Le “million Stoléru”
Cette affiche datant de 1977 appelle à une manifestation contre les mesures dites “Stoléru”. Secrétaire d’Etat auprès du ministre du travail, chargé de la condition des travailleurs manuels sous le gouvernement Jacques Chirac en 1976, puis chargé des travailleurs manuels et immigrés sous le gouvernement de Raymond Barre (1978-1981), Lionel Stoléru est l’homme de la politique des retours, s’inspirant au départ de l’exemple allemand.
Dans cette fin des années 1970, où le chômage dépasse le cap symbolique du million de personnes, les regards changent sur la crise et sur l’immigration. Réduire la présence des immigrés en France apparaît comme le moyen d’enrayer l’aggravation du chômage, reprenant ainsi la vieille équation : trop de chômeurs = trop d’immigrés. Dans la foulée de la suspension de l’immigration de travail en 1974, est proposée en 1977, le dispositif d’aide au retour volontaire assorti d’une subvention de 10 000 francs par personne -ou “million Stoléru”. 
La manifestation, organisée à l’initiative de diverses associations, collectifs (comme le Comité de coordination des foyers Sonacotra ou le MTA, Mouvement  des travailleurs arabes) et partis politiques, demande l’abrogation de cette mesure ainsi que d’autres présentes dans le décret du 10 novembre 1977 (comme l’arrêt pour trois ans de l’immigration familiale), et réaffirme comme le montre le slogan en bas de l’affiche “Français-immigrés, une seule classe ouvrière”.
Le projet dénoncé au sein même des institutions républicaines (Conseil d’Etat, Assemblée nationale), par des hommes de gauche comme de droite, est finalement abandonné en 1978. L’échec de cette mesure aboutit à un programme de retours autoritaires de 500 000 migrants sur cinq ans, visant plus particulièrement les Algériens.

Le “million Stoléru”

Cette affiche datant de 1977 appelle à une manifestation contre les mesures dites “Stoléru”. Secrétaire d’Etat auprès du ministre du travail, chargé de la condition des travailleurs manuels sous le gouvernement Jacques Chirac en 1976, puis chargé des travailleurs manuels et immigrés sous le gouvernement de Raymond Barre (1978-1981), Lionel Stoléru est l’homme de la politique des retours, s’inspirant au départ de l’exemple allemand.

Dans cette fin des années 1970, où le chômage dépasse le cap symbolique du million de personnes, les regards changent sur la crise et sur l’immigration. Réduire la présence des immigrés en France apparaît comme le moyen d’enrayer l’aggravation du chômage, reprenant ainsi la vieille équation : trop de chômeurs = trop d’immigrés. Dans la foulée de la suspension de l’immigration de travail en 1974, est proposée en 1977, le dispositif d’aide au retour volontaire assorti d’une subvention de 10 000 francs par personne -ou “million Stoléru”. 

La manifestation, organisée à l’initiative de diverses associations, collectifs (comme le Comité de coordination des foyers Sonacotra ou le MTA, Mouvement  des travailleurs arabes) et partis politiques, demande l’abrogation de cette mesure ainsi que d’autres présentes dans le décret du 10 novembre 1977 (comme l’arrêt pour trois ans de l’immigration familiale), et réaffirme comme le montre le slogan en bas de l’affiche “Français-immigrés, une seule classe ouvrière”.

Le projet dénoncé au sein même des institutions républicaines (Conseil d’Etat, Assemblée nationale), par des hommes de gauche comme de droite, est finalement abandonné en 1978. L’échec de cette mesure aboutit à un programme de retours autoritaires de 500 000 migrants sur cinq ans, visant plus particulièrement les Algériens.

« Chili, 14 ans de terreur »La silhouette du général Augusto Pinochet occupe la majorité de cette affiche en noir et blanc datant de 1987 et dont la source est inconnue. Un arrière plan est constitué par une foule manifestant avec des slogans tels « Pan, trabajo et libertad abajo a la dictadura » (Pain, travail et liberté à bas la dictature), « Dictadura de los patrones hambre para el pueblo » (Dictature du patronat/ faim pour le peuple) ou encore « Unamos nuestras fuerzas preparemos la resistencia » (Unissons nos forces préparons la résistance ». La silhouette se fissure et éclate symbolisant la fin du régime, annoncée par le sous-titre « Bientôt la fin ».Titrée « Chili, 14 ans de terreur », cette affiche témoigne de la mobilisation en France pour les droits de l’homme et le rétablissement de la démocratie au Chili. L’Unité populaire, alliance des partis socialiste et communiste chiliens ainsi qu’une partie de la gauche chrétienne, cherchait à instaurer une transition démocratique vers le socialisme sous la présidence de Salvador Allende. Le 11 septembre 1973,  un coup d’État militaire a mis un terme à ce projet et une répression brutale a été instaurée. Le Chili vivra sous la coupe de ce régime pendant près de 17 ans. Les lettres de sang sur l’affiche pour indiquer le nombre d’années de dictature déjà écoulées rappellent que le régime a, selon les estimations des différentes commissions « vérité et réconciliation », fait près de 40 000 victimes sur la période 1973-1989 (disparitions, assassinats, tortures, viols).De nombreux Chiliens sont contraints à l’exil durant cette période de dictature. Le gouvernement français, dès octobre 1973, met en place une coordination comprenant différents ministères, une représentante du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) ainsi que des associations afin de gérer cet accueil. La Cimade et France Terre d’Asile s’occuperont notamment de l’accueil matériel des exilés. Les estimations varient mais plusieurs milliers de personnes (pour certains jusqu’à 15 000) seront ainsi accueillies en France en provenance du Chili.En savoir plus :- « L’exil chilien en France », Hommes et migrations, numéro 1305, 1er trimestre 2014-Musée de la résistance et de la déportation de l’Isère-Maison des droits de l’homme, Exilados, Le refuge chilien en Isère 1973-2013, 2013- Les exilés chiliens approche sociologique, dossier thématique du Musée de l’histoire de l’immigration

« Chili, 14 ans de terreur »

La silhouette du général Augusto Pinochet occupe la majorité de cette affiche en noir et blanc datant de 1987 et dont la source est inconnue. Un arrière plan est constitué par une foule manifestant avec des slogans tels « Pan, trabajo et libertad abajo a la dictadura » (Pain, travail et liberté à bas la dictature), « Dictadura de los patrones hambre para el pueblo » (Dictature du patronat/ faim pour le peuple) ou encore « Unamos nuestras fuerzas preparemos la resistencia » (Unissons nos forces préparons la résistance ». La silhouette se fissure et éclate symbolisant la fin du régime, annoncée par le sous-titre « Bientôt la fin ».

Titrée « Chili, 14 ans de terreur », cette affiche témoigne de la mobilisation en France pour les droits de l’homme et le rétablissement de la démocratie au Chili. L’Unité populaire, alliance des partis socialiste et communiste chiliens ainsi qu’une partie de la gauche chrétienne, cherchait à instaurer une transition démocratique vers le socialisme sous la présidence de Salvador Allende. Le 11 septembre 1973,  un coup d’État militaire a mis un terme à ce projet et une répression brutale a été instaurée. Le Chili vivra sous la coupe de ce régime pendant près de 17 ans. Les lettres de sang sur l’affiche pour indiquer le nombre d’années de dictature déjà écoulées rappellent que le régime a, selon les estimations des différentes commissions « vérité et réconciliation », fait près de 40 000 victimes sur la période 1973-1989 (disparitions, assassinats, tortures, viols).

De nombreux Chiliens sont contraints à l’exil durant cette période de dictature. Le gouvernement français, dès octobre 1973, met en place une coordination comprenant différents ministères, une représentante du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) ainsi que des associations afin de gérer cet accueil. La Cimade et France Terre d’Asile s’occuperont notamment de l’accueil matériel des exilés. Les estimations varient mais plusieurs milliers de personnes (pour certains jusqu’à 15 000) seront ainsi accueillies en France en provenance du Chili.

