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mai 16

 La commémoration de l’abolition de l’esclavage en France
Le 10 mai est, depuis 2006, la « journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition ». Elle a été fixée par le président de la République Jacques Chirac, sur proposition de Maryse Condé, présidente du Comité pour la mémoire de l’esclavage. Elle correspond à la date de l’adoption par le Parlement, le 10 mai 2001, de la loi Taubira “reconnaissant la traite négrière transatlantique et l’esclavage”. La France est ainsi le premier Etat a avoir déclaré la traite négrière et l’esclavage “crime contre l’humanité”. Elle est également le seul Etat à avoir décrété une journée nationale de commémoration.
L’esclavage, une forme de migration forcée de population étrangère vers les colonies, a été aboli une première fois le 4 février 1794 en France pendant la Révolution, à l’initiative de l’abbé Henri Grégoire, cela afin de calmer les révoltes dans les colonies des Antilles. Mais Napoléon Bonaparte revient sur cette mesure et légalise l’esclavage le 20 mai 1802. Il faudra attendre le 27 avril 1848 pour voir définitivement adopté le décret d’abolition pour ce qui concerne les Colonies.
En application de la loi du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que “crime contre l’humanité”, un “Comité pour la mémoire de l’esclavage” (CPME) a ainsi été mis en place. Il porte aujourd’hui le nom de “Comité pour l’histoire et la mémoire de l’esclavage” (CPME) et “a pour mission d’assister de ses avis et recommandations le Gouvernement sur les questions relatives à la recherche, l’enseignement, la conservation, la diffusion ou la transmission de l’histoire et des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition”.
Si l’esclavage, défini comme le “fait pour un groupe social d’être soumis à un régime économique et politique qui le prive de toute liberté, le contraint à exercer les fonctions économiques les plus pénibles sans autre contrepartie que le logement et la nourriture”, a été définitivement aboli le 27 mai 1848 en France, il prend d’autres formes après cette date. Créé en 1994, le CCEM (Comité contre l’esclavage moderne) s’est donné pour mission de lutter contre toutes les formes d’esclavage moderne, qui touche principalement les immigrés, notamment contre l’esclavage domestique en France. Pour répondre à ces  formes d’esclavage moderne, les députés ont adopté le 15 mai 2013 un amendement  créant un crime d’esclavage et de servitude punis de 15 ans de réclusion.
 En savoir plus- Site du Comité pour l’histoire et la mémoire de l’esclavage - Site du Comité contre l’esclavage moderne

 La commémoration de l’abolition de l’esclavage en France

Le 10 mai est, depuis 2006, la « journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition ». Elle a été fixée par le président de la République Jacques Chirac, sur proposition de Maryse Condé, présidente du Comité pour la mémoire de l’esclavage. Elle correspond à la date de l’adoption par le Parlement, le 10 mai 2001, de la loi Taubira “reconnaissant la traite négrière transatlantique et l’esclavage”. La France est ainsi le premier Etat a avoir déclaré la traite négrière et l’esclavage “crime contre l’humanité”. Elle est également le seul Etat à avoir décrété une journée nationale de commémoration.

L’esclavage, une forme de migration forcée de population étrangère vers les colonies, a été aboli une première fois le 4 février 1794 en France pendant la Révolution, à l’initiative de l’abbé Henri Grégoire, cela afin de calmer les révoltes dans les colonies des Antilles. Mais Napoléon Bonaparte revient sur cette mesure et légalise l’esclavage le 20 mai 1802. Il faudra attendre le 27 avril 1848 pour voir définitivement adopté le décret d’abolition pour ce qui concerne les Colonies.

En application de la loi du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que “crime contre l’humanité”, un “Comité pour la mémoire de l’esclavage” (CPME) a ainsi été mis en place. Il porte aujourd’hui le nom de “Comité pour l’histoire et la mémoire de l’esclavage” (CPME) et “a pour mission d’assister de ses avis et recommandations le Gouvernement sur les questions relatives à la recherche, l’enseignement, la conservation, la diffusion ou la transmission de l’histoire et des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition”.

