Le droit d’association des étrangers et des immigrés Les associations d’étrangers et d’immigrés ont longtemps fait l’objet de restrictions de la part des pouvoirs publics. La loi Waldeck-Rousseau du 1er juillet 1901 sur la liberté d’association permet aux individus de s’associer dans des buts divers, sauf celui qui porte « atteinte à l’intégrité du territoire national et à la forme républicaine du gouvernement » ; en sont ainsi exclus les étrangers de France. Dans l’entre-deux guerres, se créent des groupes et mouvements d’étrangers et de travailleurs immigrés. Ainsi, l’Etoile nord-africaine (E.N.A.), fondée en 1926 par des travailleurs immigrés et dirigée plus tard par le nationaliste algérien Messali Hadj, se déclare comme une « association de bienfaisance au profit des travailleurs immigrés ». Au même moment, de nombreuses associations religieuses, culturelles ou de jeunesses, notamment polonaises et italiennes, voient le jour en France.  Le gouvernement Daladier signe le décret-loi du 12 avril 1939 « relatif à la constitution des associations étrangères ». Désormais, « aucune association étrangère ne peut se former, ni exercer son activité en France, sans autorisation préalable du ministre de l’Intérieur. L’autorisation peut être accordée à titre temporaire ou soumise à un renouvellement périodique. Elle peut être subordonnée à l’observation de certaines conditions par décret. Elle peut être retirée, à tout moment, par décret…». Est considérée comme étrangère une association qui a son siège à l’étranger ou « dirigée de fait par des étrangers ».  En 1948, lorsque le Parti communiste français (PCF) demande l’abrogation du décret-loi de 1939, le gouvernement choisit de le conserver. Le décret est utilisé dans les années 1970 pour  refuser la constitution de nombre d’associations. Malgré cela, beaucoup d’associations voient le jour comme par exemple l’AMF (Association des Marocains en France) créée en 1961. En général, elles se cantonnent à des activités culturelles et s’astreignent à la neutralité politique. Après l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, la loi du 9 octobre abroge les discriminations à l’encontre des étrangers et permet à nombre d’associations étrangères de se former librement. Toutefois subsiste la mention obligatoire de la nationalité des responsables de l’association. Saïd Bouziri, fondateur de l’association Génériques, se demande alors « si le droit d’association n’a pas permis d’esquiver, de fait, le débat sur l’ensemble des droits civiques des étrangers en France[…] (La réforme de 1981) a servi d’argument lorsqu’il a fallu renoncer publiquement à accorder le droit de vote ». (extrait de l’article “La longue marche du mouvement associatif pour transcender les frontières politiques de la citoyenneté”,  Hommes et Migrations N°1229,  janvier-février 2001) Aujourd’hui, la liberté de s’associer est libre, quelle que soit la nationalité des membres.
Pour en savoir plus :Hors-série Migrance, 2002 : “1901-2001 : Vie associative et immigration”Mogniss H. Abdallah, « La longue marche du mouvement associatif pour transcender les frontières politiques de la citoyenneté », Revue Hommes et migrations. Article issu du N°1229, janvier-février 2001  : Vie associative, action citoyenne.

Le droit d’association des étrangers et des immigrés
 
Les associations d’étrangers et d’immigrés ont longtemps fait l’objet de restrictions de la part des pouvoirs publics. La loi Waldeck-Rousseau du 1er juillet 1901 sur la liberté d’association permet aux individus de s’associer dans des buts divers, sauf celui qui porte « atteinte à l’intégrité du territoire national et à la forme républicaine du gouvernement » ; en sont ainsi exclus les étrangers de France. Dans l’entre-deux guerres, se créent des groupes et mouvements d’étrangers et de travailleurs immigrés. Ainsi, l’Etoile nord-africaine (E.N.A.), fondée en 1926 par des travailleurs immigrés et dirigée plus tard par le nationaliste algérien Messali Hadj, se déclare comme une « association de bienfaisance au profit des travailleurs immigrés ». Au même moment, de nombreuses associations religieuses, culturelles ou de jeunesses, notamment polonaises et italiennes, voient le jour en France. 

Le gouvernement Daladier signe le décret-loi du 12 avril 1939 « relatif à la constitution des associations étrangères ». Désormais, « aucune association étrangère ne peut se former, ni exercer son activité en France, sans autorisation préalable du ministre de l’Intérieur. L’autorisation peut être accordée à titre temporaire ou soumise à un renouvellement périodique. Elle peut être subordonnée à l’observation de certaines conditions par décret. Elle peut être retirée, à tout moment, par décret…». Est considérée comme étrangère une association qui a son siège à l’étranger ou « dirigée de fait par des étrangers ». 

En 1948, lorsque le Parti communiste français (PCF) demande l’abrogation du décret-loi de 1939, le gouvernement choisit de le conserver. Le décret est utilisé dans les années 1970 pour  refuser la constitution de nombre d’associations. Malgré cela, beaucoup d’associations voient le jour comme par exemple l’AMF (Association des Marocains en France) créée en 1961. En général, elles se cantonnent à des activités culturelles et s’astreignent à la neutralité politique.

Après l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, la loi du 9 octobre abroge les discriminations à l’encontre des étrangers et permet à nombre d’associations étrangères de se former librement. Toutefois subsiste la mention obligatoire de la nationalité des responsables de l’association. Saïd Bouziri, fondateur de l’association Génériques, se demande alors « si le droit d’association n’a pas permis d’esquiver, de fait, le débat sur l’ensemble des droits civiques des étrangers en France[…] (La réforme de 1981) a servi d’argument lorsqu’il a fallu renoncer publiquement à accorder le droit de vote ». (extrait de l’article “La longue marche du mouvement associatif pour transcender les frontières politiques de la citoyenneté”,  Hommes et Migrations N°1229,  janvier-février 2001) Aujourd’hui, la liberté de s’associer est libre, quelle que soit la nationalité des membres.

Pour en savoir plus :
Hors-série Migrance, 2002 : “1901-2001 : Vie associative et immigration”
Mogniss H. Abdallah, « La longue marche du mouvement associatif pour transcender les frontières politiques de la citoyenneté », Revue Hommes et migrations. Article issu du N°1229, janvier-février 2001  : Vie associative, action citoyenne.

 La loi Pasqua-Méhaignerie et la remise en cause du droit du sol
En 1993, après la victoire de la droite aux législatives, la loi n°93-933 du 22 juillet 1993, dite loi Pasqua-Méhaignerie, restreint l’accès à la nationalité par le droit du sol, notamment pour les jeunes d’origine étrangère : pour devenir français, ces derniers doivent désormais, selon les termes de la loi, en manifester clairement la volonté entre 16 et 21 ans. Avant cette date, les personnes nées en France de deux parents étrangers pouvaient acquérir automatiquement la nationalité française à l’âge 18 ans. 




