La compagnie de théâtre Al Assifa


Al Assifa est une compagnie de théâtre créée en 1973 par plusieurs travailleurs immigrés d’origine algérienne, principalement issus du Mouvement des travailleurs arabes (MTA), dans le contexte des grèves de la faim des sans-papiers. Al Assifa s’inscrit dans le mouvement de création du théâtre de l’immigration dans les années 1970 qui met l’accent à la fois sur les conditions de vie des travailleurs immigrés et sur leurs luttes pour l’égalité. Le nom de la compagnie, qui signifie « la tempête », fait référence à la fois à la branche armée de l’organisation palestinienne Fatah, fondée en 1959 par Yasser Arafat, et à un journal mensuel français publié de 1972 à 1973 par le MTA. En 1973, la compagnie est invitée par une délégation d’ouvriers en grève de l’usine Lip. Elle présente un montage de sketches sur la situation des travailleurs immigrés en France devant un public qui ne connaissait pas les conditions de vie des immigrés. « La première question des « Lip » fut : si vous souffrez, pourquoi ne rentrez-vous pas chez vous ? Ce n’est qu’à la suite d’une confrontation plus longue qu’ils découvrirent l’ampleur et la complexité de notre situation. Ce que vous avez appris ; faites-le savoir à tout le monde », raconte Mokhtar, l’un des fondateurs de la compagnie*. En adoptant les méthodes du théâtre agit-prop (par et pour les ouvrier), Al Assifa souhaite sensibiliser les immigrés et les Français sur les conditions de vie et de travail des travailleurs immigrés. Al Assifa utilise des faits d’actualité réels comme point de départ de la création de ses spectacles. Ainsi la pièce Ça Travaille, ça travaille mais ça ferme sa gueule est ponctuée de références à des événements comme, par exemple, le meurtre de Djellali Ben Ali, jeune Algérien de 15 ans tué en 1971 par le concierge de l‘immeuble où il vit avec sa famille dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris (18e arr.) en 1971.
* CLANCY G., TANCELLIN P., Les Tiers-Idées, Paris, Hachette, 1977, p.183

La compagnie de théâtre Al Assifa

Al Assifa est une compagnie de théâtre créée en 1973 par plusieurs travailleurs immigrés d’origine algérienne, principalement issus du Mouvement des travailleurs arabes (MTA), dans le contexte des grèves de la faim des sans-papiers. Al Assifa s’inscrit dans le mouvement de création du théâtre de l’immigration dans les années 1970 qui met l’accent à la fois sur les conditions de vie des travailleurs immigrés et sur leurs luttes pour l’égalité. Le nom de la compagnie, qui signifie « la tempête », fait référence à la fois à la branche armée de l’organisation palestinienne Fatah, fondée en 1959 par Yasser Arafat, et à un journal mensuel français publié de 1972 à 1973 par le MTA. En 1973, la compagnie est invitée par une délégation d’ouvriers en grève de l’usine Lip. Elle présente un montage de sketches sur la situation des travailleurs immigrés en France devant un public qui ne connaissait pas les conditions de vie des immigrés. « La première question des « Lip » fut : si vous souffrez, pourquoi ne rentrez-vous pas chez vous ? Ce n’est qu’à la suite d’une confrontation plus longue qu’ils découvrirent l’ampleur et la complexité de notre situation. Ce que vous avez appris ; faites-le savoir à tout le monde », raconte Mokhtar, l’un des fondateurs de la compagnie*. En adoptant les méthodes du théâtre agit-prop (par et pour les ouvrier), Al Assifa souhaite sensibiliser les immigrés et les Français sur les conditions de vie et de travail des travailleurs immigrés. Al Assifa utilise des faits d’actualité réels comme point de départ de la création de ses spectacles. Ainsi la pièce Ça Travaille, ça travaille mais ça ferme sa gueule est ponctuée de références à des événements comme, par exemple, le meurtre de Djellali Ben Ali, jeune Algérien de 15 ans tué en 1971 par le concierge de l‘immeuble où il vit avec sa famille dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris (18e arr.) en 1971.

* CLANCY G., TANCELLIN P., Les Tiers-Idées, Paris, Hachette, 1977, p.183

Grève de la faim de l’église de Ménilmontant (mai-juin 1973)
Cette affiche a été réalisée à l’occasion de la grève de la faim illimitée engagée en mai 1973 par 56 travailleurs tunisiens. Ces derniers seront accueillis dans la crypte de la paroisse de Pierre Loubier, dans l’église Notre-Dame de Ménilmontant (20e arr., Paris).
Cette action s’inscrit à la suite d’une série de grèves de la faim engagées dans la plupart des grandes villes de France. A Valence, 19 Tunisiens entament ainsi une grève de la faim le 25 décembre 1972, soutenus par les prêtres de quatre églises de la ville qui ne célébreront pas la messe de minuit, inaugurant de cette manière une autre forme de protestation : la « grève de la messe ».
Ces mobilisations ont été déclenchées à la suite de l’entrée en vigueur des circulaires Marcellin et Fontanet en 1972. Ces dernières plongent plus de 80% des travailleurs immigrés dans l’illégalité en liant l’attribution d’une carte de séjour à la possession d’un contrat de travail et d’une attestation de logement décent et en limitant les régularisations. La modification de la réglementation pénalise ainsi tous les travailleurs étrangers non déclarés qui ne pourront plus prétendre à l’obtention d’une carte de séjour sur place. Ces circulaires mettent aussi les travailleurs immigrés déclarés à la merci de leur employeur, dans la mesure où le chômage équivaut à la perte de la carte de séjour.
Parmi les organisateurs de la grève de la faim de l’église de Ménilmontant se trouvait Saïd Bouziri, futur fondateur de Génériques et dirigeant de la Ligue des droits de l’homme qui explique dans un entretien comment, lors de cette manifestation qualifiée de « massive et active », les grévistes se rendaient dans les usines pour expliquer l’objet de leur lutte. En juillet 1973, Georges Gorse, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Population du gouvernement Messmer sort une circulaire qui permet la première action de régularisation générale : 35 000 étrangers en situation irrégulière sont ainsi régularisés. Interrogé sur le choix de la grève de la faim comme forme de lutte, Saïd Bouziri expliquera : « je crois que c’est l’arme des faibles. On joue avec son corps pour dire qu’on ne supporte pas.[…] la grève de la faim s’était révélée comme quelque chose d’un peu identitaire, une forme de reconnaissance. »
Les citations de Saïd Bouziri sont extraites de l’entretien réalisé par Hélène Trappo et publié dans Plein droit n°11 publié en juillet 1990.

Grève de la faim de l’église de Ménilmontant (mai-juin 1973)

Cette affiche a été réalisée à l’occasion de la grève de la faim illimitée engagée en mai 1973 par 56 travailleurs tunisiens. Ces derniers seront accueillis dans la crypte de la paroisse de Pierre Loubier, dans l’église Notre-Dame de Ménilmontant (20e arr., Paris).

Cette action s’inscrit à la suite d’une série de grèves de la faim engagées dans la plupart des grandes villes de France. A Valence, 19 Tunisiens entament ainsi une grève de la faim le 25 décembre 1972, soutenus par les prêtres de quatre églises de la ville qui ne célébreront pas la messe de minuit, inaugurant de cette manière une autre forme de protestation : la « grève de la messe ».

Ces mobilisations ont été déclenchées à la suite de l’entrée en vigueur des circulaires Marcellin et Fontanet en 1972. Ces dernières plongent plus de 80% des travailleurs immigrés dans l’illégalité en liant l’attribution d’une carte de séjour à la possession d’un contrat de travail et d’une attestation de logement décent et en limitant les régularisations. La modification de la réglementation pénalise ainsi tous les travailleurs étrangers non déclarés qui ne pourront plus prétendre à l’obtention d’une carte de séjour sur place. Ces circulaires mettent aussi les travailleurs immigrés déclarés à la merci de leur employeur, dans la mesure où le chômage équivaut à la perte de la carte de séjour.