Si l’esclavage, défini comme le “fait pour un groupe social d’être soumis à un régime économique et politique qui le prive de toute liberté, le contraint à exercer les fonctions économiques les plus pénibles sans autre contrepartie que le logement et la nourriture”, a été définitivement aboli le 27 mai 1848 en France, il prend d’autres formes après cette date. Créé en 1994, le CCEM (Comité contre l’esclavage moderne) s’est donné pour mission de lutter contre toutes les formes d’esclavage moderne, qui touche principalement les immigrés, notamment contre l’esclavage domestique en France. Pour répondre à ces  formes d’esclavage moderne, les députés ont adopté le 15 mai 2013 un amendement  créant un crime d’esclavage et de servitude punis de 15 ans de réclusion.

 En savoir plus
- Site du Comité pour l’histoire et la mémoire de l’esclavage
- Site du Comité contre l’esclavage moderne



Avr 25

France Terre d’Asile
Ce document iconographique représentant des silhouettes colorées d’hommes en marche, une oeuvre du peintre français Gérard Fromanger, est une affiche réalisée par l’association de solidarité internationale à but non lucratif France Terre d’Asile (FTDA). En bas de l’affiche, une citation extraite de la Constitution de 1958:  “Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a le droit d’asile de la République”.
Fondée en décembre 1971, à l’initiative d’un groupe d’intellectuels rejoints par un collectif associatif, FTDA a pour principal objectif “le maintien et le développement d’une des plus anciennes traditions françaises, celle de l’asile, et de garantir en France l’application de toutes les conventions internationales pertinentes.” Selon l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA), l’asile est “la protection qu’accorde un État d’accueil à un étranger qui ne peut, contre la persécution, bénéficier de celle des autorités de son pays d’origine.”
Les principales missions de la FTDA sont la promotion d’une véritable “politique d’accueil des réfugiés”, l’organisation du premier accueil de ces populations, l’insertion de ces personnes à travers la langue, le travail et le logement. L‘association s’est mobilisée au cours des années 1970 à l’occasion du coup d’Etat du Chili en 1973 et a participé à la mise en place d’un dispositif d’accueil avec la création des centres provisoires d’hébergement (CPH). Elle a été missionnée en 1975 pour organiser, aux côtés d’autres structures partenaires, l’accueil des nombreux réfugiés provenant de l’Asie du Sud-Est. 
Seule association à s’occuper spécifiquement de la défense du droit d’asile et des réfugiés à cette époque, FTDA s’est vite imposée comme un interlocuteur privilégié auprès des pouvoirs publics. L’association s’est ainsi vue déléguer en 1975 la mission d’animer et de coordonner le dispositif national d’accueil (DNA). Cette mission a été transférée en 2004 à l’Office des Migrations Internationales (OMI), dissout depuis 2005 dans l’Agence Nationale de l’Accueil des Etrangers et des Migrations (ANAEM), puis remplacée par l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration) en 2009. 
En savoir +
Eloise Dufour, “Comment s’est constitué historiquement et comment a évolué récemment le rôle de France Terre d’Asile (FTDA) dans le « dispositif national d’accueil » ?”, in Recueil Alexandries, Collections Synthèses, novembre 2006.
Site Internet de France Terre d’asile : http://www.france-terre-asile.org/

France Terre d’Asile

Ce document iconographique représentant des silhouettes colorées d’hommes en marche, une oeuvre du peintre français Gérard Fromanger, est une affiche réalisée par l’association de solidarité internationale à but non lucratif France Terre d’Asile (FTDA). En bas de l’affiche, une citation extraite de la Constitution de 1958:  “Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a le droit d’asile de la République”.

Fondée en décembre 1971, à l’initiative d’un groupe d’intellectuels rejoints par un collectif associatif, FTDA a pour principal objectif “le maintien et le développement d’une des plus anciennes traditions françaises, celle de l’asile, et de garantir en France l’application de toutes les conventions internationales pertinentes.” Selon l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA), l’asile est “la protection qu’accorde un État d’accueil à un étranger qui ne peut, contre la persécution, bénéficier de celle des autorités de son pays d’origine.”

Les principales missions de la FTDA sont la promotion d’une véritable “politique d’accueil des réfugiés”, l’organisation du premier accueil de ces populations, l’insertion de ces personnes à travers la langue, le travail et le logement. L‘association s’est mobilisée au cours des années 1970 à l’occasion du coup d’Etat du Chili en 1973 et a participé à la mise en place d’un dispositif d’accueil avec la création des centres provisoires d’hébergement (CPH). Elle a été missionnée en 1975 pour organiser, aux côtés d’autres structures partenaires, l’accueil des nombreux réfugiés provenant de l’Asie du Sud-Est.