En savoir plus :
- « L’exil chilien en France », Hommes et migrations, numéro 1305, 1er trimestre 2014
-Musée de la résistance et de la déportation de l’Isère-Maison des droits de l’homme, Exilados, Le refuge chilien en Isère 1973-2013, 2013
- Les exilés chiliens approche sociologique, dossier thématique du Musée de l’histoire de l’immigration

Le printemps des peuples présentsCette affiche présente les productions de la compagnie Le Théâtre noir lors du printemps des peuples présents, initiative culturelle organisée en 1976 afin de présenter des créations issues des cultures de l’immigration en France.D’après Droit et justice, le magazine du Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix (MRAP) d’avril 1976, l’objectif de cette manifestation est double : elle « permettra aux étrangers qui vivent parmi nous de retrouver un peu le monde culturel d’où ils viennent et dont ils sont malheureusement sevrés ; elle sera également l’occasion pour les Français qui vivent et travaillent à côté d’eux, de découvrir les richesses qu’ils méconnaissent généralement ».Différentes troupes ont été invitées à se produire dans le cadre de ce festival et notamment Le Théâtre noir de l’Antillais Benjamin Jules Rosette sur les planches du Nouveau carré de Silvia Monfort. Celle-ci met à l’honneur la création d’auteurs noirs, des Caraïbes, d’Afrique ou de la diaspora.La compagnie présente, à l’occasion du printemps des peuples présents, trois œuvres : A la rencontre du petit matin, une création basée sur des textes d’Aimé Césaire et de l’écrivain sénégalais Hamidou Kané, Gouverneur de la rosée de l’Haïtien Jacques Roumain et Feux de brousse création à partir de l’œuvre éponyme de l’écrivain congolais Tchicaya U-Tamsi.Comme l’explique Angéline Escafré-Dublet dans Immigration et politiques culturelles, le printemps des peuples présents s’inscrit dans l’action de l’Office de promotion culturelle des immigrés, association créée en 1975 à l’initiative du secrétariat d’État aux travailleurs immigrés et présidée par le diplomate Stéphane Hessel. La création de cette structure est un gage donné au pays d’origine des immigrés en compensation du durcissement de la politique d’immigration. Elle est également pensée comme un moyen de promouvoir le retour des immigrés en leur permettant de conserver un lien avec leur pays d’origine.En savoir plus :- Droit et justice, magazine du Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix (M.R.A.P.), avril 1976, p18- Angéline Escafré-Dublet, Immigration et politiques culturelles, La documentation Française, 2014

Le printemps des peuples présents

Cette affiche présente les productions de la compagnie Le Théâtre noir lors du printemps des peuples présents, initiative culturelle organisée en 1976 afin de présenter des créations issues des cultures de l’immigration en France.

D’après Droit et justice, le magazine du Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix (MRAP) d’avril 1976, l’objectif de cette manifestation est double : elle « permettra aux étrangers qui vivent parmi nous de retrouver un peu le monde culturel d’où ils viennent et dont ils sont malheureusement sevrés ; elle sera également l’occasion pour les Français qui vivent et travaillent à côté d’eux, de découvrir les richesses qu’ils méconnaissent généralement ».

Différentes troupes ont été invitées à se produire dans le cadre de ce festival et notamment Le Théâtre noir de l’Antillais Benjamin Jules Rosette sur les planches du Nouveau carré de Silvia Monfort. Celle-ci met à l’honneur la création d’auteurs noirs, des Caraïbes, d’Afrique ou de la diaspora.

La compagnie présente, à l’occasion du printemps des peuples présents, trois œuvres : A la rencontre du petit matin, une création basée sur des textes d’Aimé Césaire et de l’écrivain sénégalais Hamidou Kané, Gouverneur de la rosée de l’Haïtien Jacques Roumain et Feux de brousse création à partir de l’œuvre éponyme de l’écrivain congolais Tchicaya U-Tamsi.

Comme l’explique Angéline Escafré-Dublet dans Immigration et politiques culturelles, le printemps des peuples présents s’inscrit dans l’action de l’Office de promotion culturelle des immigrés, association créée en 1975 à l’initiative du secrétariat d’État aux travailleurs immigrés et présidée par le diplomate Stéphane Hessel. La création de cette structure est un gage donné au pays d’origine des immigrés en compensation du durcissement de la politique d’immigration. Elle est également pensée comme un moyen de promouvoir le retour des immigrés en leur permettant de conserver un lien avec leur pays d’origine.

En savoir plus :
- Droit et justice, magazine du Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix (M.R.A.P.), avril 1976, p18
- Angéline Escafré-Dublet, Immigration et politiques culturelles, La documentation Française, 2014

Herejias, revue de femmes latino-américainesCette affiche présente Herejias (Hérésies en espagnol), revue des femmes latino-américaines, publiée de mai 1979 à mars 1980 par le groupe des femmes latino-américaines à Paris.Sur fond rouge, une silhouette jaune se détache complétée par un symbole de sexe féminin. Cette illustration réaffirme le caractère féministe du groupe crée en 1977. Le nom de la revue, hérésies en espagnol, rappelle lui la volonté transgressive et militante du collectif de femmes. En effet, durant les années 1970, plusieurs collectifs informels se créent parmi les femmes immigrées, le plus souvent sur une base géographique, afin de lutter tant pour la démocratie dans leurs pays d’origine que leurs droits en France, et ces mouvements ont produit diverses publications au fil de leurs activités.Ainsi, outre Herejias le groupe des femmes latino-américaines publie Mujeres latinoamericanes et le groupe latino-américain des femmes (créé en 1972), Nosotras, un bulletin mensuel en espagnol et en portugais de janvier 1974 à l’été 1976.Ces groupes de femmes originaires d’Amérique latine, constitués d’exilées politiques, d’étudiantes et d’intellectuelles, s’engagent dans une double dimension : en priorité vis à vis de la situation dans les pays d’origine en proie à des régimes dictatoriaux ou autoritaires mais aussi à travers des réflexions plus larges sur les rapports femmes-hommes dans les sphères publique et privée.En savoir plus :- Claudie Lesselier, « Mouvements de femmes de l’immigration en France du début des années 1970 au début des années 1980 » dans Philippe Rygiel, Politique et administration du genre en migration, Mondes atlantiques, XIXe-XXe siècles, Publibook, 2011- « Femmes de l’immigration pour l’égalité et contre les discriminations, 1970-1996 », exposition virtuelle créée par Génériques prochainement disponible sur le site de l’Institut culturel de Google.

Herejias, revue de femmes latino-américaines

Cette affiche présente Herejias (Hérésies en espagnol), revue des femmes latino-américaines, publiée de mai 1979 à mars 1980 par le groupe des femmes latino-américaines à Paris.

Sur fond rouge, une silhouette jaune se détache complétée par un symbole de sexe féminin. Cette illustration réaffirme le caractère féministe du groupe crée en 1977. Le nom de la revue, hérésies en espagnol, rappelle lui la volonté transgressive et militante du collectif de femmes.

En effet, durant les années 1970, plusieurs collectifs informels se créent parmi les femmes immigrées, le plus souvent sur une base géographique, afin de lutter tant pour la démocratie dans leurs pays d’origine que leurs droits en France, et ces mouvements ont produit diverses publications au fil de leurs activités.

Ainsi, outre Herejias le groupe des femmes latino-américaines publie Mujeres latinoamericanes et le groupe latino-américain des femmes (créé en 1972), Nosotras, un bulletin mensuel en espagnol et en portugais de janvier 1974 à l’été 1976.

Ces groupes de femmes originaires d’Amérique latine, constitués d’exilées politiques, d’étudiantes et d’intellectuelles, s’engagent dans une double dimension : en priorité vis à vis de la situation dans les pays d’origine en proie à des régimes dictatoriaux ou autoritaires mais aussi à travers des réflexions plus larges sur les rapports femmes-hommes dans les sphères publique et privée.

En savoir plus :
- Claudie Lesselier, « Mouvements de femmes de l’immigration en France du début des années 1970 au début des années 1980 » dans Philippe Rygiel, Politique et administration du genre en migration, Mondes atlantiques, XIXe-XXe siècles, Publibook, 2011
- « Femmes de l’immigration pour l’égalité et contre les discriminations, 1970-1996 », exposition virtuelle créée par Génériques prochainement disponible sur le site de l’Institut culturel de Google.