Cette loi remet en partie en cause le droit du sol que reconnaît traditionnellement la France selon l’historien Patrick Weil. Un droit qui apparaît dans la Constitution de 1791 :  « sont Français les fils d’étrangers nés en France et qui vivent dans le royaume ». En rupture avec la tradition, le Code civil instaure la primauté au droit du sang en 1804 : la nationalité s’attribue à la naissance par la filiation. Pour des raisons démographiques, le droit du sol est réintroduit par des lois dès 1851 et par les réformes de 1889, 1927, 1945 et 1973.
La loi Guigou (ministre de la Justice de 1997 à 2000) du 16 mars 1998 revient à l’équilibre entre droit du sol et droit du sang et met fin à la controverse politique sur la réforme du droit de la nationalité. Tout enfant né en France de parents étrangers acquiert la nationalité française à sa majorité s’il justifie avoir résidé au moins 5 ans en France à partir de l’âge de 11 ans. La loi supprime la procédure de manifestation de volonté de 1993 et la remplace par une procédure rythmée en trois temps : un jeune étranger résident et né en France peut devenir français avec l’accord de ses parents à 13 ans, cet accord n’est plus nécessaire à 16 ans. Enfin, il devient français de plein droit, sauf s’il décline cette possibilité, à 18 ans.


Alors que les débats sur la nationalité avaient disparu depuis plusieurs années, l’aile droite de l’UMP a tenté de revenir à l’une des dispositions de la loi Pasqualors de l’examen du projet de loi sur l’immigration en 2010. Le député des Alpes-Maritimes LionnelLuca a en effet proposé dans un amendement que tout individu né en France de parents étrangers qui réside en France depuis cinq ans puisse, entre 16 et 21 ans, acquérir la nationalité française « à condition qu’il en manifeste la volonté ». Cet amendement controversé a été repoussé par 91 voix (UMP, PS, PCF) contre 23 (UMP).

 La loi Pasqua-Méhaignerie et la remise en cause du droit du sol

En 1993, après la victoire de la droite aux législatives, la loi n°93-933 du 22 juillet 1993, dite loi Pasqua-Méhaignerie, restreint l’accès à la nationalité par le droit du sol, notamment pour les jeunes d’origine étrangère : pour devenir français, ces derniers doivent désormais, selon les termes de la loi, en manifester clairement la volonté entre 16 et 21 ans. Avant cette date, les personnes nées en France de deux parents étrangers pouvaient acquérir automatiquement la nationalité française à l’âge 18 ans.

Cette loi remet en partie en cause le droit du sol que reconnaît traditionnellement la France selon l’historien Patrick Weil. Un droit qui apparaît dans la Constitution de 1791 :  « sont Français les fils d’étrangers nés en France et qui vivent dans le royaume ». En rupture avec la tradition, le Code civil instaure la primauté au droit du sang en 1804 : la nationalité s’attribue à la naissance par la filiation. Pour des raisons démographiques, le droit du sol est réintroduit par des lois dès 1851 et par les réformes de 1889, 1927, 1945 et 1973.

La loi Guigou (ministre de la Justice de 1997 à 2000) du 16 mars 1998 revient à l’équilibre entre droit du sol et droit du sang et met fin à la controverse politique sur la réforme du droit de la nationalité. Tout enfant né en France de parents étrangers acquiert la nationalité française à sa majorité s’il justifie avoir résidé au moins 5 ans en France à partir de l’âge de 11 ans. La loi supprime la procédure de manifestation de volonté de 1993 et la remplace par une procédure rythmée en trois temps : un jeune étranger résident et né en France peut devenir français avec l’accord de ses parents à 13 ans, cet accord n’est plus nécessaire à 16 ans. Enfin, il devient français de plein droit, sauf s’il décline cette possibilité, à 18 ans.

Alors que les débats sur la nationalité avaient disparu depuis plusieurs années, l’aile droite de l’UMP a tenté de revenir à l’une des dispositions de la loi Pasqualors de l’examen du projet de loi sur l’immigration en 2010. Le député des Alpes-Maritimes LionnelLuca a en effet proposé dans un amendement que tout individu né en France de parents étrangers qui réside en France depuis cinq ans puisse, entre 16 et 21 ans, acquérir la nationalité française « à condition qu’il en manifeste la volonté ». Cet amendement controversé a été repoussé par 91 voix (UMP, PS, PCF) contre 23 (UMP).

La loi Pasqua : anti-regroupement familial
Consacré par l’article 8 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, le regroupement familial est un droit ancré dans la tradition française. Il s’agit d’une procédure qui permet à l’étranger régulièrement installé en France d’être rejoint, sous réserve de remplir certaines conditions, par les membres de sa famille proche (son conjoint majeur et ses enfants mineurs) et de mener une vie familiale normale en France. Si dès le début du XXème siècle, la France a voulu attirer des familles immigrées, le droit de vivre en famille a été véritablement mis en place sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing par le décret du 29 avril 1976 qui a fixé les conditions du regroupement familial : une année de résidence en France, des ressources suffisantes, un logement,... 
Depuis la fermeture des frontières aux migrations de travail après 1974, les liens familiaux et conjugaux sont en effet devenus déterminants pour obtenir le droit au séjour en France. Le regroupement familial est, depuis 30 ans, la première cause de délivrance de titres de séjour dans l’Hexagone. Dans la plupart des cas, ce sont les femmes qui rejoignent leur conjoint. 
Les conditions que doivent remplir les « rejoignants » ont subi des modifications successives. La loi n° 93-1027 du 24 août 1993, dite loi Pasqua, relative à la maîtrise de l’immigration et aux conditions d’entrée, d’accueil et de séjour des étrangers en France restreint les conditions du regroupement familial. Elle interdit notamment le regroupement familial polygame et la délivrance d’un titre de séjour pour les personnes en situations de polygamie. Depuis le vote de la loi de juillet 2006, un immigrant ne peut introduire une demande de regroupement familial qu’après 18 mois de présence en France contre un an auparavant. Il doit en outre bénéficier de revenus stables et supérieurs au SMIC, hors prestations sociales, et d’un logement considéré comme « normal ».

La loi Pasqua : anti-regroupement familial

Consacré par l’article 8 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, le regroupement familial est un droit ancré dans la tradition française. Il s’agit d’une procédure qui permet à l’étranger régulièrement installé en France d’être rejoint, sous réserve de remplir certaines conditions, par les membres de sa famille proche (son conjoint majeur et ses enfants mineurs) et de mener une vie familiale normale en France. Si dès le début du XXème siècle, la France a voulu attirer des familles immigrées, le droit de vivre en famille a été véritablement mis en place sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing par le décret du 29 avril 1976 qui a fixé les conditions du regroupement familial : une année de résidence en France, des ressources suffisantes, un logement,...

Depuis la fermeture des frontières aux migrations de travail après 1974, les liens familiaux et conjugaux sont en effet devenus déterminants pour obtenir le droit au séjour en France. Le regroupement familial est, depuis 30 ans, la première cause de délivrance de titres de séjour dans l’Hexagone. Dans la plupart des cas, ce sont les femmes qui rejoignent leur conjoint.