Parmi les organisateurs de la grève de la faim de l’église de Ménilmontant se trouvait Saïd Bouziri, futur fondateur de Génériques et dirigeant de la Ligue des droits de l’homme qui explique dans un entretien comment, lors de cette manifestation qualifiée de « massive et active », les grévistes se rendaient dans les usines pour expliquer l’objet de leur lutte. En juillet 1973, Georges Gorse, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Population du gouvernement Messmer sort une circulaire qui permet la première action de régularisation générale : 35 000 étrangers en situation irrégulière sont ainsi régularisés. Interrogé sur le choix de la grève de la faim comme forme de lutte, Saïd Bouziri expliquera : « je crois que c’est l’arme des faibles. On joue avec son corps pour dire qu’on ne supporte pas.[…] la grève de la faim s’était révélée comme quelque chose d’un peu identitaire, une forme de reconnaissance. »

Les citations de Saïd Bouziri sont extraites de l’entretien réalisé par Hélène Trappo et publié dans Plein droit n°11 publié en juillet 1990.

La grève du foyer Sonacotra de Garges-lès-Gonesse
Cette affiche a été réalisée à l’occasion de l’expulsion par les CRS le 22 juin 1979 des résidents du foyer Sonacotra (SOciété NAtionale de COnstruction de logements pour les TRAvailleurs) de Garges-lès-Gonesse, un foyer de travailleurs célibataires situé dans le Val d’Oise et qui rejoint le mouvement de « grèves des loyers »  en septembre 1975. A travers cette mobilisation, les résidents protestent contre la hausse généralisée des loyers qu’ils jugent alors indécents en comparaison avec la qualité de vie qu’offrent les foyers Sonacotra et l’état de délabrement précoce des structures.
En 1979, la Sonacotra décide de fermer pour « raisons économiques » le foyer de Garges-lès-Gonesse que les résidents occupent alors en mai. La Sonacotra poursuit devant la justice les grévistes en lutte et demande l’autorisation de faire évacuer le foyer, ce qu’elle obtient au printemps 1979. La police intervient ainsi le 21 juin et procède à l’expulsion des résidents. Les grévistes expulsés organisent pendant l’été 1979 un campement devant le foyer fermé et gardé par des CRS.
Cette expulsion est à l’origine d’une forte médiatisation et d’un mouvement de solidarité de la population appuyé par des organisations chrétiennes et de gauche. La presse locale et nationale (Le Monde, La Croix, Libération) couvre ces événements : ce campement devient une des images symbolisant le conflit. Il accueille plusieurs rassemblements du Comité de coordination des foyers en grèves pour le soutien à la lutte des foyers et la dénonciation des lois Stoléru et Bonnet.
Pendant la campagne des élections municipales de 1979, François Mitterrand rend visite aux grévistes et leur apporte son soutien politique. Après avoir vu leur recours devant la justice débouté, les grévistes obtiennent finalement un accord avec la Sonacotra en janvier 1980 et mettent fin au campement. Le foyer réouvre en mai de la même année.

La grève du foyer Sonacotra de Garges-lès-Gonesse

Cette affiche a été réalisée à l’occasion de l’expulsion par les CRS le 22 juin 1979 des résidents du foyer Sonacotra (SOciété NAtionale de COnstruction de logements pour les TRAvailleurs) de Garges-lès-Gonesse, un foyer de travailleurs célibataires situé dans le Val d’Oise et qui rejoint le mouvement de « grèves des loyers »  en septembre 1975. A travers cette mobilisation, les résidents protestent contre la hausse généralisée des loyers qu’ils jugent alors indécents en comparaison avec la qualité de vie qu’offrent les foyers Sonacotra et l’état de délabrement précoce des structures.

En 1979, la Sonacotra décide de fermer pour « raisons économiques » le foyer de Garges-lès-Gonesse que les résidents occupent alors en mai. La Sonacotra poursuit devant la justice les grévistes en lutte et demande l’autorisation de faire évacuer le foyer, ce qu’elle obtient au printemps 1979. La police intervient ainsi le 21 juin et procède à l’expulsion des résidents. Les grévistes expulsés organisent pendant l’été 1979 un campement devant le foyer fermé et gardé par des CRS.

Cette expulsion est à l’origine d’une forte médiatisation et d’un mouvement de solidarité de la population appuyé par des organisations chrétiennes et de gauche. La presse locale et nationale (Le Monde, La Croix, Libération) couvre ces événements : ce campement devient une des images symbolisant le conflit. Il accueille plusieurs rassemblements du Comité de coordination des foyers en grèves pour le soutien à la lutte des foyers et la dénonciation des lois Stoléru et Bonnet.

Pendant la campagne des élections municipales de 1979, François Mitterrand rend visite aux grévistes et leur apporte son soutien politique. Après avoir vu leur recours devant la justice débouté, les grévistes obtiennent finalement un accord avec la Sonacotra en janvier 1980 et mettent fin au campement. Le foyer réouvre en mai de la même année.

La Cimade - « Quel avenir pour les femmes immigrées, réfugiées, françaises ? » 
Cette affiche a été réalisée à l’occasion de journées d’études organisées par la Cimade (Comité inter-mouvements auprès des évacués) du 6 au 8 octobre 1989 et qui avaient pour thème l’avenir des femmes immigrées, réfugiées et françaises en Europe.
La Cimade est née en 1939, au sein des mouvements de la jeunesse protestante, pour venir en aide aux évacués d’Alsace-Lorraine. L’association oeuvre durant la Seconde Guerre mondiale auprès des Juifs menacés, puis pour la réconciliation franco-allemande et enfin auprès des peuples du Sud en lutte pour l’indépendance. A partir de la fin des années 1970, la Cimade s’engage progressivement en faveur des immigrés en réaction aux projets de loi réduisant leurs droits.
Avec d’autres associations, la Cimade lutte également pour la défense et la reconnaissance des droits des étrangers vivant en Europe, en participant notamment au réseau Migreurop. Dans ce cadre, elle organise des actions de sensibilisation auprès du grand public, avec par exemple le festival « Migrant’scène », et de plaidoyers en directions des responsables politiques (parlementaires, ministères…).
La défense des femmes étrangères en France ou en Europe constitue une part importante de l’activité de la Cimade. Les femmes « sont confrontées à la fois aux préjugés et pratiques racistes et xénophobes en tant qu’étrangères, aux préjugés et pratiques sexistes en tant que femmes, mais également à des préjugés et pratiques discriminatoires spécifiques en tant que femmes étrangères », peut-on lire sur la page du site de la Cimade consacrée à la défense des femmes étrangères. L’association a ainsi pris conscience de la nécessité d’intégrer dans les activités et actions de l’association la dimension du genre et la protection des droits fondamentaux des femmes.

La Cimade - « Quel avenir pour les femmes immigrées, réfugiées, françaises ? »

Cette affiche a été réalisée à l’occasion de journées d’études organisées par la Cimade (Comité inter-mouvements auprès des évacués) du 6 au 8 octobre 1989 et qui avaient pour thème l’avenir des femmes immigrées, réfugiées et françaises en Europe.

La Cimade est née en 1939, au sein des mouvements de la jeunesse protestante, pour venir en aide aux évacués d’Alsace-Lorraine. L’association oeuvre durant la Seconde Guerre mondiale auprès des Juifs menacés, puis pour la réconciliation franco-allemande et enfin auprès des peuples du Sud en lutte pour l’indépendance. A partir de la fin des années 1970, la Cimade s’engage progressivement en faveur des immigrés en réaction aux projets de loi réduisant leurs droits.

Avec d’autres associations, la Cimade lutte également pour la défense et la reconnaissance des droits des étrangers vivant en Europe, en participant notamment au réseau Migreurop. Dans ce cadre, elle organise des actions de sensibilisation auprès du grand public, avec par exemple le festival « Migrant’scène », et de plaidoyers en directions des responsables politiques (parlementaires, ministères…).