Le 5e festival culturel des travailleurs immigrésCette affiche présente le programme de la 5e édition du festival culturel des travailleurs immigrés qui s’est tenu du 15 mai au 5 juin 1982. Organisé par la Maison des travailleurs immigrés, structure de coordination d’associations d’immigrés, cet événement proposait des forums-débats, des projections et un gala culturel sur les thèmes de l’immigration et de la solidarité internationale.Le fond de l’affiche laisse apparaître en transparence une photographie de manifestation qui témoigne du caractère revendicatif du festival culturel. Plusieurs forums-débats sont en effet organisés sur le thème de l’immigration : la ségrégation dans le logement pour les immigrés ( 22 mai), la régularisation des sans-papiers (23 mai), la formation (27 mai) ainsi que les droits politiques des immigrés (28 mai).La question des femmes immigrées est évoquée par l’organisation d’un colloque le 30 mai 1982. Le programme de l’événement le présente ainsi : « Nous, femmes immigrées, avons pris l’initiative d’organiser une journée sur la femme dans l’immigration, cette journée sera consacrée à l’analyse des difficultés dans lesquelles les femmes se débattent : l’emploi, le logement, la santé, le regroupement familial, les pays d’origine, etc… »Si le festival s’intéresse à la condition des immigrés en France, la solidarité internationale est également à l’honneur avec trois soirées consacrées à la Palestine, à l’Afrique australe (Namibie, Afrique du Sud) ainsi qu’à l’Amérique centrale (Nicaragua, Salvador, Guatemala). Chaque soirée propose une exposition photographique et voit des représentants d’organisations de la zone concernée intervenir (comme l’Organisation de libération de la Palestine – OLP ou du Congrès national africain - ANC) puis se tient une projection-débat.Le cinéma est partie prenante de ce festival avec le cinéma non-stop qui se tient du 15 au 26 mai en proposant chaque jour deux films et trois séances à 16h, 18h et 20h. Le festival s’achève le 5 juin par un gala culturel organisé à l’hippodrome de Paris. Participation de mouvement de libération de différents pays ainsi que chants, musique et folklore sont au programme de cet événement.Cette affiche témoigne ainsi des thèmes et dynamiques qui traversent l’immigration en ce début des années 1980, entre les nécessaires mobilisations concernant le quotidien de ces familles en France, et leur engagement sur des questions internationales.

Le 5e festival culturel des travailleurs immigrés

Cette affiche présente le programme de la 5e édition du festival culturel des travailleurs immigrés qui s’est tenu du 15 mai au 5 juin 1982. Organisé par la Maison des travailleurs immigrés, structure de coordination d’associations d’immigrés, cet événement proposait des forums-débats, des projections et un gala culturel sur les thèmes de l’immigration et de la solidarité internationale.

Le fond de l’affiche laisse apparaître en transparence une photographie de manifestation qui témoigne du caractère revendicatif du festival culturel. Plusieurs forums-débats sont en effet organisés sur le thème de l’immigration : la ségrégation dans le logement pour les immigrés ( 22 mai), la régularisation des sans-papiers (23 mai), la formation (27 mai) ainsi que les droits politiques des immigrés (28 mai).

La question des femmes immigrées est évoquée par l’organisation d’un colloque le 30 mai 1982. Le programme de l’événement le présente ainsi : « Nous, femmes immigrées, avons pris l’initiative d’organiser une journée sur la femme dans l’immigration, cette journée sera consacrée à l’analyse des difficultés dans lesquelles les femmes se débattent : l’emploi, le logement, la santé, le regroupement familial, les pays d’origine, etc… »

Si le festival s’intéresse à la condition des immigrés en France, la solidarité internationale est également à l’honneur avec trois soirées consacrées à la Palestine, à l’Afrique australe (Namibie, Afrique du Sud) ainsi qu’à l’Amérique centrale (Nicaragua, Salvador, Guatemala). Chaque soirée propose une exposition photographique et voit des représentants d’organisations de la zone concernée intervenir (comme l’Organisation de libération de la Palestine – OLP ou du Congrès national africain - ANC) puis se tient une projection-débat.

Le cinéma est partie prenante de ce festival avec le cinéma non-stop qui se tient du 15 au 26 mai en proposant chaque jour deux films et trois séances à 16h, 18h et 20h. Le festival s’achève le 5 juin par un gala culturel organisé à l’hippodrome de Paris. Participation de mouvement de libération de différents pays ainsi que chants, musique et folklore sont au programme de cet événement.

Cette affiche témoigne ainsi des thèmes et dynamiques qui traversent l’immigration en ce début des années 1980, entre les nécessaires mobilisations concernant le quotidien de ces familles en France, et leur engagement sur des questions internationales.

« Les émigrés parlent du 25 avril »Le lundi 24 avril 1978,  la radio libre Radio 93 consacrait une émission à la parole des émigrés portugais sur le soulèvement du Mouvement des forces armées (MFA), événement plus connu sous le nom de Révolution des Œillets. Quatre ans plus tôt, ce coup d’état militaire du 25 avril 1974 avait entraîné la chute du régime salazariste au Portugal, alors plus ancienne dictature d’extrême-droite en Europe.Sur cette affiche de promotion de l’émission,  plusieurs iconographies reviennent sur cet événement marquant de l’histoire du Portugal en proposant des silhouettes et des images de foules, le cliché d’une vieille dame devant un graffiti « fascismo nunca mais ! » ( Le fascisme plus jamais!) ainsi que des figures de ce soulèvement comme le capitaine Ramalho Eanes (portant des lunettes de soleil) ainsi que le général Costa Gomes (à gauche d’Eanes).L’inscription en rouge « os emigrantes falam do 25 Abril » (les émigrés parlent du 25 avril) barre le haut de l’affiche et annonce l’émission donnant la parole aux émigrés portugais sur les ondes de Radio 93. Cette radio qui émet du 4, rue de Lanne à la Plaine Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) invite les auditeurs à venir témoigner sur place ou par téléphone à partir de 20h30. Cet exemple d’antenne ouverte aux auditeurs témoigne du fort retentissement qu’a connu l’événement dans l’importante communauté portugaise en France. En effet, alors que l’on comptait 50 000 immigrés portugais en France au début des années 1960, les dernières années du régime salazariste ont vu croître considérablement leur effectif: au moment de la Révolution des Œillets, les immigrés portugais sont 750 000 en France, venus pour la plupart illégalement et en traversant trois pays et deux frontières (« a salto » ), et ils représentent alors l’immigration la plus nombreuse de l’Hexagone (dont près de la moitié d’entre eux sont installés en région parisienne). En savoir plus :
Marie-Christine Volovitch-Tavarès, Les phases de l’immigration portugaise, des années vingt aux années soixante-dix, mars 2001

« Les émigrés parlent du 25 avril »

Le lundi 24 avril 1978,  la radio libre Radio 93 consacrait une émission à la parole des émigrés portugais sur le soulèvement du Mouvement des forces armées (MFA), événement plus connu sous le nom de Révolution des Œillets. Quatre ans plus tôt, ce coup d’état militaire du 25 avril 1974 avait entraîné la chute du régime salazariste au Portugal, alors plus ancienne dictature d’extrême-droite en Europe.

Sur cette affiche de promotion de l’émission,  plusieurs iconographies reviennent sur cet événement marquant de l’histoire du Portugal en proposant des silhouettes et des images de foules, le cliché d’une vieille dame devant un graffiti « fascismo nunca mais ! » ( Le fascisme plus jamais!) ainsi que des figures de ce soulèvement comme le capitaine Ramalho Eanes (portant des lunettes de soleil) ainsi que le général Costa Gomes (à gauche d’Eanes).

L’inscription en rouge « os emigrantes falam do 25 Abril » (les émigrés parlent du 25 avril) barre le haut de l’affiche et annonce l’émission donnant la parole aux émigrés portugais sur les ondes de Radio 93. Cette radio qui émet du 4, rue de Lanne à la Plaine Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) invite les auditeurs à venir témoigner sur place ou par téléphone à partir de 20h30.