Seule association à s’occuper spécifiquement de la défense du droit d’asile et des réfugiés à cette époque, FTDA s’est vite imposée comme un interlocuteur privilégié auprès des pouvoirs publics. L’association s’est ainsi vue déléguer en 1975 la mission d’animer et de coordonner le dispositif national d’accueil (DNA). Cette mission a été transférée en 2004 à l’Office des Migrations Internationales (OMI), dissout depuis 2005 dans l’Agence Nationale de l’Accueil des Etrangers et des Migrations (ANAEM), puis remplacée par l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration) en 2009.

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Eloise Dufour, “Comment s’est constitué historiquement et comment a évolué récemment le rôle de France Terre d’Asile (FTDA) dans le « dispositif national d’accueil » ?”, in Recueil Alexandries, Collections Synthèses, novembre 2006.

Site Internet de France Terre d’asile : http://www.france-terre-asile.org/

Avr 05

L’affiche rouge
L’affiche « Des libérateurs ? La libération par l’armée du crime ! », appelée communément « l’Affiche rouge », a été réalisée par les services de propagande allemands en France au moment du procès ou après l’exécution du réseau Manouchian. Constitué entre 1942 et 1943 et composé de 23 communistes, le réseau Manouchian, qui tient son nom de son dirigeant Missak Manouchian, faisait partie du groupe de résistance des « Francs-tireurs et partisans – main-d’œuvre immigrée » (FTP-MOI).
Ce réseau, qui comptait dans ses rangs trois français et vingt étrangers (espagnol, italiens, arméniens et juifs d’Europe centrale et de l’est), avait effectué de nombreux attentats et actes de sabotages contre l’occupant nazi. Arrêtés en novembre 1943, les 23 accusés comparurent du 15 au 18 février 1944 devant le tribunal militaire allemand du Grand-Paris. Le 21 février au matin, ils furent tous fusillés au Mont-Valérien, à l’exception de la Hongroise Olga Bancic, qui fut décapitée à Stuttgart le 10 mai 1944.
Organisée en trois parties, l’image, reproduit à l’intérieur d’un triangle rouge les photos, les noms, les origines et les actions menées par dix de ces résistants. La question et la réponse « Des libérateurs? La libération par l’armée du crime ! » barrent le haut et le bas de l’affiche. Placardée en 15 000 exemplaires à Paris et dans certaines grandes villes françaises, l’affiche n’eut pas l’effet escompté. 
La haine qu’elle a suscité en effet fut dirigée contre les bourreaux et non contre leurs victimes. Cette histoire connut une belle postérité artistique : le poète Louis Aragon s’est inspiré de la dernière lettre de Missak Manouchian à sa femme avant sa mort pour écrire en 1955 le poème Strophes pour se souvenir, un poème mis en musique et chanté par Léo Ferré en 1959.

L’affiche rouge

L’affiche « Des libérateurs ? La libération par l’armée du crime ! », appelée communément « l’Affiche rouge », a été réalisée par les services de propagande allemands en France au moment du procès ou après l’exécution du réseau Manouchian. Constitué entre 1942 et 1943 et composé de 23 communistes, le réseau Manouchian, qui tient son nom de son dirigeant Missak Manouchian, faisait partie du groupe de résistance des « Francs-tireurs et partisans – main-d’œuvre immigrée » (FTP-MOI).

Ce réseau, qui comptait dans ses rangs trois français et vingt étrangers (espagnol, italiens, arméniens et juifs d’Europe centrale et de l’est), avait effectué de nombreux attentats et actes de sabotages contre l’occupant nazi. Arrêtés en novembre 1943, les 23 accusés comparurent du 15 au 18 février 1944 devant le tribunal militaire allemand du Grand-Paris. Le 21 février au matin, ils furent tous fusillés au Mont-Valérien, à l’exception de la Hongroise Olga Bancic, qui fut décapitée à Stuttgart le 10 mai 1944.

Organisée en trois parties, l’image, reproduit à l’intérieur d’un triangle rouge les photos, les noms, les origines et les actions menées par dix de ces résistants. La question et la réponse « Des libérateurs? La libération par l’armée du crime ! » barrent le haut et le bas de l’affiche. Placardée en 15 000 exemplaires à Paris et dans certaines grandes villes françaises, l’affiche n’eut pas l’effet escompté.