La défense des femmes étrangères en France ou en Europe constitue une part importante de l’activité de la Cimade. Les femmes « sont confrontées à la fois aux préjugés et pratiques racistes et xénophobes en tant qu’étrangères, aux préjugés et pratiques sexistes en tant que femmes, mais également à des préjugés et pratiques discriminatoires spécifiques en tant que femmes étrangères », peut-on lire sur la page du site de la Cimade consacrée à la défense des femmes étrangères. L’association a ainsi pris conscience de la nécessité d’intégrer dans les activités et actions de l’association la dimension du genre et la protection des droits fondamentaux des femmes.

La grève des OS à Renault Billancourt (mars-avril 1973) 
La grève des ouvriers spécialisés (OS) à l’usine Renault de Boulogne-Billancourt de mars-avril 1973 est emblématique des grèves qui égrainent la décennie 1970 dans l’automobile ou la métallurgie. Après mai 1968, cette usine est devenue un lieu symbolique de la lutte ouvrière, terrain d’action privilégié de la CGT et de l’extrême gauche.
Les OS employés sur les chaînes de production, jouent un rôle prépondérant dans ces mouvements. Le mouvement débute le 21 mars 1973 dans les ateliers de presse du département carrosserie-montage où travaillent des OS algériens, espagnols et portugais.
Les grévistes se soulèvent contre l’arbitraire de la classification sur laquelle repose l’évolution salariale. La « cotation de poste » alors en cours repose sur les caractéristiques de chaque poste, lui-même divisé en classes avec des coefficients et un chronométrage des tâches liés à chaque classe. Malgré cette apparente rationalité, ce système introduit des inégalités. Dans les faits, l’évolution des OS dépend de « décisions individuelles de la maîtrise » qui dispose ainsi d’un levier pour faire accepter des cadences plus élevées et d’un instrument de division au sein des ouvriers.
Avec le mot d’ordre « A travail égal, salaire égal », les grévistes souhaitent mettre en place la même classification pour l’ensemble des ouvriers qui travaillent sur les presses. Environ 370 OS occupent leur atelier et, en arrêtant leur activité située en amont de la chaîne de production, paralysent l’ensemble de l’usine, soit 7000 ouvriers. Cette « grève bouchon » est gérée pas les ouvriers eux-même qui désignent des représentants « sans mandats » et « révocables à tous moments ». Ce conflit sera ainsi marqué par plusieurs désaccords dans sa gestion entre les grévistes et les syndicats. Peu à peu, la grève se répand aux autres presses de l’usine puis à d’autres sites de Renault (Flins, Sandouville, Douai).
Les grévistes obtiennent finalement gain de cause et cessent leur mouvement le 11 avril : le système de classement du personnel est modifié. Le salaire est désormais calculé selon « la qualification de l’emploi tenu ».
L’ATRIS 
(Association des Anciens Travailleurs Renault de L’Ile Seguin) a été créée en 1998 par d’anciens travailleurs, après la fermeture de l’usine Renault à Billancourt en mars 1992, dans le but de conserver un témoignage des travailleurs et travailleuses de l’Ile Seguin.
Pour en savoir plus :
Laure Pitti, « Grèves ouvrières versus luttes de l’immigration : une controverse entre historiens »,in  Ethnologie française, vol. 31, 2001, pp.465-476
Laure Pitti, « Travailleurs de France voilà notre nom », in Migrance 25, 2005, pp.50-71.

La grève des OS à Renault Billancourt (mars-avril 1973)

La grève des ouvriers spécialisés (OS) à l’usine Renault de Boulogne-Billancourt de mars-avril 1973 est emblématique des grèves qui égrainent la décennie 1970 dans l’automobile ou la métallurgie. Après mai 1968, cette usine est devenue un lieu symbolique de la lutte ouvrière, terrain d’action privilégié de la CGT et de l’extrême gauche.

Les OS employés sur les chaînes de production, jouent un rôle prépondérant dans ces mouvements. Le mouvement débute le 21 mars 1973 dans les ateliers de presse du département carrosserie-montage où travaillent des OS algériens, espagnols et portugais.

Les grévistes se soulèvent contre l’arbitraire de la classification sur laquelle repose l’évolution salariale. La « cotation de poste » alors en cours repose sur les caractéristiques de chaque poste, lui-même divisé en classes avec des coefficients et un chronométrage des tâches liés à chaque classe. Malgré cette apparente rationalité, ce système introduit des inégalités. Dans les faits, l’évolution des OS dépend de « décisions individuelles de la maîtrise » qui dispose ainsi d’un levier pour faire accepter des cadences plus élevées et d’un instrument de division au sein des ouvriers.

Avec le mot d’ordre « A travail égal, salaire égal », les grévistes souhaitent mettre en place la même classification pour l’ensemble des ouvriers qui travaillent sur les presses. Environ 370 OS occupent leur atelier et, en arrêtant leur activité située en amont de la chaîne de production, paralysent l’ensemble de l’usine, soit 7000 ouvriers. Cette « grève bouchon » est gérée pas les ouvriers eux-même qui désignent des représentants « sans mandats » et « révocables à tous moments ». Ce conflit sera ainsi marqué par plusieurs désaccords dans sa gestion entre les grévistes et les syndicats. Peu à peu, la grève se répand aux autres presses de l’usine puis à d’autres sites de Renault (Flins, Sandouville, Douai).

Les grévistes obtiennent finalement gain de cause et cessent leur mouvement le 11 avril : le système de classement du personnel est modifié. Le salaire est désormais calculé selon « la qualification de l’emploi tenu ».

L’ATRIS 
(Association des Anciens Travailleurs Renault de L’Ile Seguin) a été créée en 1998 par d’anciens travailleurs, après la fermeture de l’usine Renault à Billancourt en mars 1992, dans le but de conserver un témoignage des travailleurs et travailleuses de l’Ile Seguin.

Pour en savoir plus :

Laure Pitti, « Grèves ouvrières versus luttes de l’immigration : une controverse entre historiens »,in  Ethnologie française, vol. 31, 2001, pp.465-476

Laure Pitti, « Travailleurs de France voilà notre nom », in Migrance 25, 2005, pp.50-71.

Départ de la Marche à la Cayolle (Marseille) – Pierre Ciot 
Cette photographie a été prise par Pierre Ciot le 15 octobre 1983, le jour du départ de la Marche pour l’égalité et contre le racisme, à la Cayolle. Ce quartier, situé au sud de Marseille, constitue un lieu symbolique de l’histoire des migrations à Marseille depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale avec la passage de travailleurs vietnamiens, de juifs d’Europe centrale rescapés des camps puis de juifs d’origine marocaine. Le port de Marseille est en outre le premier port d’arrivée des immigrés algériens.
C’est dans la cité phocéenne que Pierre Ciot, reporter photographe indépendant, a débuté sa carrière. Il s’est toujours intéressé aux problématiques sociales et aux multiples visages de l’immigration, ayant précédemment couvert le quartier des Flamants et surtout le meurtre de Lahouari Ben Mohamed, abattu en 1980 par un policier lors d’un contrôle routier. La couverture médiatique de la Marche pour l’égalité et contre le racisme s’inscrit dans la continuité de son investissement militant. Cette dernière est restée un souvenir mémorable pour le photographe : « Dès la fac, j’étais militant anti-raciste et donc je connaissais les gens de cette marche. J’ai du faire du forcing auprès de l’AFP qui n’y voyait pas d’intérêt national. »
C’est au centre social de la Cayolle qu’était prévu le rassemblement pour le départ de la Marche. En dépit d’une la mobilisation tardive et du peu de moyens, une trentaine de personnes était au rendez-vous. Malgré cette faible participation, la présence d’élus et de représentants du gouvernement ainsi que de personnalités politiques et médiatiques à cette première étape a été perçue comme un élément décisif pour la poursuite de la Marche. Après le départ à la Cayolle, les marcheurs effectuent les dix kilomètres qui les séparent du « vieux port » de Marseille en scandant des slogans tels que « Rengainez, on arrive », « Première, deuxième, troisième génération, nous sommes tous des enfants d’immigrés » ou encore « Antillais, Polonais, Français, Maghrébins, Juifs, tous contre le racisme ».
» Découvrir le site du photographe 

Départ de la Marche à la Cayolle (Marseille) – Pierre Ciot

Cette photographie a été prise par Pierre Ciot le 15 octobre 1983, le jour du départ de la Marche pour l’égalité et contre le racisme, à la Cayolle. Ce quartier, situé au sud de Marseille, constitue un lieu symbolique de l’histoire des migrations à Marseille depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale avec la passage de travailleurs vietnamiens, de juifs d’Europe centrale rescapés des camps puis de juifs d’origine marocaine. Le port de Marseille est en outre le premier port d’arrivée des immigrés algériens.