Cet exemple d’antenne ouverte aux auditeurs témoigne du fort retentissement qu’a connu l’événement dans l’importante communauté portugaise en France. En effet, alors que l’on comptait 50 000 immigrés portugais en France au début des années 1960, les dernières années du régime salazariste ont vu croître considérablement leur effectif: au moment de la Révolution des Œillets, les immigrés portugais sont 750 000 en France, venus pour la plupart illégalement et en traversant trois pays et deux frontières (« a salto » ), et ils représentent alors l’immigration la plus nombreuse de l’Hexagone (dont près de la moitié d’entre eux sont installés en région parisienne).

En savoir plus :

Marie-Christine Volovitch-Tavarès, Les phases de l’immigration portugaise, des années vingt aux années soixante-dix, mars 2001

La compagnie de théâtre Al Assifa


Al Assifa est une compagnie de théâtre créée en 1973 par plusieurs travailleurs immigrés d’origine algérienne, principalement issus du Mouvement des travailleurs arabes (MTA), dans le contexte des grèves de la faim des sans-papiers. Al Assifa s’inscrit dans le mouvement de création du théâtre de l’immigration dans les années 1970 qui met l’accent à la fois sur les conditions de vie des travailleurs immigrés et sur leurs luttes pour l’égalité. Le nom de la compagnie, qui signifie « la tempête », fait référence à la fois à la branche armée de l’organisation palestinienne Fatah, fondée en 1959 par Yasser Arafat, et à un journal mensuel français publié de 1972 à 1973 par le MTA. En 1973, la compagnie est invitée par une délégation d’ouvriers en grève de l’usine Lip. Elle présente un montage de sketches sur la situation des travailleurs immigrés en France devant un public qui ne connaissait pas les conditions de vie des immigrés. « La première question des « Lip » fut : si vous souffrez, pourquoi ne rentrez-vous pas chez vous ? Ce n’est qu’à la suite d’une confrontation plus longue qu’ils découvrirent l’ampleur et la complexité de notre situation. Ce que vous avez appris ; faites-le savoir à tout le monde », raconte Mokhtar, l’un des fondateurs de la compagnie*. En adoptant les méthodes du théâtre agit-prop (par et pour les ouvrier), Al Assifa souhaite sensibiliser les immigrés et les Français sur les conditions de vie et de travail des travailleurs immigrés. Al Assifa utilise des faits d’actualité réels comme point de départ de la création de ses spectacles. Ainsi la pièce Ça Travaille, ça travaille mais ça ferme sa gueule est ponctuée de références à des événements comme, par exemple, le meurtre de Djellali Ben Ali, jeune Algérien de 15 ans tué en 1971 par le concierge de l‘immeuble où il vit avec sa famille dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris (18e arr.) en 1971.
* CLANCY G., TANCELLIN P., Les Tiers-Idées, Paris, Hachette, 1977, p.183

La compagnie de théâtre Al Assifa

Al Assifa est une compagnie de théâtre créée en 1973 par plusieurs travailleurs immigrés d’origine algérienne, principalement issus du Mouvement des travailleurs arabes (MTA), dans le contexte des grèves de la faim des sans-papiers. Al Assifa s’inscrit dans le mouvement de création du théâtre de l’immigration dans les années 1970 qui met l’accent à la fois sur les conditions de vie des travailleurs immigrés et sur leurs luttes pour l’égalité. Le nom de la compagnie, qui signifie « la tempête », fait référence à la fois à la branche armée de l’organisation palestinienne Fatah, fondée en 1959 par Yasser Arafat, et à un journal mensuel français publié de 1972 à 1973 par le MTA. En 1973, la compagnie est invitée par une délégation d’ouvriers en grève de l’usine Lip. Elle présente un montage de sketches sur la situation des travailleurs immigrés en France devant un public qui ne connaissait pas les conditions de vie des immigrés. « La première question des « Lip » fut : si vous souffrez, pourquoi ne rentrez-vous pas chez vous ? Ce n’est qu’à la suite d’une confrontation plus longue qu’ils découvrirent l’ampleur et la complexité de notre situation. Ce que vous avez appris ; faites-le savoir à tout le monde », raconte Mokhtar, l’un des fondateurs de la compagnie*. En adoptant les méthodes du théâtre agit-prop (par et pour les ouvrier), Al Assifa souhaite sensibiliser les immigrés et les Français sur les conditions de vie et de travail des travailleurs immigrés. Al Assifa utilise des faits d’actualité réels comme point de départ de la création de ses spectacles. Ainsi la pièce Ça Travaille, ça travaille mais ça ferme sa gueule est ponctuée de références à des événements comme, par exemple, le meurtre de Djellali Ben Ali, jeune Algérien de 15 ans tué en 1971 par le concierge de l‘immeuble où il vit avec sa famille dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris (18e arr.) en 1971.

* CLANCY G., TANCELLIN P., Les Tiers-Idées, Paris, Hachette, 1977, p.183

Grève de la faim de l’église de Ménilmontant (mai-juin 1973)
Cette affiche a été réalisée à l’occasion de la grève de la faim illimitée engagée en mai 1973 par 56 travailleurs tunisiens. Ces derniers seront accueillis dans la crypte de la paroisse de Pierre Loubier, dans l’église Notre-Dame de Ménilmontant (20e arr., Paris).
Cette action s’inscrit à la suite d’une série de grèves de la faim engagées dans la plupart des grandes villes de France. A Valence, 19 Tunisiens entament ainsi une grève de la faim le 25 décembre 1972, soutenus par les prêtres de quatre églises de la ville qui ne célébreront pas la messe de minuit, inaugurant de cette manière une autre forme de protestation : la « grève de la messe ».
Ces mobilisations ont été déclenchées à la suite de l’entrée en vigueur des circulaires Marcellin et Fontanet en 1972. Ces dernières plongent plus de 80% des travailleurs immigrés dans l’illégalité en liant l’attribution d’une carte de séjour à la possession d’un contrat de travail et d’une attestation de logement décent et en limitant les régularisations. La modification de la réglementation pénalise ainsi tous les travailleurs étrangers non déclarés qui ne pourront plus prétendre à l’obtention d’une carte de séjour sur place. Ces circulaires mettent aussi les travailleurs immigrés déclarés à la merci de leur employeur, dans la mesure où le chômage équivaut à la perte de la carte de séjour.
Parmi les organisateurs de la grève de la faim de l’église de Ménilmontant se trouvait Saïd Bouziri, futur fondateur de Génériques et dirigeant de la Ligue des droits de l’homme qui explique dans un entretien comment, lors de cette manifestation qualifiée de « massive et active », les grévistes se rendaient dans les usines pour expliquer l’objet de leur lutte. En juillet 1973, Georges Gorse, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Population du gouvernement Messmer sort une circulaire qui permet la première action de régularisation générale : 35 000 étrangers en situation irrégulière sont ainsi régularisés. Interrogé sur le choix de la grève de la faim comme forme de lutte, Saïd Bouziri expliquera : « je crois que c’est l’arme des faibles. On joue avec son corps pour dire qu’on ne supporte pas.[…] la grève de la faim s’était révélée comme quelque chose d’un peu identitaire, une forme de reconnaissance. »
Les citations de Saïd Bouziri sont extraites de l’entretien réalisé par Hélène Trappo et publié dans Plein droit n°11 publié en juillet 1990.

Grève de la faim de l’église de Ménilmontant (mai-juin 1973)

Cette affiche a été réalisée à l’occasion de la grève de la faim illimitée engagée en mai 1973 par 56 travailleurs tunisiens. Ces derniers seront accueillis dans la crypte de la paroisse de Pierre Loubier, dans l’église Notre-Dame de Ménilmontant (20e arr., Paris).

Cette action s’inscrit à la suite d’une série de grèves de la faim engagées dans la plupart des grandes villes de France. A Valence, 19 Tunisiens entament ainsi une grève de la faim le 25 décembre 1972, soutenus par les prêtres de quatre églises de la ville qui ne célébreront pas la messe de minuit, inaugurant de cette manière une autre forme de protestation : la « grève de la messe ».