Les conditions que doivent remplir les « rejoignants » ont subi des modifications successives. La loi n° 93-1027 du 24 août 1993, dite loi Pasqua, relative à la maîtrise de l’immigration et aux conditions d’entrée, d’accueil et de séjour des étrangers en France restreint les conditions du regroupement familial. Elle interdit notamment le regroupement familial polygame et la délivrance d’un titre de séjour pour les personnes en situations de polygamie. Depuis le vote de la loi de juillet 2006, un immigrant ne peut introduire une demande de regroupement familial qu’après 18 mois de présence en France contre un an auparavant. Il doit en outre bénéficier de revenus stables et supérieurs au SMIC, hors prestations sociales, et d’un logement considéré comme « normal ».

L’immigration comme enjeu politique (1970-2000)
C’est à partir des années 70 que la question de l’immigration se transforme en enjeu politique en France. Alors que la crise économique mondiale frappe le pays en 1974, et que les relations avec l’Algérie, premier fournisseur de main d’œuvre immigrée en France, se dégrade, l’État met en place un contrôle des flux migratoires et encourage le retour des immigrés vers leurs pays d’origine. Parallèlement, le Front national (FN), parti d’extrême-droite fondé en 1972, fait de la lutte contre l’immigration l’une des priorités de son programme, et occupe une place de plus en plus importante sur la scène électorale. Après les élections présidentielles de 1974, Valéry Giscard d’Estaing (Républicains indépendants) met un frein aux nouvelles immigrations, à l’exception des regroupements familiaux. Les dernières années du septennat giscardien voient la situation des immigrés se détériorer. En effet, en 1980, la loi Bonnet rend plus strictes les conditions d’entrée sur le territoire. Elle fait de l’entrée ou du séjour irréguliers un motif d’expulsion au même titre que la menace pour l’ordre public, et prévoit la reconduite de l’étranger expulsé à la frontière et sa détention dans un établissement s’il n’est pas en mesure de quitter immédiatement le territoire.
La « question immigrée » s’installe véritablement au cœur du débat politique au début des années 80. Après l’élection du socialiste François Mitterrand en mai 1981, le gouvernement de gauche régularise 132 000 immigrés illégaux en situation irrégulière et annule la loi Bonnet. Mais il fait marche arrière sur la question du droit de vote des étrangers aux élections locales qui figurait dans le programme commun (des parti socialiste, parti communiste et radicaux de gauche) du nouveau président et parmi les 101 propositions du candidat élu. Les discours anti-immigration du FN se durcissent et l’immigration devient un enjeu électoral majeur à l’occasion des élections municipales de mars 1983 : des candidats de droite du Rassemblement pour la république (RPR) et de centre-droite de l’Union pour la démocratie française (UDF) font alors écho dans leurs discours à Le Pen. La gauche se replie dans une ligne de défense et mobilise son énergie à lutter contre l’immigration clandestine. Laurent Fabius, Premier ministre socialiste de Mitterrand (1984-1986), déclare en septembre 1984 lors d’une émission télévisée “L’heure de vérité”sur Antenne 2 « L’extrême-droite, ce sont de fausses réponses à de vraies questions ».
Les discours des élections législatives de 1986 sont aussi contaminés par les thèses de l’extrême-droite et la question de la nationalité devient un thème central des programmes de campagne : des partis de la droite républicaine tel que le RPR inscrivent d’ailleurs dans leur programme la nécessité de modifier le code de la nationalité, ceci afin de limiter les naturalisations d’étrangers. Si cette dernière réforme n’a pas lieu, la loi Pasqua restreint en 1986 l’accès à la carte de résident et facilite les expulsions des sans-papiers. De retour au pouvoir en 1988, la gauche, adopte ensuite une tactique d’évitement sur la question de l’immigration. En décembre 1989, le succès du FN à l’élection législative partielle à Dreux (deuxième circonscription d’Eure-et-Loir) provoque un choc dans la classe politique qui s’engage dans une surenchère des discours. A l’été 1991, Jacques Chirac (RPR), alors maire de Paris, évoque le « bruit et les odeurs » pour désigner les supposés désagréments causés par les personnes immigrés en France. Cette expression malencontreuse marque un tournant pour la droite parlementaire qui s’empare définitivement du thème de l’immigration. Valérie Giscard d’Estaing propose d’abandonner le droit du sol au profit du droit du sang. La gauche durcit son discours et ses pratiques avec la mise en place d’un nouveau train de mesures pour maîtriser l’immigration.
Lors de la deuxième cohabitation sous l’égide du Premier ministre RPR Edouard Balladur en 1993, deux nouvelles lois sont votées : l’une réforme le Code de la nationalité, l’autre, la « loi Pasqua », durcit à nouveau les conditions d’entrée et de séjour des étrangers en France. La gauche combat mollement cette dernière mesure et, une fois revenue au pouvoir en 1997, veut parvenir sur la question de l’immigration à un consensus qui transcende les clivages politiques. Elle essaiera de faire adopter des réformes législatives modérées dans le cadre d’une « politique d’immigration généreuse mais ferme », selon Jean-Pierre Chevènement, Ministre de l’Intérieur PS à l’époque.
Pendant plus de 30 ans, le FN, de moins en moins marginalisé sur l’échiquier politique, a imposé la problématique de l’immigration aux partis de droite et de gauche, qui ont peiné à en faire l’objet d’un véritable traitement politique. Il est à noter que la montée en puissance de cette problématique va à l’encontre de l’évolution des flux migratoires : la France connaît actuellement un solde migratoire de 1,6 pour mille, soit le plus faible en Europe, alors que ce dernier était de 2,7 pour mille entre 1969 et 1973.
Pour en savoir plus :
- Danièle Lochak, “L’immigration, une question trop sensible”, CURAPP, Questions sensibles, PUF, 1988
- L’article “Immigration : faits, chiffres et débats” de Christan Mellon sur le site du Ceras

L’immigration comme enjeu politique (1970-2000)

C’est à partir des années 70 que la question de l’immigration se transforme en enjeu politique en France. Alors que la crise économique mondiale frappe le pays en 1974, et que les relations avec l’Algérie, premier fournisseur de main d’œuvre immigrée en France, se dégrade, l’État met en place un contrôle des flux migratoires et encourage le retour des immigrés vers leurs pays d’origine. Parallèlement, le Front national (FN), parti d’extrême-droite fondé en 1972, fait de la lutte contre l’immigration l’une des priorités de son programme, et occupe une place de plus en plus importante sur la scène électorale. Après les élections présidentielles de 1974, Valéry Giscard d’Estaing (Républicains indépendants) met un frein aux nouvelles immigrations, à l’exception des regroupements familiaux. Les dernières années du septennat giscardien voient la situation des immigrés se détériorer. En effet, en 1980, la loi Bonnet rend plus strictes les conditions d’entrée sur le territoire. Elle fait de l’entrée ou du séjour irréguliers un motif d’expulsion au même titre que la menace pour l’ordre public, et prévoit la reconduite de l’étranger expulsé à la frontière et sa détention dans un établissement s’il n’est pas en mesure de quitter immédiatement le territoire.