C’est dans la cité phocéenne que Pierre Ciot, reporter photographe indépendant, a débuté sa carrière. Il s’est toujours intéressé aux problématiques sociales et aux multiples visages de l’immigration, ayant précédemment couvert le quartier des Flamants et surtout le meurtre de Lahouari Ben Mohamed, abattu en 1980 par un policier lors d’un contrôle routier. La couverture médiatique de la Marche pour l’égalité et contre le racisme s’inscrit dans la continuité de son investissement militant. Cette dernière est restée un souvenir mémorable pour le photographe : « Dès la fac, j’étais militant anti-raciste et donc je connaissais les gens de cette marche. J’ai du faire du forcing auprès de l’AFP qui n’y voyait pas d’intérêt national. »

C’est au centre social de la Cayolle qu’était prévu le rassemblement pour le départ de la Marche. En dépit d’une la mobilisation tardive et du peu de moyens, une trentaine de personnes était au rendez-vous. Malgré cette faible participation, la présence d’élus et de représentants du gouvernement ainsi que de personnalités politiques et médiatiques à cette première étape a été perçue comme un élément décisif pour la poursuite de la Marche. Après le départ à la Cayolle, les marcheurs effectuent les dix kilomètres qui les séparent du « vieux port » de Marseille en scandant des slogans tels que « Rengainez, on arrive », « Première, deuxième, troisième génération, nous sommes tous des enfants d’immigrés » ou encore « Antillais, Polonais, Français, Maghrébins, Juifs, tous contre le racisme ».

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Exposition : « Les enfants de l’immigration »Beaubourg, 1984
Un mois après l’arrivée en fanfare à Paris de la Marche pour l’égalité et contre le racisme s’ouvre en janvier 1984 l’exposition « Les enfants de l’immigration ». Mise en place par le ministère de la Culture et le Centre Pompidou, cette manifestation, présentée dans le temple de l’art contemporain, consacre la reconnaissance institutionnelle des jeunes d’origine étrangère en France et constitue le premier programme culturel de l’immigration de cette envergure jamais réalisé en Europe. L’exposition, qui reçoit plus de 40 000 visiteurs en trois mois, est vécue comme une véritable expérience culturelle qui inclue arts visuels (photographie, sculpture, vidéo, peinture), représentations théâtrales ou encore performances musicales. Elle tire profit de l’explosion de créativités urbaines en provenance de la banlieue, qui peut être considérée comme l’une des formes d’expression de la révolte des quartiers. Ainsi, l’exposition « Les enfants de l’immigration » présente une profusion de créations inédites. En outre, un étage entier est consacré à la représentation de la vie quotidienne et de l’environnement social des « enfants de l’immigration ».
Si cette manifestation culturelle n’est pas seulement consacrée aux enfants de l’immigration maghrébine, ces derniers sont au cœur des différents programmes de l’exposition soutenue par le Fonds d’intervention culturelle et Inter Service Migrants. Dans le contexte de l’apogée du mouvement artistique des enfants de l’immigration maghrébine et de la médiatisation à outrance du label « beur » qui,  selon la sociologue Catherine Wihtol de Wenden, constitue « la première mise en scène consciente et orchestrée d’une immense foisonnement d’images de soi », « Les enfants de l’immigration » a pour ambition de saisir et d’exposer le nouveau contexte socio-culturel en France et l’apport des héritiers de l’immigration maghrébine. Symptomatique d’une plus grande stigmatisation envers les primo-arrivants, opposés à la figure positive du « Beur » désormais à la mode, la génération des parents est totalement absente de l’exposition. En outre, l’historien Gérard Noiriel critiquera l’expression même de « jeunes d’origine immigrée » qui, selon le chercheur, n’a aucune existence au niveau juridique et ne ferait que stigmatiser encore davantage un groupe social que l’on cherche à intégrer. 

Exposition : « Les enfants de l’immigration »
Beaubourg, 1984

Un mois après l’arrivée en fanfare à Paris de la Marche pour l’égalité et contre le racisme s’ouvre en janvier 1984 l’exposition « Les enfants de l’immigration ». Mise en place par le ministère de la Culture et le Centre Pompidou, cette manifestation, présentée dans le temple de l’art contemporain, consacre la reconnaissance institutionnelle des jeunes d’origine étrangère en France et constitue le premier programme culturel de l’immigration de cette envergure jamais réalisé en Europe. L’exposition, qui reçoit plus de 40 000 visiteurs en trois mois, est vécue comme une véritable expérience culturelle qui inclue arts visuels (photographie, sculpture, vidéo, peinture), représentations théâtrales ou encore performances musicales. Elle tire profit de l’explosion de créativités urbaines en provenance de la banlieue, qui peut être considérée comme l’une des formes d’expression de la révolte des quartiers. Ainsi, l’exposition « Les enfants de l’immigration » présente une profusion de créations inédites. En outre, un étage entier est consacré à la représentation de la vie quotidienne et de l’environnement social des « enfants de l’immigration ».

Si cette manifestation culturelle n’est pas seulement consacrée aux enfants de l’immigration maghrébine, ces derniers sont au cœur des différents programmes de l’exposition soutenue par le Fonds d’intervention culturelle et Inter Service Migrants. Dans le contexte de l’apogée du mouvement artistique des enfants de l’immigration maghrébine et de la médiatisation à outrance du label « beur » qui,  selon la sociologue Catherine Wihtol de Wenden, constitue « la première mise en scène consciente et orchestrée d’une immense foisonnement d’images de soi », « Les enfants de l’immigration » a pour ambition de saisir et d’exposer le nouveau contexte socio-culturel en France et l’apport des héritiers de l’immigration maghrébine. Symptomatique d’une plus grande stigmatisation envers les primo-arrivants, opposés à la figure positive du « Beur » désormais à la mode, la génération des parents est totalement absente de l’exposition. En outre, l’historien Gérard Noiriel critiquera l’expression même de « jeunes d’origine immigrée » qui, selon le chercheur, n’a aucune existence au niveau juridique et ne ferait que stigmatiser encore davantage un groupe social que l’on cherche à intégrer. 