Ces mobilisations ont été déclenchées à la suite de l’entrée en vigueur des circulaires Marcellin et Fontanet en 1972. Ces dernières plongent plus de 80% des travailleurs immigrés dans l’illégalité en liant l’attribution d’une carte de séjour à la possession d’un contrat de travail et d’une attestation de logement décent et en limitant les régularisations. La modification de la réglementation pénalise ainsi tous les travailleurs étrangers non déclarés qui ne pourront plus prétendre à l’obtention d’une carte de séjour sur place. Ces circulaires mettent aussi les travailleurs immigrés déclarés à la merci de leur employeur, dans la mesure où le chômage équivaut à la perte de la carte de séjour.

Parmi les organisateurs de la grève de la faim de l’église de Ménilmontant se trouvait Saïd Bouziri, futur fondateur de Génériques et dirigeant de la Ligue des droits de l’homme qui explique dans un entretien comment, lors de cette manifestation qualifiée de « massive et active », les grévistes se rendaient dans les usines pour expliquer l’objet de leur lutte. En juillet 1973, Georges Gorse, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Population du gouvernement Messmer sort une circulaire qui permet la première action de régularisation générale : 35 000 étrangers en situation irrégulière sont ainsi régularisés. Interrogé sur le choix de la grève de la faim comme forme de lutte, Saïd Bouziri expliquera : « je crois que c’est l’arme des faibles. On joue avec son corps pour dire qu’on ne supporte pas.[…] la grève de la faim s’était révélée comme quelque chose d’un peu identitaire, une forme de reconnaissance. »

Les citations de Saïd Bouziri sont extraites de l’entretien réalisé par Hélène Trappo et publié dans Plein droit n°11 publié en juillet 1990.

La grève du foyer Sonacotra de Garges-lès-Gonesse
Cette affiche a été réalisée à l’occasion de l’expulsion par les CRS le 22 juin 1979 des résidents du foyer Sonacotra (SOciété NAtionale de COnstruction de logements pour les TRAvailleurs) de Garges-lès-Gonesse, un foyer de travailleurs célibataires situé dans le Val d’Oise et qui rejoint le mouvement de « grèves des loyers »  en septembre 1975. A travers cette mobilisation, les résidents protestent contre la hausse généralisée des loyers qu’ils jugent alors indécents en comparaison avec la qualité de vie qu’offrent les foyers Sonacotra et l’état de délabrement précoce des structures.
En 1979, la Sonacotra décide de fermer pour « raisons économiques » le foyer de Garges-lès-Gonesse que les résidents occupent alors en mai. La Sonacotra poursuit devant la justice les grévistes en lutte et demande l’autorisation de faire évacuer le foyer, ce qu’elle obtient au printemps 1979. La police intervient ainsi le 21 juin et procède à l’expulsion des résidents. Les grévistes expulsés organisent pendant l’été 1979 un campement devant le foyer fermé et gardé par des CRS.
Cette expulsion est à l’origine d’une forte médiatisation et d’un mouvement de solidarité de la population appuyé par des organisations chrétiennes et de gauche. La presse locale et nationale (Le Monde, La Croix, Libération) couvre ces événements : ce campement devient une des images symbolisant le conflit. Il accueille plusieurs rassemblements du Comité de coordination des foyers en grèves pour le soutien à la lutte des foyers et la dénonciation des lois Stoléru et Bonnet.
Pendant la campagne des élections municipales de 1979, François Mitterrand rend visite aux grévistes et leur apporte son soutien politique. Après avoir vu leur recours devant la justice débouté, les grévistes obtiennent finalement un accord avec la Sonacotra en janvier 1980 et mettent fin au campement. Le foyer réouvre en mai de la même année.

La grève du foyer Sonacotra de Garges-lès-Gonesse

Cette affiche a été réalisée à l’occasion de l’expulsion par les CRS le 22 juin 1979 des résidents du foyer Sonacotra (SOciété NAtionale de COnstruction de logements pour les TRAvailleurs) de Garges-lès-Gonesse, un foyer de travailleurs célibataires situé dans le Val d’Oise et qui rejoint le mouvement de « grèves des loyers »  en septembre 1975. A travers cette mobilisation, les résidents protestent contre la hausse généralisée des loyers qu’ils jugent alors indécents en comparaison avec la qualité de vie qu’offrent les foyers Sonacotra et l’état de délabrement précoce des structures.

En 1979, la Sonacotra décide de fermer pour « raisons économiques » le foyer de Garges-lès-Gonesse que les résidents occupent alors en mai. La Sonacotra poursuit devant la justice les grévistes en lutte et demande l’autorisation de faire évacuer le foyer, ce qu’elle obtient au printemps 1979. La police intervient ainsi le 21 juin et procède à l’expulsion des résidents. Les grévistes expulsés organisent pendant l’été 1979 un campement devant le foyer fermé et gardé par des CRS.

Cette expulsion est à l’origine d’une forte médiatisation et d’un mouvement de solidarité de la population appuyé par des organisations chrétiennes et de gauche. La presse locale et nationale (Le Monde, La Croix, Libération) couvre ces événements : ce campement devient une des images symbolisant le conflit. Il accueille plusieurs rassemblements du Comité de coordination des foyers en grèves pour le soutien à la lutte des foyers et la dénonciation des lois Stoléru et Bonnet.

Pendant la campagne des élections municipales de 1979, François Mitterrand rend visite aux grévistes et leur apporte son soutien politique. Après avoir vu leur recours devant la justice débouté, les grévistes obtiennent finalement un accord avec la Sonacotra en janvier 1980 et mettent fin au campement. Le foyer réouvre en mai de la même année.

La Cimade - « Quel avenir pour les femmes immigrées, réfugiées, françaises ? » 
Cette affiche a été réalisée à l’occasion de journées d’études organisées par la Cimade (Comité inter-mouvements auprès des évacués) du 6 au 8 octobre 1989 et qui avaient pour thème l’avenir des femmes immigrées, réfugiées et françaises en Europe.
La Cimade est née en 1939, au sein des mouvements de la jeunesse protestante, pour venir en aide aux évacués d’Alsace-Lorraine. L’association oeuvre durant la Seconde Guerre mondiale auprès des Juifs menacés, puis pour la réconciliation franco-allemande et enfin auprès des peuples du Sud en lutte pour l’indépendance. A partir de la fin des années 1970, la Cimade s’engage progressivement en faveur des immigrés en réaction aux projets de loi réduisant leurs droits.
Avec d’autres associations, la Cimade lutte également pour la défense et la reconnaissance des droits des étrangers vivant en Europe, en participant notamment au réseau Migreurop. Dans ce cadre, elle organise des actions de sensibilisation auprès du grand public, avec par exemple le festival « Migrant’scène », et de plaidoyers en directions des responsables politiques (parlementaires, ministères…).
La défense des femmes étrangères en France ou en Europe constitue une part importante de l’activité de la Cimade. Les femmes « sont confrontées à la fois aux préjugés et pratiques racistes et xénophobes en tant qu’étrangères, aux préjugés et pratiques sexistes en tant que femmes, mais également à des préjugés et pratiques discriminatoires spécifiques en tant que femmes étrangères », peut-on lire sur la page du site de la Cimade consacrée à la défense des femmes étrangères. L’association a ainsi pris conscience de la nécessité d’intégrer dans les activités et actions de l’association la dimension du genre et la protection des droits fondamentaux des femmes.

La Cimade - « Quel avenir pour les femmes immigrées, réfugiées, françaises ? »

Cette affiche a été réalisée à l’occasion de journées d’études organisées par la Cimade (Comité inter-mouvements auprès des évacués) du 6 au 8 octobre 1989 et qui avaient pour thème l’avenir des femmes immigrées, réfugiées et françaises en Europe.

La Cimade est née en 1939, au sein des mouvements de la jeunesse protestante, pour venir en aide aux évacués d’Alsace-Lorraine. L’association oeuvre durant la Seconde Guerre mondiale auprès des Juifs menacés, puis pour la réconciliation franco-allemande et enfin auprès des peuples du Sud en lutte pour l’indépendance. A partir de la fin des années 1970, la Cimade s’engage progressivement en faveur des immigrés en réaction aux projets de loi réduisant leurs droits.