La « question immigrée » s’installe véritablement au cœur du débat politique au début des années 80. Après l’élection du socialiste François Mitterrand en mai 1981, le gouvernement de gauche régularise 132 000 immigrés illégaux en situation irrégulière et annule la loi Bonnet. Mais il fait marche arrière sur la question du droit de vote des étrangers aux élections locales qui figurait dans le programme commun (des parti socialiste, parti communiste et radicaux de gauche) du nouveau président et parmi les 101 propositions du candidat élu. Les discours anti-immigration du FN se durcissent et l’immigration devient un enjeu électoral majeur à l’occasion des élections municipales de mars 1983 : des candidats de droite du Rassemblement pour la république (RPR) et de centre-droite de l’Union pour la démocratie française (UDF) font alors écho dans leurs discours à Le Pen. La gauche se replie dans une ligne de défense et mobilise son énergie à lutter contre l’immigration clandestine. Laurent Fabius, Premier ministre socialiste de Mitterrand (1984-1986), déclare en septembre 1984 lors d’une émission télévisée “L’heure de vérité”sur Antenne 2 « L’extrême-droite, ce sont de fausses réponses à de vraies questions ».

Les discours des élections législatives de 1986 sont aussi contaminés par les thèses de l’extrême-droite et la question de la nationalité devient un thème central des programmes de campagne : des partis de la droite républicaine tel que le RPR inscrivent d’ailleurs dans leur programme la nécessité de modifier le code de la nationalité, ceci afin de limiter les naturalisations d’étrangers. Si cette dernière réforme n’a pas lieu, la loi Pasqua restreint en 1986 l’accès à la carte de résident et facilite les expulsions des sans-papiers. De retour au pouvoir en 1988, la gauche, adopte ensuite une tactique d’évitement sur la question de l’immigration. En décembre 1989, le succès du FN à l’élection législative partielle à Dreux (deuxième circonscription d’Eure-et-Loir) provoque un choc dans la classe politique qui s’engage dans une surenchère des discours. A l’été 1991, Jacques Chirac (RPR), alors maire de Paris, évoque le « bruit et les odeurs » pour désigner les supposés désagréments causés par les personnes immigrés en France. Cette expression malencontreuse marque un tournant pour la droite parlementaire qui s’empare définitivement du thème de l’immigration. Valérie Giscard d’Estaing propose d’abandonner le droit du sol au profit du droit du sang. La gauche durcit son discours et ses pratiques avec la mise en place d’un nouveau train de mesures pour maîtriser l’immigration.

Lors de la deuxième cohabitation sous l’égide du Premier ministre RPR Edouard Balladur en 1993, deux nouvelles lois sont votées : l’une réforme le Code de la nationalité, l’autre, la « loi Pasqua », durcit à nouveau les conditions d’entrée et de séjour des étrangers en France. La gauche combat mollement cette dernière mesure et, une fois revenue au pouvoir en 1997, veut parvenir sur la question de l’immigration à un consensus qui transcende les clivages politiques. Elle essaiera de faire adopter des réformes législatives modérées dans le cadre d’une « politique d’immigration généreuse mais ferme », selon Jean-Pierre Chevènement, Ministre de l’Intérieur PS à l’époque.

Pendant plus de 30 ans, le FN, de moins en moins marginalisé sur l’échiquier politique, a imposé la problématique de l’immigration aux partis de droite et de gauche, qui ont peiné à en faire l’objet d’un véritable traitement politique. Il est à noter que la montée en puissance de cette problématique va à l’encontre de l’évolution des flux migratoires : la France connaît actuellement un solde migratoire de 1,6 pour mille, soit le plus faible en Europe, alors que ce dernier était de 2,7 pour mille entre 1969 et 1973.


Pour en savoir plus :

- Danièle Lochak, “L’immigration, une question trop sensible”, CURAPP, Questions sensibles, PUF, 1988

- L’article “Immigration : faits, chiffres et débats” de Christan Mellon sur le site du Ceras


Le camp de la cité de la Muette 
La cité de la Muette à Drancy, dans le nord de Paris, est attaché à l’histoire et à la mémoire de la déportation des Juifs. Ensemble d’habitations à bon marché (HBM) futuriste, conçu dans les années 30 par les architectes Eugène Beaudoin et Marcel Lods, la cité de la Muette est occupée par les Allemands en juin 1940 et transformée en camp d’internement et de rassemblement des Juifs, étrangers et français.
Au printemps 1941 a lieu la première grande rafle collective qui concernait exclusivement des Juifs étrangers, notamment des Polonais, des Tchécoslovaques et des Autrichiens. Agés de 18 à 40 ans, la plupart avait répondu à la convocation de la police parisienne en application de la loi française du 4 octobre 1940 qui autorisait l’internement d’office des Juifs étrangers. 3 700 personnes sont ainsi transférées dans les camps de transit de Beaune-la-Rolande et de Pithiviers.
 
La seconde arrestation collective de Juifs étrangers et français intervient dans le XIe arrondissement de Paris le 20 août 1941. Orchestrée comme une rafle par la police française  - même si officiellement il s’agissait d’un « rassemblement » - 2 894 hommes juifs de 18 à 50 ans, étrangers et français, sont arrêtés à leur domicile ou dans la rue. La plupart d’entre eux sont envoyés au camp de la Muette à Drancy. Ils sont internés dans des conditions précaires dans le « fer à cheval », le long bâtiment en « U » de la cité. La rafle s’étend les jours suivants aux autres arrondissements parisiens. Du 20 au 25 août ce sont au total, 4 232 Juifs, étrangers et français (1 500), qui sont arrêtés. 

Après le lancement en  juin 1942 du programme de déportation systématique de l’ensemble des Juifs d’Europe de l’Ouest par Adolf Eichman, haut-fonctionnaire qui a dirigé le bureau des Affaires juives au sein de l’état nazi, la cité de la Muette devient un camp de rassemblement et de départ. Tous les Juifs de France, sans distinction de sexe, d’âge ou de nationalité, sont alors concernés. Les arrestations débouchent, dans la plupart des cas, sur des déportations vers des camps situés principalement en Allemagne et en Pologne. 

A l’été 1942, les rafles visent également des Juifs réfugiés dans des villes de la zone libre, sous administration française. En effet, en application d’accords franco-allemands, l’État français livre aux occupants plus de 10 000 Juifs étrangers internés dans des camps de la zone sud. Il multiplie ainsi les rafles de Juifs étrangers, notamment dans les régions de Limoges, Clermont-Ferrand, Lyon, Grenoble, Toulouse, Montpellier, Marseille et Nice. Les raflés arrêtés à ce moment-là seront acheminés vers le camp de Drancy, puis vers Auschwitz.
 