« Paysages humains, les Africains de Montreuil »
Cette affiche, sur laquelle on peut voir un Africain en tenue traditionnelle, a été réalisée à l’occasion de l’exposition de photographies « Paysages humains, les Africains de Montreuil » organisée en 1990 par la mairie de Montreuil, l’APA (Agence photographique Afrique) et AIDDA (Association interculturelle de production, de diffusion et de documentation audiovisuelles). Les photographies présentées dans cette exposition ont été prises par André Jouanjan, président du Club Photo Montreuil, et Alain Paris. Elles ont été exposées à l’Espace UVA 18, salle polyvalente du 18ème arrondissement de Paris.
Montreuil accueille sur son territoire plusieurs dizaines de milliers d’immigrés maliens (entre 6000 et 10 000 en 2005, selon la mairie). Cette situation s’explique, en partie, par la relation amicale qu’entretenait Marcel Dufriche, maire communiste de la ville de 1971 à 1984, et Modibo Keïta, « père de la nation malienne » et premier président de la République du Mali. Le foyer Bara, le premier foyer de travailleurs migrants (FTM) de Montreuil, représentatif des FTM d’Île-de-France, accueille aujourd’hui principalement des immigrés maliens, sénégalais et mauritaniens.
En 2009, l’INSEE recense 570 000 immigrés provenant d’Afrique subsaharienne, soit 12% des immigrés en France. Cette immigration s’inscrit dans quatre grandes phases migratoires : la filière scolaire à la fin de la Première Guerre mondiale, composée principalement d’étudiants des pays de l’Afrique-Occidentale française (AOF) ; la filière militaire comprenant les soldats et les travailleurs coloniaux recrutés pendant les deux guerres mondiales de 1914-1918 et 1939-1945 ; les migrations de travail pendant les Trente Glorieuses ; et celles des épouses et des familles venues en France à partir de 1974 dans le cadre de la politique du regroupement familial.
Enfin, depuis les années 1990, on constate une diversification du type de migrants : d’une immigration de travail composée majoritairement d’hommes seuls issus de milieux ruraux (zone du Sahel), les migrants africains sont aujourd’hui plutôt de jeunes adultes, hommes et femmes, qualifiés, issus de pays en conflits ou dans des situations politiques difficiles. Ainsi, le nombre d’immigrés ivoiriens, malgaches et congolais (ex-Zaïrois) a été multiplié par trois entre 1980 et 1999.
En savoir +- Timera Mahamet, « L‘immigration africaine en France : regards des autres et repli sur soi », in Politique Africaine, n°67, octobre 1997, pp. 41-47- Hommes & migrations : « Africains, citoyens d’ici et de là-bas », n° 1239, septembre-octobre 2002- Baron Jacques, « Immigrés africains en France et au Royaume-Uni », Hommes & migrations : « Les migrations subsahariennes », n°1286, juillet-octobre 2010, pp.110-123

« Paysages humains, les Africains de Montreuil »

Cette affiche, sur laquelle on peut voir un Africain en tenue traditionnelle, a été réalisée à l’occasion de l’exposition de photographies « Paysages humains, les Africains de Montreuil » organisée en 1990 par la mairie de Montreuil, l’APA (Agence photographique Afrique) et AIDDA (Association interculturelle de production, de diffusion et de documentation audiovisuelles). Les photographies présentées dans cette exposition ont été prises par André Jouanjan, président du Club Photo Montreuil, et Alain Paris. Elles ont été exposées à l’Espace UVA 18, salle polyvalente du 18ème arrondissement de Paris.

Montreuil accueille sur son territoire plusieurs dizaines de milliers d’immigrés maliens (entre 6000 et 10 000 en 2005, selon la mairie). Cette situation s’explique, en partie, par la relation amicale qu’entretenait Marcel Dufriche, maire communiste de la ville de 1971 à 1984, et Modibo Keïta, « père de la nation malienne » et premier président de la République du Mali. Le foyer Bara, le premier foyer de travailleurs migrants (FTM) de Montreuil, représentatif des FTM d’Île-de-France, accueille aujourd’hui principalement des immigrés maliens, sénégalais et mauritaniens.

En 2009, l’INSEE recense 570 000 immigrés provenant d’Afrique subsaharienne, soit 12% des immigrés en France. Cette immigration s’inscrit dans quatre grandes phases migratoires : la filière scolaire à la fin de la Première Guerre mondiale, composée principalement d’étudiants des pays de l’Afrique-Occidentale française (AOF) ; la filière militaire comprenant les soldats et les travailleurs coloniaux recrutés pendant les deux guerres mondiales de 1914-1918 et 1939-1945 ; les migrations de travail pendant les Trente Glorieuses ; et celles des épouses et des familles venues en France à partir de 1974 dans le cadre de la politique du regroupement familial.

Enfin, depuis les années 1990, on constate une diversification du type de migrants : d’une immigration de travail composée majoritairement d’hommes seuls issus de milieux ruraux (zone du Sahel), les migrants africains sont aujourd’hui plutôt de jeunes adultes, hommes et femmes, qualifiés, issus de pays en conflits ou dans des situations politiques difficiles. Ainsi, le nombre d’immigrés ivoiriens, malgaches et congolais (ex-Zaïrois) a été multiplié par trois entre 1980 et 1999.

En savoir +
- Timera Mahamet, « L‘immigration africaine en France : regards des autres et repli sur soi », in Politique Africaine, n°67, octobre 1997, pp. 41-47
- Hommes & migrations : « Africains, citoyens d’ici et de là-bas », n° 1239, septembre-octobre 2002
- Baron Jacques, « Immigrés africains en France et au Royaume-Uni », Hommes & migrations : « Les migrations subsahariennes », n°1286, juillet-octobre 2010, pp.110-123

Migrants contre le VIH/ Sida 
Cette affiche, réalisée en 1998 par la Fédération des associations de solidarité avec les travailleur-euse-s immigré-e-s (FASTI), le ministère du Travail et des Affaires sociales, Sidaction, le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) et la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), alerte sur l’augmentation du nombre de malades du Sida parmi les immigrés, alors qu’une baisse du nombre de malades a été constatée dans la population globale cette année-là. L’affiche revendique aussi une égalité dans l’accès aux soins.
Depuis l’émergence du VIH dans les années 1980, il a été compliqué d’étudier l’importance de la diffusion de l’épidémie chez les personnes étrangères ou immigrées en France en raison de l’absence, dans de nombreuses enquêtes, des informations qui permettraient de définir les catégories « étrangers » ou « immigrés » et de la crainte de l’utilisation qui pourrait être faite de ces études.
A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le Sida le 1er décembre, l’Organisation internationale pour les migrations a déclaré en 2012 que les migrants étaient touchés de façon disproportionnée par le VIH et le Sida dans les pays à revenu élevé : « En moyenne, dans l’Union européenne (UE) / Espace économique européen (EEE), plus d’un tiers des infections contractées lors de relations hétérosexuelles touchent des personnes qui ont migré dans la région depuis un pays où l’épidémie de VIH est généralisée ».
Particulièrement touchées par l’épidémie, et objet d’une double stigmatisation, celle d’être migrantes et celle de vivre avec la maladie, les populations étrangères sont aussi davantage démunies face à celle-ci, avec une difficulté globale d’accès à un dépistage précoce et aux prises en charge thérapeutiques.

Migrants contre le VIH/ Sida

Cette affiche, réalisée en 1998 par la Fédération des associations de solidarité avec les travailleur-euse-s immigré-e-s (FASTI), le ministère du Travail et des Affaires sociales, Sidaction, le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) et la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), alerte sur l’augmentation du nombre de malades du Sida parmi les immigrés, alors qu’une baisse du nombre de malades a été constatée dans la population globale cette année-là. L’affiche revendique aussi une égalité dans l’accès aux soins.

Depuis l’émergence du VIH dans les années 1980, il a été compliqué d’étudier l’importance de la diffusion de l’épidémie chez les personnes étrangères ou immigrées en France en raison de l’absence, dans de nombreuses enquêtes, des informations qui permettraient de définir les catégories « étrangers » ou « immigrés » et de la crainte de l’utilisation qui pourrait être faite de ces études.

A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le Sida le 1er décembre, l’Organisation internationale pour les migrations a déclaré en 2012 que les migrants étaient touchés de façon disproportionnée par le VIH et le Sida dans les pays à revenu élevé : « En moyenne, dans l’Union européenne (UE) / Espace économique européen (EEE), plus d’un tiers des infections contractées lors de relations hétérosexuelles touchent des personnes qui ont migré dans la région depuis un pays où l’épidémie de VIH est généralisée ».

Particulièrement touchées par l’épidémie, et objet d’une double stigmatisation, celle d’être migrantes et celle de vivre avec la maladie, les populations étrangères sont aussi davantage démunies face à celle-ci, avec une difficulté globale d’accès à un dépistage précoce et aux prises en charge thérapeutiques.