Avec d’autres associations, la Cimade lutte également pour la défense et la reconnaissance des droits des étrangers vivant en Europe, en participant notamment au réseau Migreurop. Dans ce cadre, elle organise des actions de sensibilisation auprès du grand public, avec par exemple le festival « Migrant’scène », et de plaidoyers en directions des responsables politiques (parlementaires, ministères…).

La défense des femmes étrangères en France ou en Europe constitue une part importante de l’activité de la Cimade. Les femmes « sont confrontées à la fois aux préjugés et pratiques racistes et xénophobes en tant qu’étrangères, aux préjugés et pratiques sexistes en tant que femmes, mais également à des préjugés et pratiques discriminatoires spécifiques en tant que femmes étrangères », peut-on lire sur la page du site de la Cimade consacrée à la défense des femmes étrangères. L’association a ainsi pris conscience de la nécessité d’intégrer dans les activités et actions de l’association la dimension du genre et la protection des droits fondamentaux des femmes.

La grève des OS à Renault Billancourt (mars-avril 1973) 
La grève des ouvriers spécialisés (OS) à l’usine Renault de Boulogne-Billancourt de mars-avril 1973 est emblématique des grèves qui égrainent la décennie 1970 dans l’automobile ou la métallurgie. Après mai 1968, cette usine est devenue un lieu symbolique de la lutte ouvrière, terrain d’action privilégié de la CGT et de l’extrême gauche.
Les OS employés sur les chaînes de production, jouent un rôle prépondérant dans ces mouvements. Le mouvement débute le 21 mars 1973 dans les ateliers de presse du département carrosserie-montage où travaillent des OS algériens, espagnols et portugais.
Les grévistes se soulèvent contre l’arbitraire de la classification sur laquelle repose l’évolution salariale. La « cotation de poste » alors en cours repose sur les caractéristiques de chaque poste, lui-même divisé en classes avec des coefficients et un chronométrage des tâches liés à chaque classe. Malgré cette apparente rationalité, ce système introduit des inégalités. Dans les faits, l’évolution des OS dépend de « décisions individuelles de la maîtrise » qui dispose ainsi d’un levier pour faire accepter des cadences plus élevées et d’un instrument de division au sein des ouvriers.
Avec le mot d’ordre « A travail égal, salaire égal », les grévistes souhaitent mettre en place la même classification pour l’ensemble des ouvriers qui travaillent sur les presses. Environ 370 OS occupent leur atelier et, en arrêtant leur activité située en amont de la chaîne de production, paralysent l’ensemble de l’usine, soit 7000 ouvriers. Cette « grève bouchon » est gérée pas les ouvriers eux-même qui désignent des représentants « sans mandats » et « révocables à tous moments ». Ce conflit sera ainsi marqué par plusieurs désaccords dans sa gestion entre les grévistes et les syndicats. Peu à peu, la grève se répand aux autres presses de l’usine puis à d’autres sites de Renault (Flins, Sandouville, Douai).
Les grévistes obtiennent finalement gain de cause et cessent leur mouvement le 11 avril : le système de classement du personnel est modifié. Le salaire est désormais calculé selon « la qualification de l’emploi tenu ».
L’ATRIS 
(Association des Anciens Travailleurs Renault de L’Ile Seguin) a été créée en 1998 par d’anciens travailleurs, après la fermeture de l’usine Renault à Billancourt en mars 1992, dans le but de conserver un témoignage des travailleurs et travailleuses de l’Ile Seguin.
Pour en savoir plus :
Laure Pitti, « Grèves ouvrières versus luttes de l’immigration : une controverse entre historiens »,in  Ethnologie française, vol. 31, 2001, pp.465-476
Laure Pitti, « Travailleurs de France voilà notre nom », in Migrance 25, 2005, pp.50-71.

La grève des OS à Renault Billancourt (mars-avril 1973)

La grève des ouvriers spécialisés (OS) à l’usine Renault de Boulogne-Billancourt de mars-avril 1973 est emblématique des grèves qui égrainent la décennie 1970 dans l’automobile ou la métallurgie. Après mai 1968, cette usine est devenue un lieu symbolique de la lutte ouvrière, terrain d’action privilégié de la CGT et de l’extrême gauche.

Les OS employés sur les chaînes de production, jouent un rôle prépondérant dans ces mouvements. Le mouvement débute le 21 mars 1973 dans les ateliers de presse du département carrosserie-montage où travaillent des OS algériens, espagnols et portugais.

Les grévistes se soulèvent contre l’arbitraire de la classification sur laquelle repose l’évolution salariale. La « cotation de poste » alors en cours repose sur les caractéristiques de chaque poste, lui-même divisé en classes avec des coefficients et un chronométrage des tâches liés à chaque classe. Malgré cette apparente rationalité, ce système introduit des inégalités. Dans les faits, l’évolution des OS dépend de « décisions individuelles de la maîtrise » qui dispose ainsi d’un levier pour faire accepter des cadences plus élevées et d’un instrument de division au sein des ouvriers.

Avec le mot d’ordre « A travail égal, salaire égal », les grévistes souhaitent mettre en place la même classification pour l’ensemble des ouvriers qui travaillent sur les presses. Environ 370 OS occupent leur atelier et, en arrêtant leur activité située en amont de la chaîne de production, paralysent l’ensemble de l’usine, soit 7000 ouvriers. Cette « grève bouchon » est gérée pas les ouvriers eux-même qui désignent des représentants « sans mandats » et « révocables à tous moments ». Ce conflit sera ainsi marqué par plusieurs désaccords dans sa gestion entre les grévistes et les syndicats. Peu à peu, la grève se répand aux autres presses de l’usine puis à d’autres sites de Renault (Flins, Sandouville, Douai).

Les grévistes obtiennent finalement gain de cause et cessent leur mouvement le 11 avril : le système de classement du personnel est modifié. Le salaire est désormais calculé selon « la qualification de l’emploi tenu ».

L’ATRIS 
(Association des Anciens Travailleurs Renault de L’Ile Seguin) a été créée en 1998 par d’anciens travailleurs, après la fermeture de l’usine Renault à Billancourt en mars 1992, dans le but de conserver un témoignage des travailleurs et travailleuses de l’Ile Seguin.

Pour en savoir plus :

Laure Pitti, « Grèves ouvrières versus luttes de l’immigration : une controverse entre historiens »,in  Ethnologie française, vol. 31, 2001, pp.465-476

Laure Pitti, « Travailleurs de France voilà notre nom », in Migrance 25, 2005, pp.50-71.

Départ de la Marche à la Cayolle (Marseille) – Pierre Ciot 
Cette photographie a été prise par Pierre Ciot le 15 octobre 1983, le jour du départ de la Marche pour l’égalité et contre le racisme, à la Cayolle. Ce quartier, situé au sud de Marseille, constitue un lieu symbolique de l’histoire des migrations à Marseille depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale avec la passage de travailleurs vietnamiens, de juifs d’Europe centrale rescapés des camps puis de juifs d’origine marocaine. Le port de Marseille est en outre le premier port d’arrivée des immigrés algériens.
C’est dans la cité phocéenne que Pierre Ciot, reporter photographe indépendant, a débuté sa carrière. Il s’est toujours intéressé aux problématiques sociales et aux multiples visages de l’immigration, ayant précédemment couvert le quartier des Flamants et surtout le meurtre de Lahouari Ben Mohamed, abattu en 1980 par un policier lors d’un contrôle routier. La couverture médiatique de la Marche pour l’égalité et contre le racisme s’inscrit dans la continuité de son investissement militant. Cette dernière est restée un souvenir mémorable pour le photographe : « Dès la fac, j’étais militant anti-raciste et donc je connaissais les gens de cette marche. J’ai du faire du forcing auprès de l’AFP qui n’y voyait pas d’intérêt national. »
C’est au centre social de la Cayolle qu’était prévu le rassemblement pour le départ de la Marche. En dépit d’une la mobilisation tardive et du peu de moyens, une trentaine de personnes était au rendez-vous. Malgré cette faible participation, la présence d’élus et de représentants du gouvernement ainsi que de personnalités politiques et médiatiques à cette première étape a été perçue comme un élément décisif pour la poursuite de la Marche. Après le départ à la Cayolle, les marcheurs effectuent les dix kilomètres qui les séparent du « vieux port » de Marseille en scandant des slogans tels que « Rengainez, on arrive », « Première, deuxième, troisième génération, nous sommes tous des enfants d’immigrés » ou encore « Antillais, Polonais, Français, Maghrébins, Juifs, tous contre le racisme ».
» Découvrir le site du photographe 