Au total, de mars 1942 à août 1944, ce sont environ 75 000 Juifs qui sont déportés hors de France; les deux tiers sont étrangers. Si les autorités allemandes ne faisaient aucune différence entre Juifs français et Juifs étrangers, le régime de Vichy, en revanche, cherchait surtout à se débarasser des Juifs étrangers, jugés indésirables sur le territoire national.
 
En 1950, les tours de la cité de la Muette, symboles de l’occupation de l’endroit  par les nazis, sont démolies et La Muette se transforme en une cité militaire. En 1976, un monument  sculpté par l’ancien déporté Shelomo Selinger est élevé dans la cour d’entrée de la cité. Ce monument, dédié à la mémoire des déportés, et le wagon à bestiaux, similaire à ceux que les Allemands utilisaient pour transporter les déportés et mis en place en 1988, constituent le mémorial du camp de Drancy.

Le camp de la cité de la Muette

La cité de la Muette à Drancy, dans le nord de Paris, est attaché à l’histoire et à la mémoire de la déportation des Juifs. Ensemble d’habitations à bon marché (HBM) futuriste, conçu dans les années 30 par les architectes Eugène Beaudoin et Marcel Lods, la cité de la Muette est occupée par les Allemands en juin 1940 et transformée en camp d’internement et de rassemblement des Juifs, étrangers et français.

Au printemps 1941 a lieu la première grande rafle collective qui concernait exclusivement des Juifs étrangers, notamment des Polonais, des Tchécoslovaques et des Autrichiens. Agés de 18 à 40 ans, la plupart avait répondu à la convocation de la police parisienne en application de la loi française du 4 octobre 1940 qui autorisait l’internement d’office des Juifs étrangers. 3 700 personnes sont ainsi transférées dans les camps de transit de Beaune-la-Rolande et de Pithiviers.

 

La seconde arrestation collective de Juifs étrangers et français intervient dans le XIe arrondissement de Paris le 20 août 1941. Orchestrée comme une rafle par la police française  - même si officiellement il s’agissait d’un « rassemblement » - 2 894 hommes juifs de 18 à 50 ans, étrangers et français, sont arrêtés à leur domicile ou dans la rue. La plupart d’entre eux sont envoyés au camp de la Muette à Drancy. Ils sont internés dans des conditions précaires dans le « fer à cheval », le long bâtiment en « U » de la cité. La rafle s’étend les jours suivants aux autres arrondissements parisiens. Du 20 au 25 août ce sont au total, 4 232 Juifs, étrangers et français (1 500), qui sont arrêtés. 


Après le lancement en  juin 1942 du programme de déportation systématique de l’ensemble des Juifs d’Europe de l’Ouest par Adolf Eichman, haut-fonctionnaire qui a dirigé le bureau des Affaires juives au sein de l’état nazi, la cité de la Muette devient un camp de rassemblement et de départ. Tous les Juifs de France, sans distinction de sexe, d’âge ou de nationalité, sont alors concernés. Les arrestations débouchent, dans la plupart des cas, sur des déportations vers des camps situés principalement en Allemagne et en Pologne. 

A l’été 1942, les rafles visent également des Juifs réfugiés dans des villes de la zone libre, sous administration française. En effet, en application d’accords franco-allemands, l’État français livre aux occupants plus de 10 000 Juifs étrangers internés dans des camps de la zone sud. Il multiplie ainsi les rafles de Juifs étrangers, notamment dans les régions de Limoges, Clermont-Ferrand, Lyon, Grenoble, Toulouse, Montpellier, Marseille et Nice. Les raflés arrêtés à ce moment-là seront acheminés vers le camp de Drancy, puis vers Auschwitz.

 

Au total, de mars 1942 à août 1944, ce sont environ 75 000 Juifs qui sont déportés hors de France; les deux tiers sont étrangers. Si les autorités allemandes ne faisaient aucune différence entre Juifs français et Juifs étrangers, le régime de Vichy, en revanche, cherchait surtout à se débarasser des Juifs étrangers, jugés indésirables sur le territoire national.

 

En 1950, les tours de la cité de la Muette, symboles de l’occupation de l’endroit  par les nazis, sont démolies et La Muette se transforme en une cité militaire. En 1976, un monument  sculpté par l’ancien déporté Shelomo Selinger est élevé dans la cour d’entrée de la cité. Ce monument, dédié à la mémoire des déportés, et le wagon à bestiaux, similaire à ceux que les Allemands utilisaient pour transporter les déportés et mis en place en 1988, constituent le mémorial du camp de Drancy.

L’Union Nationale des Etudiants Algériens 
Ce document est issu du fonds Farouk Belkeddar qui revient ici sur un pan de l’histoire de l’Union Nationale des Etudiants Algériens (UNEA).
“Ce document, ou plutôt ceux que j’ai pu préserver suite à un sinistre, sont pour l’essentiel issus des archives du 115 Boulevard  St Michel, à Paris, où se situait le siège de L’Association des Etudiants Musulmans Nord Africains (AEMNA ). Cette association regroupait principalement l’Union Nationale des Etudiants Marocains (L’UNEM) , l’Union Générale des Etudiants Tunisiens (UGET) et L’Union Générale des Etudiants Musulmans Algériens (UGEMA). A l’indépendance de l’Algérie et suite à son congrès tenu en 1963, l’ UGEMA est devenue l’Union Nationale des Etudiants Algériens (UNEA). A cette époque, nous étions tout au plus quelques centaines d’étudiants algériens à la cité universitaire de Ben Aknoun à Alger.
Lors de ce congrès s’affrontaient -  au risque de résumer de manière caricaturale une situation beaucoup plus complexe  et souvent confuse - essentiellement deux courants : d’un coté, les étudiants marxistes ou communistes encadrés, ou sous forte influence du Parti Communiste Algérien ( PCA ), et d’autre part les étudiants issus des  autres mouvances nationalistes du Front de Libération Nationale  (FLN). Le PCA ayant conclu des accords avec le Président Ben Bella sur la dissolution du Parti communiste et l’intégration de ses militants au sein du FLN consacré comme Parti unique sur la base de la charte d’Alger, la direction de l’UNEA a été élargie aux membres de la direction des étudiants du FLN.
De ce fait, et malgré une contestation forte de certaines sections de l’UNEA à l’étranger, notamment celle de Paris, la direction apporta un soutien au pouvoir et au FLN jusqu’au coup d’Etat militaire de Houari Boumediene le 19 juin 1965. Jusqu’à cette date et de ce fait en tant qu’organisation officielle affiliée au pouvoir en place, elle disposait, de manière certes relative, de ressources matérielles et financières nécessaires pour assurer au mieux l’encadrement de la jeunesse étudiante en Algérie et à l’étranger.
Opposée au coup d’Etat du 19 juin 1965, des membres importants de la direction de l’UNEA en lien avec les anciens du PCA et des courants nationalistes marxistes et révolutionnaires se sont impliqués dans la mise  en place de l’organisation d’opposition clandestine l’ORP (Organisation de la Résistance Populaire).
Arrivé en France  en 1969, membre de la JFLN et de l’UNEA en Algérie puis adhérent du Parti de l’avant-garde Socialiste (PAGS) suite à la prise en main de l’ORP par les anciens dirigeants du PCA, je fus désigné à la direction de la section de Paris puis affecté, suite à la dissolution de l’UNEA en 1971 par le pouvoir, à l’implantation et l’organisation du Parti dans l’immigration ouvrière en région Ile-de-France.”
                                                                                                        Farouk Belkeddar

L’Union Nationale des Etudiants Algériens 

Ce document est issu du fonds Farouk Belkeddar qui revient ici sur un pan de l’histoire de l’Union Nationale des Etudiants Algériens (UNEA).