Paco IbáñezNé en 1934 à Valence, en Espagne, Paco Ibáñez est un chanteur militant et pacifiste, dont les seules armes sont sa voix et sa guitare. Le jeune Paco Ibáñez passe son enfance à Barcelone mais sa famille doit fuir l’Espagne à la fin de la guerre civile qui oppose, de 1936 à 1939, le camp des républicains à celui des nationalistes mené par le général Francisco Franco. Le père de Paco Ibáñez est arrêté sous le régime de Vichy qui pourchasse et surveille les « étrangers indésirables » et les « subversifs », catégories désignant entre autres les républicains espagnols. Il sera incarcéré au camp d’internement d’Argelès-sur-Mer. Paco Ibáñez et sa mère retournent en Espagne pour se cacher et ne rejoindront le père de la famille qu’en 1948 à Perpignan.En 1951, Paco Ibáñez se rend à Paris et rentre en contact avec le monde des arts dans l’ambiance culturelle et musicale du Quartier latin. Il fait notamment la connaissance de Salvador Dali qui illustrera plus tard l’une de ses pochettes d’album. Il enregistre son premier disque en 1964 et fonde, avec divers activistes, La Carraca où sont présentés des spectacles en langue espagnole. La maison des Ibáñez devient un lieu d’accueil de nombreux artistes, intellectuels et hommes politiques. Un jour de mai 1969, Paco Ibáñez deviendra un symbole de la lutte des étudiants en entonnant dans la cour de la Sorbonne A Galopar, de Rafael Alberti, grand poète espagnol.Interprète de Georges Brassens, notamment de La Chanson pour l’Auvergnat et de La Mauvaise réputation, Paco Ibáñez est interdit en territoire espagnol en 1971. Il ne retournera qu’en 1990 dans son pays d’origine pour vivre à Barcelone. En 2000, il revient sur la scène parisienne après 10 ans d’absence. Il poursuivra son hommage aux grands poètes espagnols avec son disque Paco Ibáñez chante José A. Goytisolo (2002) puis Paco Ibáñez chante les poètes andalous (2008). Paco Ibáñez a refusé à plusieurs reprises les honneurs, notamment la médaille des Arts et des Lettres proposée par le ministre de la culture Jack Lang.

Paco Ibáñez

Né en 1934 à Valence, en Espagne, Paco Ibáñez est un chanteur militant et pacifiste, dont les seules armes sont sa voix et sa guitare. Le jeune Paco Ibáñez passe son enfance à Barcelone mais sa famille doit fuir l’Espagne à la fin de la guerre civile qui oppose, de 1936 à 1939, le camp des républicains à celui des nationalistes mené par le général Francisco Franco. Le père de Paco Ibáñez est arrêté sous le régime de Vichy qui pourchasse et surveille les « étrangers indésirables » et les « subversifs », catégories désignant entre autres les républicains espagnols. Il sera incarcéré au camp d’internement d’Argelès-sur-Mer. Paco Ibáñez et sa mère retournent en Espagne pour se cacher et ne rejoindront le père de la famille qu’en 1948 à Perpignan.

En 1951, Paco Ibáñez se rend à Paris et rentre en contact avec le monde des arts dans l’ambiance culturelle et musicale du Quartier latin. Il fait notamment la connaissance de Salvador Dali qui illustrera plus tard l’une de ses pochettes d’album. Il enregistre son premier disque en 1964 et fonde, avec divers activistes, La Carraca où sont présentés des spectacles en langue espagnole. La maison des Ibáñez devient un lieu d’accueil de nombreux artistes, intellectuels et hommes politiques. Un jour de mai 1969, Paco Ibáñez deviendra un symbole de la lutte des étudiants en entonnant dans la cour de la Sorbonne A Galopar, de Rafael Alberti, grand poète espagnol.

Interprète de Georges Brassens, notamment de La Chanson pour l’Auvergnat et de La Mauvaise réputation, Paco Ibáñez est interdit en territoire espagnol en 1971. Il ne retournera qu’en 1990 dans son pays d’origine pour vivre à Barcelone. En 2000, il revient sur la scène parisienne après 10 ans d’absence. Il poursuivra son hommage aux grands poètes espagnols avec son disque Paco Ibáñez chante José A. Goytisolo (2002) puis Paco Ibáñez chante les poètes andalous (2008). Paco Ibáñez a refusé à plusieurs reprises les honneurs, notamment la médaille des Arts et des Lettres proposée par le ministre de la culture Jack Lang.

Convergence 84 - Anita Comix
Sur fond jaune, cette affiche représente trois personnes en moto et en side-car surmontées par une pyramide humaine. Le dessin est signé Anita Comix, un studio de production graphique qui regroupait le trio de dessinateurs Farid Boudjellal, Roland Monpierre et José Jover. L’affiche a été réalisée en 1984 à l’occasion de « Convergence 84 pour l’égalité », une marche qui fait suite à celle la « Marche pour l’égalité et contre le racisme » partie de Marseille en octobre 1983 et qui s’est achevée à Paris le 3 décembre où elle réunit près 100 000 personnes. Le slogan était : « La France c’est comme une mobylette, pour avancer, il lui faut du mélange ». Il s’agissait d’effectuer une traversée de la France en mobylette, les marcheurs devenant des « rouleurs », pour revendiquer l’égalité des droits et le droit à la différence pour les populations immigrées. Cinq trajets, représentant une « communauté », ont ainsi convergé vers Paris, qui voit défiler environ 30.000 personnes le 1er décembre 1984.
Dans son article paru dans le dernier numéro de Migrance (n°41), Mark MacKinney montre de quelle manière les dessinateurs issus de l’immigration ont contribué à la Marche pour l’égalité et contre le racisme et à Convergence 84 et ont ainsi produit une « contre-bande-dessinée » française, dans un contexte qui voit converger militantisme politique et expression culturelle des populations immigrées en France. Selon ce chercheur, on assiste en effet durant cette période à une « reconfiguration de la forme et du champ artistique par des individus venant du groupe (post)coloniaux », alors que jusqu’ici le champ de la bande-dessinée était dominé par des dessinateurs d’origine européenne.
En savoir +
» Exposition : « Albums - Bande dessinée et immigration. 1913-2013 »
» MCKINNEY Mark, « La Marche de 1983 et Convergence 84 chez les dessinateurs de bande dessinée issus de l’immigration, ou la contre-bande dessinée », in Migrance, n°41, 2013, pp.111-121

Convergence 84 - Anita Comix

Sur fond jaune, cette affiche représente trois personnes en moto et en side-car surmontées par une pyramide humaine. Le dessin est signé Anita Comix, un studio de production graphique qui regroupait le trio de dessinateurs Farid Boudjellal, Roland Monpierre et José Jover. L’affiche a été réalisée en 1984 à l’occasion de « Convergence 84 pour l’égalité », une marche qui fait suite à celle la « Marche pour l’égalité et contre le racisme » partie de Marseille en octobre 1983 et qui s’est achevée à Paris le 3 décembre où elle réunit près 100 000 personnes. Le slogan était : « La France c’est comme une mobylette, pour avancer, il lui faut du mélange ». Il s’agissait d’effectuer une traversée de la France en mobylette, les marcheurs devenant des « rouleurs », pour revendiquer l’égalité des droits et le droit à la différence pour les populations immigrées. Cinq trajets, représentant une « communauté », ont ainsi convergé vers Paris, qui voit défiler environ 30.000 personnes le 1er décembre 1984.

Dans son article paru dans le dernier numéro de Migrance (n°41), Mark MacKinney montre de quelle manière les dessinateurs issus de l’immigration ont contribué à la Marche pour l’égalité et contre le racisme et à Convergence 84 et ont ainsi produit une « contre-bande-dessinée » française, dans un contexte qui voit converger militantisme politique et expression culturelle des populations immigrées en France. Selon ce chercheur, on assiste en effet durant cette période à une « reconfiguration de la forme et du champ artistique par des individus venant du groupe (post)coloniaux », alors que jusqu’ici le champ de la bande-dessinée était dominé par des dessinateurs d’origine européenne.