Départ de la Marche à la Cayolle (Marseille) – Pierre Ciot

Cette photographie a été prise par Pierre Ciot le 15 octobre 1983, le jour du départ de la Marche pour l’égalité et contre le racisme, à la Cayolle. Ce quartier, situé au sud de Marseille, constitue un lieu symbolique de l’histoire des migrations à Marseille depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale avec la passage de travailleurs vietnamiens, de juifs d’Europe centrale rescapés des camps puis de juifs d’origine marocaine. Le port de Marseille est en outre le premier port d’arrivée des immigrés algériens.

C’est dans la cité phocéenne que Pierre Ciot, reporter photographe indépendant, a débuté sa carrière. Il s’est toujours intéressé aux problématiques sociales et aux multiples visages de l’immigration, ayant précédemment couvert le quartier des Flamants et surtout le meurtre de Lahouari Ben Mohamed, abattu en 1980 par un policier lors d’un contrôle routier. La couverture médiatique de la Marche pour l’égalité et contre le racisme s’inscrit dans la continuité de son investissement militant. Cette dernière est restée un souvenir mémorable pour le photographe : « Dès la fac, j’étais militant anti-raciste et donc je connaissais les gens de cette marche. J’ai du faire du forcing auprès de l’AFP qui n’y voyait pas d’intérêt national. »

C’est au centre social de la Cayolle qu’était prévu le rassemblement pour le départ de la Marche. En dépit d’une la mobilisation tardive et du peu de moyens, une trentaine de personnes était au rendez-vous. Malgré cette faible participation, la présence d’élus et de représentants du gouvernement ainsi que de personnalités politiques et médiatiques à cette première étape a été perçue comme un élément décisif pour la poursuite de la Marche. Après le départ à la Cayolle, les marcheurs effectuent les dix kilomètres qui les séparent du « vieux port » de Marseille en scandant des slogans tels que « Rengainez, on arrive », « Première, deuxième, troisième génération, nous sommes tous des enfants d’immigrés » ou encore « Antillais, Polonais, Français, Maghrébins, Juifs, tous contre le racisme ».

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Exposition : « Les enfants de l’immigration »Beaubourg, 1984
Un mois après l’arrivée en fanfare à Paris de la Marche pour l’égalité et contre le racisme s’ouvre en janvier 1984 l’exposition « Les enfants de l’immigration ». Mise en place par le ministère de la Culture et le Centre Pompidou, cette manifestation, présentée dans le temple de l’art contemporain, consacre la reconnaissance institutionnelle des jeunes d’origine étrangère en France et constitue le premier programme culturel de l’immigration de cette envergure jamais réalisé en Europe. L’exposition, qui reçoit plus de 40 000 visiteurs en trois mois, est vécue comme une véritable expérience culturelle qui inclue arts visuels (photographie, sculpture, vidéo, peinture), représentations théâtrales ou encore performances musicales. Elle tire profit de l’explosion de créativités urbaines en provenance de la banlieue, qui peut être considérée comme l’une des formes d’expression de la révolte des quartiers. Ainsi, l’exposition « Les enfants de l’immigration » présente une profusion de créations inédites. En outre, un étage entier est consacré à la représentation de la vie quotidienne et de l’environnement social des « enfants de l’immigration ».
Si cette manifestation culturelle n’est pas seulement consacrée aux enfants de l’immigration maghrébine, ces derniers sont au cœur des différents programmes de l’exposition soutenue par le Fonds d’intervention culturelle et Inter Service Migrants. Dans le contexte de l’apogée du mouvement artistique des enfants de l’immigration maghrébine et de la médiatisation à outrance du label « beur » qui,  selon la sociologue Catherine Wihtol de Wenden, constitue « la première mise en scène consciente et orchestrée d’une immense foisonnement d’images de soi », « Les enfants de l’immigration » a pour ambition de saisir et d’exposer le nouveau contexte socio-culturel en France et l’apport des héritiers de l’immigration maghrébine. Symptomatique d’une plus grande stigmatisation envers les primo-arrivants, opposés à la figure positive du « Beur » désormais à la mode, la génération des parents est totalement absente de l’exposition. En outre, l’historien Gérard Noiriel critiquera l’expression même de « jeunes d’origine immigrée » qui, selon le chercheur, n’a aucune existence au niveau juridique et ne ferait que stigmatiser encore davantage un groupe social que l’on cherche à intégrer. 

Exposition : « Les enfants de l’immigration »
Beaubourg, 1984

Un mois après l’arrivée en fanfare à Paris de la Marche pour l’égalité et contre le racisme s’ouvre en janvier 1984 l’exposition « Les enfants de l’immigration ». Mise en place par le ministère de la Culture et le Centre Pompidou, cette manifestation, présentée dans le temple de l’art contemporain, consacre la reconnaissance institutionnelle des jeunes d’origine étrangère en France et constitue le premier programme culturel de l’immigration de cette envergure jamais réalisé en Europe. L’exposition, qui reçoit plus de 40 000 visiteurs en trois mois, est vécue comme une véritable expérience culturelle qui inclue arts visuels (photographie, sculpture, vidéo, peinture), représentations théâtrales ou encore performances musicales. Elle tire profit de l’explosion de créativités urbaines en provenance de la banlieue, qui peut être considérée comme l’une des formes d’expression de la révolte des quartiers. Ainsi, l’exposition « Les enfants de l’immigration » présente une profusion de créations inédites. En outre, un étage entier est consacré à la représentation de la vie quotidienne et de l’environnement social des « enfants de l’immigration ».

Si cette manifestation culturelle n’est pas seulement consacrée aux enfants de l’immigration maghrébine, ces derniers sont au cœur des différents programmes de l’exposition soutenue par le Fonds d’intervention culturelle et Inter Service Migrants. Dans le contexte de l’apogée du mouvement artistique des enfants de l’immigration maghrébine et de la médiatisation à outrance du label « beur » qui,  selon la sociologue Catherine Wihtol de Wenden, constitue « la première mise en scène consciente et orchestrée d’une immense foisonnement d’images de soi », « Les enfants de l’immigration » a pour ambition de saisir et d’exposer le nouveau contexte socio-culturel en France et l’apport des héritiers de l’immigration maghrébine. Symptomatique d’une plus grande stigmatisation envers les primo-arrivants, opposés à la figure positive du « Beur » désormais à la mode, la génération des parents est totalement absente de l’exposition. En outre, l’historien Gérard Noiriel critiquera l’expression même de « jeunes d’origine immigrée » qui, selon le chercheur, n’a aucune existence au niveau juridique et ne ferait que stigmatiser encore davantage un groupe social que l’on cherche à intégrer. 