“Ce document, ou plutôt ceux que j’ai pu préserver suite à un sinistre, sont pour l’essentiel issus des archives du 115 Boulevard  St Michel, à Paris, où se situait le siège de L’Association des Etudiants Musulmans Nord Africains (AEMNA ). Cette association regroupait principalement l’Union Nationale des Etudiants Marocains (L’UNEM) , l’Union Générale des Etudiants Tunisiens (UGET) et L’Union Générale des Etudiants Musulmans Algériens (UGEMA). A l’indépendance de l’Algérie et suite à son congrès tenu en 1963, l’ UGEMA est devenue l’Union Nationale des Etudiants Algériens (UNEA). A cette époque, nous étions tout au plus quelques centaines d’étudiants algériens à la cité universitaire de Ben Aknoun à Alger.

Lors de ce congrès s’affrontaient -  au risque de résumer de manière caricaturale une situation beaucoup plus complexe  et souvent confuse - essentiellement deux courants : d’un coté, les étudiants marxistes ou communistes encadrés, ou sous forte influence du Parti Communiste Algérien ( PCA ), et d’autre part les étudiants issus des  autres mouvances nationalistes du Front de Libération Nationale  (FLN). Le PCA ayant conclu des accords avec le Président Ben Bella sur la dissolution du Parti communiste et l’intégration de ses militants au sein du FLN consacré comme Parti unique sur la base de la charte d’Alger, la direction de l’UNEA a été élargie aux membres de la direction des étudiants du FLN.

De ce fait, et malgré une contestation forte de certaines sections de l’UNEA à l’étranger, notamment celle de Paris, la direction apporta un soutien au pouvoir et au FLN jusqu’au coup d’Etat militaire de Houari Boumediene le 19 juin 1965. Jusqu’à cette date et de ce fait en tant qu’organisation officielle affiliée au pouvoir en place, elle disposait, de manière certes relative, de ressources matérielles et financières nécessaires pour assurer au mieux l’encadrement de la jeunesse étudiante en Algérie et à l’étranger.

Opposée au coup d’Etat du 19 juin 1965, des membres importants de la direction de l’UNEA en lien avec les anciens du PCA et des courants nationalistes marxistes et révolutionnaires se sont impliqués dans la mise  en place de l’organisation d’opposition clandestine l’ORP (Organisation de la Résistance Populaire).

Arrivé en France  en 1969, membre de la JFLN et de l’UNEA en Algérie puis adhérent du Parti de l’avant-garde Socialiste (PAGS) suite à la prise en main de l’ORP par les anciens dirigeants du PCA, je fus désigné à la direction de la section de Paris puis affecté, suite à la dissolution de l’UNEA en 1971 par le pouvoir, à l’implantation et l’organisation du Parti dans l’immigration ouvrière en région Ile-de-France.”

                                                                                                        Farouk Belkeddar

Les migrations subsahariennes
Cette affiche a été réalisée à l’occasion de la Journée des peuples noirs, organisée par la Fédération des travailleurs d’Afrique noire immigrés (FETRANI) en 1980. Cette association a été créée en 1970 avec l’objectif de fédérer les Africains présents en France. En 1982, elle deviendra la Fédération des travailleurs africains en France (FETAF) qui existe encore aujourd’hui. La Journée des peuples noirs, célébrée le premier dimanche de chaque année, a été adoptée par la 20ème Session de la Conférence générale de l’Unesco en 1978.Considérée comme l’une des dernières vagues migratoires en France et en Europe, l’immigration subsaharienne est ancienne mais se développe véritablement après les indépendances des anciennes colonies. Avant les années 1960, ce mouvement de populations s’inscrit dans le cadre d’une migration temporaire de travail. Les migrations en provenance d’Afrique noirs sont d’ailleurs qualifiées de « migrations tournantes ». Les migrants sont majoritairement des hommes, originaires de la vallée du fleuve Sénégal. Ils occupent des emplois peu qualifiés dans les secteurs de l’industrie, de l’automobile ou du bâtiment.Un basculement s’opère dans les années 1970-1980, alors que la France cherche à contrôler les flux migratoires et ferme ses frontières à l’immigration de travail extra-européenne. Cette politique n’influe pas directement sur la décision de départ et de retour des migrants. Toutefois, elle a un impact sur la nature de cette immigration qui se féminise dans le cadre du regroupement familial et se rajeunit avec l’arrivée d’une population estudiantine. On observe également une diversification des origines géographiques et culturelles des migrants.Se posent alors des questions concernant le statut, le logement et l’emploi des immigrés d’Afrique noire. Des rapprochements s’opèrent entre les enfants d’immigrés de la première génération et les jeunes étudiants, des liens à la fois individuels et collectifs qui prennent notamment la forme de création d’associations d’entraide entre les immigrés. Des initiatives culturelles comme l’aventure Africultures et l’organisation d’événements culturels donnent une visibilité aux immigrés subsahariens qui ne représentent qu’un peu plus d’un dixième de l’ensemble des immigrés en France (12 %).

Les migrations subsahariennes

Cette affiche a été réalisée à l’occasion de la Journée des peuples noirs, organisée par la Fédération des travailleurs d’Afrique noire immigrés (FETRANI) en 1980. Cette association a été créée en 1970 avec l’objectif de fédérer les Africains présents en France. En 1982, elle deviendra la Fédération des travailleurs africains en France (FETAF) qui existe encore aujourd’hui. La Journée des peuples noirs, célébrée le premier dimanche de chaque année, a été adoptée par la 20ème Session de la Conférence générale de l’Unesco en 1978.

Considérée comme l’une des dernières vagues migratoires en France et en Europe, l’immigration subsaharienne est ancienne mais se développe véritablement après les indépendances des anciennes colonies. Avant les années 1960, ce mouvement de populations s’inscrit dans le cadre d’une migration temporaire de travail. Les migrations en provenance d’Afrique noirs sont d’ailleurs qualifiées de « migrations tournantes ». Les migrants sont majoritairement des hommes, originaires de la vallée du fleuve Sénégal. Ils occupent des emplois peu qualifiés dans les secteurs de l’industrie, de l’automobile ou du bâtiment.