La haine qu’elle a suscité en effet fut dirigée contre les bourreaux et non contre leurs victimes. Cette histoire connut une belle postérité artistique : le poète Louis Aragon s’est inspiré de la dernière lettre de Missak Manouchian à sa femme avant sa mort pour écrire en 1955 le poème Strophes pour se souvenir, un poème mis en musique et chanté par Léo Ferré en 1959.

Mar 27

 Le Centre argentin d’information et de solidarité
Cette affiche représente, sur fond vert, un ballon reposant sur un tas de crânes couverts de gouttes de sang. Elle a été réalisée à l’occasion de la coupe du monde de football de 1978 organisée en Argentine. Cet événement a soulevé de vives protestations dans les milieux des réfugiés argentins et les réseaux de solidarité et de défense des droits de l’Homme. L’exil des Argentins en France débute en 1974, mais prend des proportions beaucoup plus importantes à partir du coup d’Etat intervenu le 24 mars 1976 à Buenos-Aires. L’Argentine est alors dirigée par une dictature militaire. Le 22 juin 1976, le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) lance un appel demandant que des visas soient accordés pour permettre aux réfugiés de quitter l’Argentine. La France répond immédiatement à cet appel et devient une terre d’accueil pour ces émigrés. Entre 1976 et 1979, entre 2000 et 2500 Argentins arrivent en France pour des raisons politiques. Près de la moitié bénéficie du statut de réfugié octroyé par l’Office Français des Réfugiés et Apatrides (OFPRA).
L’arrivée de ces exilés argentins a favorisé la constitution de réseaux de solidarité en France. De nombreuses organisations d’exilés voient le jour comme la Commission Argentine des Droits de l’Homme (CADHU), la Commission de Solidarité des Parents des Prisonniers, Disparus et Tués en Argentine (CO.SO.FAM), ou encore le Centre Argentin d’Information et de Solidarité (CAIS), producteur de l’affiche et qui édite à partir de 1975 le bimensuel El Canillita. Informaciones de Argentina (Le crieur de journaux. Informations d’Argentine).La dénonciation de la dictature avait alors deux objectifs : promouvoir la solidarité parmi les exilés argentins et éveiller un intérêt pour la cause argentine au sein de la société française. La coupe du monde de football constitue la première occasion d’une mobilisation importante de la communauté argentine et sera suivie de manifestations hebdomadaires devant l’ambassade d’Argentine jusqu’en 1984.
En savoir +» Témoignage de Marie-Pascale CHEVANCE BERTIN est à l’origine de la création du Centre Argentin d’Information et de Solidaritacute (CAIS)
» Le fonds Argentine de la Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine
» Migrance 26 : “Histoire et mémoire de l’immigration française vers les Amériques : initiatives et expériences institutionnelles et associatives”

 Le Centre argentin d’information et de solidarité

Cette affiche représente, sur fond vert, un ballon reposant sur un tas de crânes couverts de gouttes de sang. Elle a été réalisée à l’occasion de la coupe du monde de football de 1978 organisée en Argentine. Cet événement a soulevé de vives protestations dans les milieux des réfugiés argentins et les réseaux de solidarité et de défense des droits de l’Homme. L’exil des Argentins en France débute en 1974, mais prend des proportions beaucoup plus importantes à partir du coup d’Etat intervenu le 24 mars 1976 à Buenos-Aires. L’Argentine est alors dirigée par une dictature militaire. Le 22 juin 1976, le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) lance un appel demandant que des visas soient accordés pour permettre aux réfugiés de quitter l’Argentine. La France répond immédiatement à cet appel et devient une terre d’accueil pour ces émigrés. Entre 1976 et 1979, entre 2000 et 2500 Argentins arrivent en France pour des raisons politiques. Près de la moitié bénéficie du statut de réfugié octroyé par l’Office Français des Réfugiés et Apatrides (OFPRA).

L’arrivée de ces exilés argentins a favorisé la constitution de réseaux de solidarité en France. De nombreuses organisations d’exilés voient le jour comme la Commission Argentine des Droits de l’Homme (CADHU), la Commission de Solidarité des Parents des Prisonniers, Disparus et Tués en Argentine (CO.SO.FAM), ou encore le Centre Argentin d’Information et de Solidarité (CAIS), producteur de l’affiche et qui édite à partir de 1975 le bimensuel El Canillita. Informaciones de Argentina (Le crieur de journaux. Informations d’Argentine).La dénonciation de la dictature avait alors deux objectifs : promouvoir la solidarité parmi les exilés argentins et éveiller un intérêt pour la cause argentine au sein de la société française. La coupe du monde de football constitue la première occasion d’une mobilisation importante de la communauté argentine et sera suivie de manifestations hebdomadaires devant l’ambassade d’Argentine jusqu’en 1984.