« Paysages humains, les Africains de Montreuil »
Cette affiche, sur laquelle on peut voir un Africain en tenue traditionnelle, a été réalisée à l’occasion de l’exposition de photographies « Paysages humains, les Africains de Montreuil » organisée en 1990 par la mairie de Montreuil, l’APA (Agence photographique Afrique) et AIDDA (Association interculturelle de production, de diffusion et de documentation audiovisuelles). Les photographies présentées dans cette exposition ont été prises par André Jouanjan, président du Club Photo Montreuil, et Alain Paris. Elles ont été exposées à l’Espace UVA 18, salle polyvalente du 18ème arrondissement de Paris.
Montreuil accueille sur son territoire plusieurs dizaines de milliers d’immigrés maliens (entre 6000 et 10 000 en 2005, selon la mairie). Cette situation s’explique, en partie, par la relation amicale qu’entretenait Marcel Dufriche, maire communiste de la ville de 1971 à 1984, et Modibo Keïta, « père de la nation malienne » et premier président de la République du Mali. Le foyer Bara, le premier foyer de travailleurs migrants (FTM) de Montreuil, représentatif des FTM d’Île-de-France, accueille aujourd’hui principalement des immigrés maliens, sénégalais et mauritaniens.
En 2009, l’INSEE recense 570 000 immigrés provenant d’Afrique subsaharienne, soit 12% des immigrés en France. Cette immigration s’inscrit dans quatre grandes phases migratoires : la filière scolaire à la fin de la Première Guerre mondiale, composée principalement d’étudiants des pays de l’Afrique-Occidentale française (AOF) ; la filière militaire comprenant les soldats et les travailleurs coloniaux recrutés pendant les deux guerres mondiales de 1914-1918 et 1939-1945 ; les migrations de travail pendant les Trente Glorieuses ; et celles des épouses et des familles venues en France à partir de 1974 dans le cadre de la politique du regroupement familial.
Enfin, depuis les années 1990, on constate une diversification du type de migrants : d’une immigration de travail composée majoritairement d’hommes seuls issus de milieux ruraux (zone du Sahel), les migrants africains sont aujourd’hui plutôt de jeunes adultes, hommes et femmes, qualifiés, issus de pays en conflits ou dans des situations politiques difficiles. Ainsi, le nombre d’immigrés ivoiriens, malgaches et congolais (ex-Zaïrois) a été multiplié par trois entre 1980 et 1999.
En savoir +- Timera Mahamet, « L‘immigration africaine en France : regards des autres et repli sur soi », in Politique Africaine, n°67, octobre 1997, pp. 41-47- Hommes & migrations : « Africains, citoyens d’ici et de là-bas », n° 1239, septembre-octobre 2002- Baron Jacques, « Immigrés africains en France et au Royaume-Uni », Hommes & migrations : « Les migrations subsahariennes », n°1286, juillet-octobre 2010, pp.110-123

« Paysages humains, les Africains de Montreuil »

Cette affiche, sur laquelle on peut voir un Africain en tenue traditionnelle, a été réalisée à l’occasion de l’exposition de photographies « Paysages humains, les Africains de Montreuil » organisée en 1990 par la mairie de Montreuil, l’APA (Agence photographique Afrique) et AIDDA (Association interculturelle de production, de diffusion et de documentation audiovisuelles). Les photographies présentées dans cette exposition ont été prises par André Jouanjan, président du Club Photo Montreuil, et Alain Paris. Elles ont été exposées à l’Espace UVA 18, salle polyvalente du 18ème arrondissement de Paris.

Montreuil accueille sur son territoire plusieurs dizaines de milliers d’immigrés maliens (entre 6000 et 10 000 en 2005, selon la mairie). Cette situation s’explique, en partie, par la relation amicale qu’entretenait Marcel Dufriche, maire communiste de la ville de 1971 à 1984, et Modibo Keïta, « père de la nation malienne » et premier président de la République du Mali. Le foyer Bara, le premier foyer de travailleurs migrants (FTM) de Montreuil, représentatif des FTM d’Île-de-France, accueille aujourd’hui principalement des immigrés maliens, sénégalais et mauritaniens.

En 2009, l’INSEE recense 570 000 immigrés provenant d’Afrique subsaharienne, soit 12% des immigrés en France. Cette immigration s’inscrit dans quatre grandes phases migratoires : la filière scolaire à la fin de la Première Guerre mondiale, composée principalement d’étudiants des pays de l’Afrique-Occidentale française (AOF) ; la filière militaire comprenant les soldats et les travailleurs coloniaux recrutés pendant les deux guerres mondiales de 1914-1918 et 1939-1945 ; les migrations de travail pendant les Trente Glorieuses ; et celles des épouses et des familles venues en France à partir de 1974 dans le cadre de la politique du regroupement familial.

Enfin, depuis les années 1990, on constate une diversification du type de migrants : d’une immigration de travail composée majoritairement d’hommes seuls issus de milieux ruraux (zone du Sahel), les migrants africains sont aujourd’hui plutôt de jeunes adultes, hommes et femmes, qualifiés, issus de pays en conflits ou dans des situations politiques difficiles. Ainsi, le nombre d’immigrés ivoiriens, malgaches et congolais (ex-Zaïrois) a été multiplié par trois entre 1980 et 1999.

En savoir +
- Timera Mahamet, « L‘immigration africaine en France : regards des autres et repli sur soi », in Politique Africaine, n°67, octobre 1997, pp. 41-47
- Hommes & migrations : « Africains, citoyens d’ici et de là-bas », n° 1239, septembre-octobre 2002
- Baron Jacques, « Immigrés africains en France et au Royaume-Uni », Hommes & migrations : « Les migrations subsahariennes », n°1286, juillet-octobre 2010, pp.110-123

Migrants contre le VIH/ Sida 
Cette affiche, réalisée en 1998 par la Fédération des associations de solidarité avec les travailleur-euse-s immigré-e-s (FASTI), le ministère du Travail et des Affaires sociales, Sidaction, le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) et la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), alerte sur l’augmentation du nombre de malades du Sida parmi les immigrés, alors qu’une baisse du nombre de malades a été constatée dans la population globale cette année-là. L’affiche revendique aussi une égalité dans l’accès aux soins.
Depuis l’émergence du VIH dans les années 1980, il a été compliqué d’étudier l’importance de la diffusion de l’épidémie chez les personnes étrangères ou immigrées en France en raison de l’absence, dans de nombreuses enquêtes, des informations qui permettraient de définir les catégories « étrangers » ou « immigrés » et de la crainte de l’utilisation qui pourrait être faite de ces études.
A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le Sida le 1er décembre, l’Organisation internationale pour les migrations a déclaré en 2012 que les migrants étaient touchés de façon disproportionnée par le VIH et le Sida dans les pays à revenu élevé : « En moyenne, dans l’Union européenne (UE) / Espace économique européen (EEE), plus d’un tiers des infections contractées lors de relations hétérosexuelles touchent des personnes qui ont migré dans la région depuis un pays où l’épidémie de VIH est généralisée ».
Particulièrement touchées par l’épidémie, et objet d’une double stigmatisation, celle d’être migrantes et celle de vivre avec la maladie, les populations étrangères sont aussi davantage démunies face à celle-ci, avec une difficulté globale d’accès à un dépistage précoce et aux prises en charge thérapeutiques.

Migrants contre le VIH/ Sida

Cette affiche, réalisée en 1998 par la Fédération des associations de solidarité avec les travailleur-euse-s immigré-e-s (FASTI), le ministère du Travail et des Affaires sociales, Sidaction, le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) et la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), alerte sur l’augmentation du nombre de malades du Sida parmi les immigrés, alors qu’une baisse du nombre de malades a été constatée dans la population globale cette année-là. L’affiche revendique aussi une égalité dans l’accès aux soins.

Depuis l’émergence du VIH dans les années 1980, il a été compliqué d’étudier l’importance de la diffusion de l’épidémie chez les personnes étrangères ou immigrées en France en raison de l’absence, dans de nombreuses enquêtes, des informations qui permettraient de définir les catégories « étrangers » ou « immigrés » et de la crainte de l’utilisation qui pourrait être faite de ces études.

A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le Sida le 1er décembre, l’Organisation internationale pour les migrations a déclaré en 2012 que les migrants étaient touchés de façon disproportionnée par le VIH et le Sida dans les pays à revenu élevé : « En moyenne, dans l’Union européenne (UE) / Espace économique européen (EEE), plus d’un tiers des infections contractées lors de relations hétérosexuelles touchent des personnes qui ont migré dans la région depuis un pays où l’épidémie de VIH est généralisée ».

Particulièrement touchées par l’épidémie, et objet d’une double stigmatisation, celle d’être migrantes et celle de vivre avec la maladie, les populations étrangères sont aussi davantage démunies face à celle-ci, avec une difficulté globale d’accès à un dépistage précoce et aux prises en charge thérapeutiques.