Un basculement s’opère dans les années 1970-1980, alors que la France cherche à contrôler les flux migratoires et ferme ses frontières à l’immigration de travail extra-européenne. Cette politique n’influe pas directement sur la décision de départ et de retour des migrants. Toutefois, elle a un impact sur la nature de cette immigration qui se féminise dans le cadre du regroupement familial et se rajeunit avec l’arrivée d’une population estudiantine. On observe également une diversification des origines géographiques et culturelles des migrants.

Se posent alors des questions concernant le statut, le logement et l’emploi des immigrés d’Afrique noire. Des rapprochements s’opèrent entre les enfants d’immigrés de la première génération et les jeunes étudiants, des liens à la fois individuels et collectifs qui prennent notamment la forme de création d’associations d’entraide entre les immigrés. Des initiatives culturelles comme l’aventure Africultures et l’organisation d’événements culturels donnent une visibilité aux immigrés subsahariens qui ne représentent qu’un peu plus d’un dixième de l’ensemble des immigrés en France (12 %).

Roms et Tsiganes
A l’occasion de la journée internationale des Roms qui a lieu le 8 avril, Génériques revient à travers cette affiche sur les “Tsiganes” une communauté souvent dénommée par d’autres appellations comme Gitans, Gypsis, Tsiganes, Manouches, Romanichels, Bohémiens : « les Tsiganes forment une mosaïque de groupes diversifiés et segmentarisés dont aucun ne saurait représenter un autre », précise tout de même Jean-Pierre Liégeois, fondateur du Centre de recherches tsiganes de l’Université Paris Descartes dans son ouvrage Roms et Tsiganes (coll. Repères, éd. La Découverte, 2009, 125 p.). Ces dénominations s’opposent à celle de “gadjé” qui désigne à la fois le non-Tsigane, l’étranger, le paysan ou le sédentaire.
Originaires du nord de l’Inde, les Tsiganes font leur apparition dans le sud-est de l’Europe au début du XIVe siècle. Bien accueillis à leur arrivée, ils font vite l’objet de discriminations et d’accusations diverses : maraudes, vols de poules, de chevaux et même d’enfants… En Roumanie, ils sont réduits en esclavage dans le cadre de la « robie », une servitude de type féodal. Au XVe siècle, le terme roumain “tsigani” devient d’ailleurs synonyme d’”esclaves”.
La mobilité souvent évoquée pour caractériser la culture tsigane n’est pas consubstantielle de leur mode de vie, selon Jean-Pierre Liégeois. Elle est le résultat des persécutions que ces communautés ont subies au cours de l’histoire : les politiques de discriminations, celles d’extermination des nazis ou encore de “purification ethnique” en ex-Yougoslavie. Cette mobilité s’explique aussi par des raisons sociales et économiques (mariage, recherche d’emploi…).
L’utilisation de plus en plus fréquente du terme “Rom” marque l’émergence sur la scène politique des Tsiganes. “Rom” est une dénomination qui vient de l’intérieur et qui signifie “être humain” en langage romani. Son utilisation a été recommandée par des délégués de 14 pays à l’occasion du premier « Congrès mondial tsigane » qui s’est tenu à Londres en 1971. De ce congrès est également issue l’Union romani internationale (URI) présente dans une trentaine de pays et qui possède un rôle consultatif auprès de l’Organisation des Nations Unies et du Conseil de l’Europe. 
 Selon les estimations, la communauté Rom compte actuellement entre 8 et 12 millions d’individus et constitue la plus importante minorité d’Europe, la plus discriminée également. Les Roms sont victimes de violence dans leur pays d’origine, notamment en Bulgarie et en Roumanie. Si l’entrée de la Roumanie dans l’Union européenne en 2007 a facilité leur circulation, ils font  souvent l’objet de mesures d’expulsions dans les pays d’accueil comme la France et l’Italie. 
Pour en savoir plus :
Roms et Tsiganes, coll. Repères, éd. La Découverte, 2009, 125 p.
Tsiganes : sur la route avec les rom lovara de Jan Yoors, Ed. Libretto, 2004, 272 p.

Roms et Tsiganes

A l’occasion de la journée internationale des Roms qui a lieu le 8 avril, Génériques revient à travers cette affiche sur les “Tsiganes” une communauté souvent dénommée par d’autres appellations comme Gitans, Gypsis, Tsiganes, Manouches, Romanichels, Bohémiens : « les Tsiganes forment une mosaïque de groupes diversifiés et segmentarisés dont aucun ne saurait représenter un autre », précise tout de même Jean-Pierre Liégeois, fondateur du Centre de recherches tsiganes de l’Université Paris Descartes dans son ouvrage Roms et Tsiganes (coll. Repères, éd. La Découverte, 2009, 125 p.). Ces dénominations s’opposent à celle de “gadjé” qui désigne à la fois le non-Tsigane, l’étranger, le paysan ou le sédentaire.

Originaires du nord de l’Inde, les Tsiganes font leur apparition dans le sud-est de l’Europe au début du XIVe siècle. Bien accueillis à leur arrivée, ils font vite l’objet de discriminations et d’accusations diverses : maraudes, vols de poules, de chevaux et même d’enfants… En Roumanie, ils sont réduits en esclavage dans le cadre de la « robie », une servitude de type féodal. Au XVe siècle, le terme roumain “tsigani” devient d’ailleurs synonyme d’”esclaves”.

La mobilité souvent évoquée pour caractériser la culture tsigane n’est pas consubstantielle de leur mode de vie, selon Jean-Pierre Liégeois. Elle est le résultat des persécutions que ces communautés ont subies au cours de l’histoire : les politiques de discriminations, celles d’extermination des nazis ou encore de “purification ethnique” en ex-Yougoslavie. Cette mobilité s’explique aussi par des raisons sociales et économiques (mariage, recherche d’emploi…).

L’utilisation de plus en plus fréquente du terme “Rom” marque l’émergence sur la scène politique des Tsiganes. “Rom” est une dénomination qui vient de l’intérieur et qui signifie “être humain” en langage romani. Son utilisation a été recommandée par des délégués de 14 pays à l’occasion du premier « Congrès mondial tsigane » qui s’est tenu à Londres en 1971. De ce congrès est également issue l’Union romani internationale (URI) présente dans une trentaine de pays et qui possède un rôle consultatif auprès de l’Organisation des Nations Unies et du Conseil de l’Europe.

 Selon les estimations, la communauté Rom compte actuellement entre 8 et 12 millions d’individus et constitue la plus importante minorité d’Europe, la plus discriminée également. Les Roms sont victimes de violence dans leur pays d’origine, notamment en Bulgarie et en Roumanie. Si l’entrée de la Roumanie dans l’Union européenne en 2007 a facilité leur circulation, ils font  souvent l’objet de mesures dexpulsions dans les pays d’accueil comme la France et l’Italie.

Pour en savoir plus :

Roms et Tsiganes, coll. Repères, éd. La Découverte, 2009, 125 p.

Tsiganes : sur la route avec les rom lovara de Jan Yoors, Ed. Libretto, 2004, 272 p.