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» Exposition : « Albums - Bande dessinée et immigration. 1913-2013 »

» MCKINNEY Mark, « La Marche de 1983 et Convergence 84 chez les dessinateurs de bande dessinée issus de l’immigration, ou la contre-bande dessinée », in Migrance, n°41, 2013, pp.111-121

Lounès Matoub
Cette affiche annonce deux concerts donnés par l’artiste kabyle Lounès Matoub au Zénith en 1995. Né le 24 janvier 1956 à Taourirt Moussa, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, en Algérie, et communément appelé Matoub Lounès, Lounès Matoub était un chanteur, auteur et compositeur algérien. Fervent militant de la cause identitaire berbère dans son pays d’origine, il a joué un rôle considérable dans la revendication et la popularisation de la culture amazigh.
A l’age de neuf ans, Lounès Matoub fabrique sa première guitare à partir d’un bidon d’huile de moteur vide et compose ses premières chansons durant l’adolescence. Sa prise de conscience identitaire et culturelle débute très tôt, en 1963-1964, lors de la confrontation armée entre les forces gouvernementales et le Front des Forces Socialistes (FFS) d’Hocine Aït-Ahmed, majoritairement implanté en Kabylie. Le jeune artiste s’oppose par la suite à la politique d’arabisation dans le système éducatif au détriment du berbère mise en place en 1968. Tout au long de sa vie, la carrière artistique de Matoub fut indissociable de son combat politique.
C’est en 1978 qu’il débarque en France. Aussitôt arrivé à Paris, il se produit dans les cafés fréquentés par la communauté émigrée kabyle où il fait la rencontre du chanteur Idir. Ce dernier l’aide à enregistrer son premier album, Ay Izem, qui remporte un vif succès. Idir invite Lounès Matoub à chanter en compagnie d’autres chanteurs au palais de la Mutualité lors d’un grand récital intitulé « La nouvelle chanson berbère ». Au cours de ce concert, Lounès Matoub fait la connaissance de deux grands noms de la chanson kabyle : Slimane Azem et Hnifa. En avril 1980, alors que la Kabylie est en pleine effervescence durant ce que l’on appelle dorénavant le « Printemps berbère », Lounès Matoub se produit à l’Olympia, dans une salle comble, et monte alors sur scène habillé d’une tenue militaire, en soutien aux manifestants kabyles.
Le 25 juin 1998, Lounès Matoub est assassiné à quelques kilomètres de son village natal. Les funérailles du chanteur drainent des centaines de milliers de personnes et toute la région connaît plusieurs semaines d’émeutes.

Lounès Matoub

Cette affiche annonce deux concerts donnés par l’artiste kabyle Lounès Matoub au Zénith en 1995. Né le 24 janvier 1956 à Taourirt Moussa, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, en Algérie, et communément appelé Matoub Lounès, Lounès Matoub était un chanteur, auteur et compositeur algérien. Fervent militant de la cause identitaire berbère dans son pays d’origine, il a joué un rôle considérable dans la revendication et la popularisation de la culture amazigh.

A l’age de neuf ans, Lounès Matoub fabrique sa première guitare à partir d’un bidon d’huile de moteur vide et compose ses premières chansons durant l’adolescence. Sa prise de conscience identitaire et culturelle débute très tôt, en 1963-1964, lors de la confrontation armée entre les forces gouvernementales et le Front des Forces Socialistes (FFS) d’Hocine Aït-Ahmed, majoritairement implanté en Kabylie. Le jeune artiste s’oppose par la suite à la politique d’arabisation dans le système éducatif au détriment du berbère mise en place en 1968. Tout au long de sa vie, la carrière artistique de Matoub fut indissociable de son combat politique.

C’est en 1978 qu’il débarque en France. Aussitôt arrivé à Paris, il se produit dans les cafés fréquentés par la communauté émigrée kabyle où il fait la rencontre du chanteur Idir. Ce dernier l’aide à enregistrer son premier album, Ay Izem, qui remporte un vif succès. Idir invite Lounès Matoub à chanter en compagnie d’autres chanteurs au palais de la Mutualité lors d’un grand récital intitulé « La nouvelle chanson berbère ». Au cours de ce concert, Lounès Matoub fait la connaissance de deux grands noms de la chanson kabyle : Slimane Azem et Hnifa. En avril 1980, alors que la Kabylie est en pleine effervescence durant ce que l’on appelle dorénavant le « Printemps berbère », Lounès Matoub se produit à l’Olympia, dans une salle comble, et monte alors sur scène habillé d’une tenue militaire, en soutien aux manifestants kabyles.

Le 25 juin 1998, Lounès Matoub est assassiné à quelques kilomètres de son village natal. Les funérailles du chanteur drainent des centaines de milliers de personnes et toute la région connaît plusieurs semaines d’émeutes.

L’affaire Cesare Battisti
Cette affiche, représentant une série de dessins d’humoristes (Tardi, Charb, David B., etc.), a été réalisée en 2004 à l’occasion de l’ « affaire Battisti », à la suite de la décision d’extradition de ce dernier vers l’Italie. Réalisée par le Comité de soutien aux réfugiés italiens, elle exprime une solidarité plus générale envers l’ensemble des réfugiés italiens en France, nombreux au cours des années 1980 marquées par des luttes politiques violentes.
Cesare Battisti, ancien responsable du groupuscule des « Prolétaires armés pour le communisme » (PAC) en Italie, a été arrêté dans son pays en 1979. Condamné à douze ans de prison, il s’évade en 1981. Après un passage par le Mexique, il trouve refuge en France en 1990. Un an après son installation dans l’Hexagone, il est arrêté à la demande de l’Italie mais la cour d’appel de Paris rejette la demande d’extradition. En 1993, il est de nouveau condamné par contumace à la réclusion à perpétuité pour quatre meurtres et complicité de meurtres commis en 1978 et 1979, crimes dont il se dit innocent.
Suite à une nouvelle demande de l’Italie, Cesare Battisti, devenu écrivain de romans policiers et détenteur de la carte de séjour de dix ans, est arrêté le 10 février 2004 à Paris pour être extradé. Cette affaire suscite une vive polémique en Italie et en France. L’ancien militant reçoit alors le soutien d’une partie de la gauche et l’extrême gauche française : la romancière Fred Vargas, l’Abbé Pierre, le philosophe Bernard-Henri Lévy ou encore le chanteur Georges Moustaki. La même année, il prendra la fuite pour se réfugier au Brésil où il sera arrêté en 2007 avant d’être libéré en 2011.

L’affaire Cesare Battisti

Cette affiche, représentant une série de dessins d’humoristes (Tardi, Charb, David B., etc.), a été réalisée en 2004 à l’occasion de l’ « affaire Battisti », à la suite de la décision d’extradition de ce dernier vers l’Italie. Réalisée par le Comité de soutien aux réfugiés italiens, elle exprime une solidarité plus générale envers l’ensemble des réfugiés italiens en France, nombreux au cours des années 1980 marquées par des luttes politiques violentes.

Cesare Battisti, ancien responsable du groupuscule des « Prolétaires armés pour le communisme » (PAC) en Italie, a été arrêté dans son pays en 1979. Condamné à douze ans de prison, il s’évade en 1981. Après un passage par le Mexique, il trouve refuge en France en 1990. Un an après son installation dans l’Hexagone, il est arrêté à la demande de l’Italie mais la cour d’appel de Paris rejette la demande d’extradition. En 1993, il est de nouveau condamné par contumace à la réclusion à perpétuité pour quatre meurtres et complicité de meurtres commis en 1978 et 1979, crimes dont il se dit innocent.

Suite à une nouvelle demande de l’Italie, Cesare Battisti, devenu écrivain de romans policiers et détenteur de la carte de séjour de dix ans, est arrêté le 10 février 2004 à Paris pour être extradé. Cette affaire suscite une vive polémique en Italie et en France. L’ancien militant reçoit alors le soutien d’une partie de la gauche et l’extrême gauche française : la romancière Fred Vargas, l’Abbé Pierre, le philosophe Bernard-Henri Lévy ou encore le chanteur Georges Moustaki. La même année, il prendra la fuite pour se réfugier au Brésil où il sera arrêté en 2007 avant d’être libéré en 2011.