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» Témoignage de Marie-Pascale CHEVANCE BERTIN est à l’origine de la création du Centre Argentin d’Information et de Solidaritacute (CAIS)

» Le fonds Argentine de la Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine

» Migrance 26 : “Histoire et mémoire de l’immigration française vers les Amériques : initiatives et expériences institutionnelles et associatives”

Mar 13

Histoire et recherche identitaire d’Abdelmalek SayadAu moment où se clôt la période commémorative du cinquantenaire de l’indépendance algérienne, il est bon de renvoyer aux pages éclairantes d’Abdelmalek Sayad sur la catégorie du national étudiée sous l’angle privilégié de l’émigration-immigration et à son analyse critique sévère portée à l’endroit du nationalisme algérien (son anti-intellectualisme, ses silences sur l’apport de l’immigration dans la guerre d’Algérie, sur les dissensions internes et les protagonistes essentiels de cette histoire, etc.). Si le phénomène migratoire analysé par A. Sayad incite à l’analyse privilégiée de la confrontation entre Etats et sociétés d’accueil et d’origine, l’oeuvre de Sayad est aussi un retour réflexif sur les soubassements des sociétés qui se font face de part et d’autre des rives de la Méditerranée : de ce point de vue, ses analyses critiques portant sur la société algérienne, conservent une indéniable (et cruelle) actualité. « On peut dire que l’Algérie ne guérira jamais de sa situation actuelle, si elle ne fait pas un travail de réévaluation intégrale de son nationalisme : son nationalisme est né dans le contexte colonial, il est né de la colonisation, il est né anticolonial et il l’est resté, il le reste aujourd’hui encore, anachroniquement ; et ce nationalisme survit tel quel aux conditions politiques et historiques de sa constitution. Ce nationalisme n’a jamais su se constituer en lui-même. Même aujourd’hui que la colonisation a disparu, il est resté tel qu’il a commencé à se fabriquer en 1920. Il s’est donné une mythologie, prise de la France et apprise de la France - le mythe de la Nation - qui continue à fonctionner. De ce point de vue, le nationalisme algérien est le bon élève, mais bien tardivement du nationalisme français, à l’école duquel il s’est constitué, même en le combattant et en cherchant à s’en émanciper. De manière générale, c’est la vision que la société algérienne s’est donnée d’elle-même : j’existe et j’ai toujours existé d’essence, de toute éternité. Je n’ai pas besoin d’histoire, même si je suis dans l’Histoire ; je ne suis pas un produit de l’Histoire mais l’Histoire elle-même. L’être que je suis aujourd’hui, l’être algérien de ce jour serait comme un être incréé, historiquement parlant ».Histoire et Recherche Identitaire, Editions Bouchène, 2002, p.74-75.

Histoire et recherche identitaire d’Abdelmalek Sayad

Au moment où se clôt la période commémorative du cinquantenaire de l’indépendance algérienne, il est bon de renvoyer aux pages éclairantes d’Abdelmalek Sayad sur la catégorie du national étudiée sous l’angle privilégié de l’émigration-immigration et à son analyse critique sévère portée à l’endroit du nationalisme algérien (son anti-intellectualisme, ses silences sur l’apport de l’immigration dans la guerre d’Algérie, sur les dissensions internes et les protagonistes essentiels de cette histoire, etc.). Si le phénomène migratoire analysé par A. Sayad incite à l’analyse privilégiée de la confrontation entre Etats et sociétés d’accueil et d’origine, l’oeuvre de Sayad est aussi un retour réflexif sur les soubassements des sociétés qui se font face de part et d’autre des rives de la Méditerranée : de ce point de vue, ses analyses critiques portant sur la société algérienne, conservent une indéniable (et cruelle) actualité.
 