L’ICEI et le chômage des populations immigrées
Cette affiche est issue de la collection de Christiane Herrero, un ensemble de documents ayant fait l’objet d’une sélection durant les différentes campagnes de numérisation mises en place par Génériques dans le but d’alimenter le catalogue Odysséo. La collection Herrero regroupe des affiches destinées à promouvoir des événements culturels, tels que des expositions, des représentations de pièces de théâtre ou des festivals de musique. On y trouve également des affiches éditées par deux organismes aujourd’hui disparus : Banlieue 89 et Information, Culture et Immigration (ICEI).
Cette affiche a été produite par l’ICEI, une structure née en 1977 de la fusion de l’Office national de la promotion des cultures immigrées (ONPCI) et du Centre d’étude et de documentation sur les immigrations (CEDIM). Cette dernière avait pour objectif la valorisation des cultures immigrés y compris au travers des médias comme la télévision : l’émission télévisée “Mosaïque” diffusée sur France 2 fut par exemple une réalisation de l’ICEI.
Suspendu à un cintre, le bleu de travail représenté sur cette image symbolise le chômage des populations immigrées. Il s’agit en effet d’un document issu d’une campagne à destination des immigrés pour les informer sur leurs droits. Il est ici question d’allocation chômage, de droit à la formation et de la possibilité de prolongation des cartes de séjour. Le texte est écrit en français, en portugais, en turc, en croate et en arabe.

L’ICEI et le chômage des populations immigrées

Cette affiche est issue de la collection de Christiane Herrero, un ensemble de documents ayant fait l’objet d’une sélection durant les différentes campagnes de numérisation mises en place par Génériques dans le but d’alimenter le catalogue Odysséo. La collection Herrero regroupe des affiches destinées à promouvoir des événements culturels, tels que des expositions, des représentations de pièces de théâtre ou des festivals de musique. On y trouve également des affiches éditées par deux organismes aujourd’hui disparus : Banlieue 89 et Information, Culture et Immigration (ICEI).

Cette affiche a été produite par l’ICEI, une structure née en 1977 de la fusion de l’Office national de la promotion des cultures immigrées (ONPCI) et du Centre d’étude et de documentation sur les immigrations (CEDIM). Cette dernière avait pour objectif la valorisation des cultures immigrés y compris au travers des médias comme la télévision : l’émission télévisée “Mosaïque” diffusée sur France 2 fut par exemple une réalisation de l’ICEI.

Suspendu à un cintre, le bleu de travail représenté sur cette image symbolise le chômage des populations immigrées. Il s’agit en effet d’un document issu d’une campagne à destination des immigrés pour les informer sur leurs droits. Il est ici question d’allocation chômage, de droit à la formation et de la possibilité de prolongation des cartes de séjour. Le texte est écrit en français, en portugais, en turc, en croate et en arabe.

Catarina Eufémia, une figure de la lutte portugaise
Catarina Eufémia est une figure importante de l’histoire portugaise évoquée à plusieurs reprises dans les périodiques portugais édités en France. Elle est associée à la Journée de la femme ainsi qu’à la Fête du Travail (1er mai).
Catarina Eufémia était une paysanne portugaise née en 1928 et décédée en 1954 sous le feu de la Garde Nationale Républicaine à Baleizao, dans la région de l’Alentejo, à l’occasion d’une grève de salariés ruraux qui réclamaient une augmentation de salaires.
L’Alentejo était une région de grands propriétaires terriens qui employaient des paysans travaillant dans des conditions difficiles et pour de très bas salaires. A l’époque des faits, la jeune Catarina Eufémia aurait été enceinte de son quatrième enfant. Avec treize autres femmes et portant son plus jeune fils dans les bras, elle se serait avancée vers le propriétaire terrien afin de lui faire part des revendications des grévistes quand elle aurait été touchée par trois balles tirées par le lieutenant Carrajola.
L’histoire de Catarina Eufémia est devenue un mythe et sa figure a été reprise par le Parti communiste portugais comme un symbole de courage et de lutte à la fois contre le salazarisme et contre les conditions de travail précaires. Dans les périodiques portugais du catalogue d’Odysseo, nous trouvons une interview de sa fille (p.4), ainsi que des témoignages de ceux qui l’ont connue. Plusieurs pièces de théâtre et des poèmes (p.7) lui ont été dédiés comme la poésie “Cantar Alentejano” de Vicente Campinas mise en musique par José Afonso dans l’album Cantigas de Maio enregistré dans les années 70 à Paris. Lui ont également été consacrés le livre A morte de Catarina Eufémia: a grande duvida de um grande drama (“La mort de Catarian Eufémia : le grand doute d’un grand drame”) de Manuel de Melo Garrido, publié en 1984 ,et la thèse de Natalia Santos Catarina Eufémia: (des) montagem de um mito (“Catarian Eufémia: demantèlement d’un mythe”). Au Portugal, une statue à son effigie a été construite à Beja (Alentejo) par la population de Baleizao .

Catarina Eufémia, une figure de la lutte portugaise

Catarina Eufémia est une figure importante de l’histoire portugaise évoquée à plusieurs reprises dans les périodiques portugais édités en France. Elle est associée à la Journée de la femme ainsi qu’à la Fête du Travail (1er mai).

Catarina Eufémia était une paysanne portugaise née en 1928 et décédée en 1954 sous le feu de la Garde Nationale Républicaine à Baleizao, dans la région de l’Alentejo, à l’occasion d’une grève de salariés ruraux qui réclamaient une augmentation de salaires.

L’Alentejo était une région de grands propriétaires terriens qui employaient des paysans travaillant dans des conditions difficiles et pour de très bas salaires. A l’époque des faits, la jeune Catarina Eufémia aurait été enceinte de son quatrième enfant. Avec treize autres femmes et portant son plus jeune fils dans les bras, elle se serait avancée vers le propriétaire terrien afin de lui faire part des revendications des grévistes quand elle aurait été touchée par trois balles tirées par le lieutenant Carrajola.

L’histoire de Catarina Eufémia est devenue un mythe et sa figure a été reprise par le Parti communiste portugais comme un symbole de courage et de lutte à la fois contre le salazarisme et contre les conditions de travail précaires. Dans les périodiques portugais du catalogue d’Odysseo, nous trouvons une interview de sa fille (p.4), ainsi que des témoignages de ceux qui l’ont connue. Plusieurs pièces de théâtre et des poèmes (p.7) lui ont été dédiés comme la poésie “Cantar Alentejano” de Vicente Campinas mise en musique par José Afonso dans l’album Cantigas de Maio enregistré dans les années 70 à Paris. Lui ont également été consacrés le livre A morte de Catarina Eufémia: a grande duvida de um grande drama (“La mort de Catarian Eufémia : le grand doute d’un grand drame”) de Manuel de Melo Garrido, publié en 1984 ,et la thèse de Natalia Santos Catarina Eufémia: (des) montagem de um mito (“Catarian Eufémia: demantèlement d’un mythe”). Au Portugal, une statue à son effigie a été construite à Beja (Alentejo) par la population de Baleizao .