La Marche pour l’égalité des droits et contre le racisme de 1983
La Marche pour l’égalité des droits et contre le racisme de 1983 a mis sur le devant de la scène publique la « deuxième génération » issue de l’immigration maghrébine.
La fin des années 1970 et le début des années 1980 sont dominés par un climat parfois hostile vis-à-vis des populations immigrées, maghrébines essentiellement mais pas uniquement (crimes racistes, affrontements de jeunes des quartiers avec les forces de l’ordre, expulsions, durcissement des conditions d ‘entrée sur le territoire et de séjour, avènement du Front national…). C’est dans ce contexte que quelques jeunes du quartier des Minguettes à Vénissieux entament au printemps 1983 une grève de la faim pour protester contre les violences policières dont ils sont victimes. Parmi ces jeunes il y a Toumi Djaïdja, président de la jeune association SOS Avenir Minguettes créée à l’occasion de cette grève de la faim. En juin 1983, il est victime d’un tir policier qui le blesse au ventre. En réaction à cet acte et afin d’endiguer la spirale de la violence entre les forces de l’ordre et les jeunes des Minguettes, naît l’idée d’une manifestation non violente s’inspirant des marches de Gandhi et de Martin Luther King. Ce sera la première marche pour l’égalité des droits et contre le racisme
Soutenue par des associations, elle part dans indifférence quasi-générale le 15 octobre 1983 de Marseille. Elle se termine le 3 décembre à Paris où elle réunit près 100 000 personnes. Revendiquant leur appartenance à la société française, les marcheurs demandent le droit à l’égalité et à la justice ainsi que la fin des violences racistes. Ils seront aussi reçus à l’Élysée par François Mitterrand le soir du 3 décembre.
La Marche revêt une importance historique de part sa dimension « auto-affirmationelle ». « Premier moment d’expression de cette deuxième génération de l’immigration post-­coloniale », selon le sociologue Saïd Bouamama, elle a permis à la société française, d’après Ahmed Boubeker, « de prendre conscience de sa dimension multiculturelle ».

La Marche pour l’égalité des droits et contre le racisme de 1983

La Marche pour l’égalité des droits et contre le racisme de 1983 a mis sur le devant de la scène publique la « deuxième génération » issue de l’immigration maghrébine.

La fin des années 1970 et le début des années 1980 sont dominés par un climat parfois hostile vis-à-vis des populations immigrées, maghrébines essentiellement mais pas uniquement (crimes racistes, affrontements de jeunes des quartiers avec les forces de l’ordre, expulsions, durcissement des conditions d ‘entrée sur le territoire et de séjour, avènement du Front national…). C’est dans ce contexte que quelques jeunes du quartier des Minguettes à Vénissieux entament au printemps 1983 une grève de la faim pour protester contre les violences policières dont ils sont victimes. Parmi ces jeunes il y a Toumi Djaïdja, président de la jeune association SOS Avenir Minguettes créée à l’occasion de cette grève de la faim. En juin 1983, il est victime d’un tir policier qui le blesse au ventre. En réaction à cet acte et afin d’endiguer la spirale de la violence entre les forces de l’ordre et les jeunes des Minguettes, naît l’idée d’une manifestation non violente s’inspirant des marches de Gandhi et de Martin Luther King. Ce sera la première marche pour l’égalité des droits et contre le racisme

Soutenue par des associations, elle part dans indifférence quasi-générale le 15 octobre 1983 de Marseille. Elle se termine le 3 décembre à Paris où elle réunit près 100 000 personnes. Revendiquant leur appartenance à la société française, les marcheurs demandent le droit à l’égalité et à la justice ainsi que la fin des violences racistes. Ils seront aussi reçus à l’Élysée par François Mitterrand le soir du 3 décembre.

La Marche revêt une importance historique de part sa dimension « auto-affirmationelle ». « Premier moment d’expression de cette deuxième génération de l’immigration post-­coloniale », selon le sociologue Saïd Bouamama, elle a permis à la société française, d’après Ahmed Boubeker, « de prendre conscience de sa dimension multiculturelle ».

Le théâtre portugais en France : Festival de teatro
Cette affiche dont le dessin représente une tête de méduse, reproduction d’un détail de vase conservé au British Museum, fait partie d’une série d’affiches reçues ou collectées par la Coordination des collectivités portugaises en France (CCPF) et qui annoncent, pour la plupart, des manifestations à caractère culturel organisées par la CCPF ou des associations membres. Ce collectif a été créé en 1982 dans le but de fédérer les associations portugaises en France et regroupe aujourd’hui près de 200 associations.
Le théâtre a été une des manifestations artistiques du mouvement associatif portugais en France à partir des années 1970. Le « théâtre de l’immigration », qui met l’accent à la fois sur les conditions de vies des travailleurs immigrés et sur leurs luttes, prend en effet son essor à cette époque. Plusieurs associations portugaises, comme l’Association culturelle et récréative de Fontenay-sous-Bois ou encore l’Association culturelle luso-française de Paris, ont ainsi rapidement créé leur propre groupe de théâtre. Néanmoins, ces compagnies de l’immigration ne duraient pas longtemps, rarement au-delà de trois ans.
Si dans les premières représentations, ces groupes mettaient en scène des pièces proches de celles qui étaient jouées dans les villages d’origine des immigrés, quelques immigrés portugais se sont peu à peu mis à écrire des sketchs ou des pièces qui prenaient pour thème l’immigration. On peut citer notamment la pièce en trois actes O Emigrante écrite en 1976 par le groupe de théâtre de Passy à Paris. Ou encore la pièce intitulée Dans la salle d’attente mise en scène par la troupe de l’association Encontro Português en 1973 et qui relate les obstacles rencontrés par les immigrés dans leur insertion à la société française. La scène immigrée pouvait également constituer un espace de contestation politique du régime en place au Portugal.

Pour aller plus loin :
Escafré-Dublet Angéline, “Les cultures immigrées sont-elles solubles dans les cultures populaires ?”, in Mouvements, n°57, 1/2009, pp.89-96

Le théâtre portugais en France : Festival de teatro

Cette affiche dont le dessin représente une tête de méduse, reproduction d’un détail de vase conservé au British Museum, fait partie d’une série d’affiches reçues ou collectées par la Coordination des collectivités portugaises en France (CCPF) et qui annoncent, pour la plupart, des manifestations à caractère culturel organisées par la CCPF ou des associations membres. Ce collectif a été créé en 1982 dans le but de fédérer les associations portugaises en France et regroupe aujourd’hui près de 200 associations.

Le théâtre a été une des manifestations artistiques du mouvement associatif portugais en France à partir des années 1970. Le « théâtre de l’immigration », qui met l’accent à la fois sur les conditions de vies des travailleurs immigrés et sur leurs luttes, prend en effet son essor à cette époque. Plusieurs associations portugaises, comme l’Association culturelle et récréative de Fontenay-sous-Bois ou encore l’Association culturelle luso-française de Paris, ont ainsi rapidement créé leur propre groupe de théâtre. Néanmoins, ces compagnies de l’immigration ne duraient pas longtemps, rarement au-delà de trois ans.

Si dans les premières représentations, ces groupes mettaient en scène des pièces proches de celles qui étaient jouées dans les villages d’origine des immigrés, quelques immigrés portugais se sont peu à peu mis à écrire des sketchs ou des pièces qui prenaient pour thème l’immigration. On peut citer notamment la pièce en trois actes O Emigrante écrite en 1976 par le groupe de théâtre de Passy à Paris. Ou encore la pièce intitulée Dans la salle d’attente mise en scène par la troupe de l’association Encontro Português en 1973 et qui relate les obstacles rencontrés par les immigrés dans leur insertion à la société française. La scène immigrée pouvait également constituer un espace de contestation politique du régime en place au Portugal.

Pour aller plus loin :

Escafré-Dublet Angéline, “Les cultures immigrées sont-elles solubles dans les cultures populaires ?”, in Mouvements, n°57, 1/2009, pp.89-96