennent finalement gain de cause et cessent leur mouvement le 11 avril : le système de classement du personnel est modifié. Le salaire est désormais calculé selon « la qualification de l’emploi tenu ».
L’ATRIS 
(Association des Anciens Travailleurs Renault de L’Ile Seguin) a été créée en 1998 par d’anciens travailleurs, après la fermeture de l’usine Renault à Billancourt en mars 1992, dans le but de conserver un témoignage des travailleurs et travailleuses de l’Ile Seguin.
Pour en savoir plus :
Laure Pitti, « Grèves ouvrières versus luttes de l’immigration : une controverse entre historiens »,in  Ethnologie française, vol. 31, 2001, pp.465-476
Laure Pitti, « Travailleurs de France voilà notre nom », in Migrance 25, 2005, pp.50-71.

La grève des OS à Renault Billancourt (mars-avril 1973)

La grève des ouvriers spécialisés (OS) à l’usine Renault de Boulogne-Billancourt de mars-avril 1973 est emblématique des grèves qui égrainent la décennie 1970 dans l’automobile ou la métallurgie. Après mai 1968, cette usine est devenue un lieu symbolique de la lutte ouvrière, terrain d’action privilégié de la CGT et de l’extrême gauche.

Les OS employés sur les chaînes de production, jouent un rôle prépondérant dans ces mouvements. Le mouvement débute le 21 mars 1973 dans les ateliers de presse du département carrosserie-montage où travaillent des OS algériens, espagnols et portugais.

Les grévistes se soulèvent contre l’arbitraire de la classification sur laquelle repose l’évolution salariale. La « cotation de poste » alors en cours repose sur les caractéristiques de chaque poste, lui-même divisé en classes avec des coefficients et un chronométrage des tâches liés à chaque classe. Malgré cette apparente rationalité, ce système introduit des inégalités. Dans les faits, l’évolution des OS dépend de « décisions individuelles de la maîtrise » qui dispose ainsi d’un levier pour faire accepter des cadences plus élevées et d’un instrument de division au sein des ouvriers.

Avec le mot d’ordre « A travail égal, salaire égal », les grévistes souhaitent mettre en place la même classification pour l’ensemble des ouvriers qui travaillent sur les presses. Environ 370 OS occupent leur atelier et, en arrêtant leur activité située en amont de la chaîne de production, paralysent l’ensemble de l’usine, soit 7000 ouvriers. Cette « grève bouchon » est gérée pas les ouvriers eux-même qui désignent des représentants « sans mandats » et « révocables à tous moments ». Ce conflit sera ainsi marqué par plusieurs désaccords dans sa gestion entre les grévistes et les syndicats. Peu à peu, la grève se répand aux autres presses de l’usine puis à d’autres sites de Renault (Flins, Sandouville, Douai).

Les grévistes obtiennent finalement gain de cause et cessent leur mouvement le 11 avril : le système de classement du personnel est modifié. Le salaire est désormais calculé selon « la qualification de l’emploi tenu ».

L’ATRIS 
(Association des Anciens Travailleurs Renault de L’Ile Seguin) a été créée en 1998 par d’anciens travailleurs, après la fermeture de l’usine Renault à Billancourt en mars 1992, dans le but de conserver un témoignage des travailleurs et travailleuses de l’Ile Seguin.

Pour en savoir plus :

Laure Pitti, « Grèves ouvrières versus luttes de l’immigration : une controverse entre historiens »,in  Ethnologie française, vol. 31, 2001, pp.465-476

Laure Pitti, « Travailleurs de France voilà notre nom », in Migrance 25, 2005, pp.50-71.