« On peut dire que l’Algérie ne guérira jamais de sa situation actuelle, si elle ne fait pas un travail de réévaluation intégrale de son nationalisme : son nationalisme est né dans le contexte colonial, il est né de la colonisation, il est né anticolonial et il l’est resté, il le reste aujourd’hui encore, anachroniquement ; et ce nationalisme survit tel quel aux conditions politiques et historiques de sa constitution. Ce nationalisme n’a jamais su se constituer en lui-même. Même aujourd’hui que la colonisation a disparu, il est resté tel qu’il a commencé à se fabriquer en 1920. Il s’est donné une mythologie, prise de la France et apprise de la France - le mythe de la Nation - qui continue à fonctionner. De ce point de vue, le nationalisme algérien est le bon élève, mais bien tardivement du nationalisme français, à l’école duquel il s’est constitué, même en le combattant et en cherchant à s’en émanciper. De manière générale, c’est la vision que la société algérienne s’est donnée d’elle-même : j’existe et j’ai toujours existé d’essence, de toute éternité. Je n’ai pas besoin d’histoire, même si je suis dans l’Histoire ; je ne suis pas un produit de l’Histoire mais l’Histoire elle-même. L’être que je suis aujourd’hui, l’être algérien de ce jour serait comme un être incréé, historiquement parlant ».

Histoire et Recherche Identitaire, Editions Bouchène, 2002, p.74-75.

Fév 26

 Le restaurant de Fatéma Hal

Dans son numéro de février/mars 1985 sur le thème « Femmes. Portraits et guides », le journal Sans frontière dresse sur 160 pages les portraits de plusieurs femmes, connues ou anonymes, issues de l’immigration. Dans l’articleintitulé « Paris. Le resto de Fatéma » est ainsi narrée l’expérience de la jeune marocaine Fatéma Hal, à la tête du restaurant Le Mansouria.
« J’ai appelé mon restaurant Le Mansouria. C’est le nom de ma mère, une femme extraordinaire », ainsi débute l’article qui retrace le parcours d’une jeune femme originaire de la ville d’Oudja, au Maroc, et qui s’est consacrée pendant vingt ans à recueillir des recettes traditionnelles auprès de celles qui en étaient les gardiennes dans son pays d’origine, ce qu’elle raconte dans son récit autobiographique Fille des frontières (2011).

Arrivée en France en 1970, Fatéma Hal étudie la littérature arabe et l’ethnologie et occupe un poste de conseillère technique à la direction régionale (Ile-de-France) du ministère des Droits de la Femme avant d’ouvrir son premier restaurant en 1979. L’entreprise faisant faillite, cette femme divorcée et mère de cinq enfants ne baisse pas les bras et, grâce à un système ingénieux de bons-repas qu’elle vend à l’avance, rassemble l’argent nécessaire à une seconde tentative.

Elle ouvre ainsi Le Mansouria en 1984 rue Faidherbe, dans le 11ème arrondissement de Paris, qui jouit aujourd’hui d’une belle réputation. Soucieuse de transmettre son savoir-faire, la restauratrice, qui a reçu la Légion d’honneur en 2001, a créé en 2009 une école de cuisine. Elle donne régulièrement des cours, des conférences et publie des ouvrages sur la gastronomie marocaine. L’article de Sans Frontière semble ainsi visionnaire quand il concluait : « Fatéma Hal veut redonner à la cuisine marocaine la place qu’elle mérite ».

En savoir +
Site du Mansouria : http://www.mansouria.fr/

Marie POINSOT, « Partage et transmission de la cuisine marocaine en France - Entretien de Fatéma Hal, ethnologue de formation, propriétaire du restaurant La Mansouria », Revue Hommes et migrations, n°1283, janvier-février 2010

Fatéma HAL, Filles des frontières, Paris, Phippe Rey, 2011, 336 p.

 Le restaurant de Fatéma Hal

Dans son numéro de février/mars 1985 sur le thème « Femmes. Portraits et guides », le journal Sans frontière dresse sur 160 pages les portraits de plusieurs femmes, connues ou anonymes, issues de l’immigration. Dans l’article
intitulé « Paris. Le resto de Fatéma » est ainsi narrée l’expérience de la jeune marocaine Fatéma Hal, à la tête du restaurant Le Mansouria.

« J’ai appelé mon restaurant Le Mansouria. C’est le nom de ma mère, une femme extraordinaire », ainsi débute l’article qui retrace le parcours d’une jeune femme originaire de la ville d’Oudja, au Maroc, et qui s’est consacrée pendant vingt ans à recueillir des recettes traditionnelles auprès de celles qui en étaient les gardiennes dans son pays d’origine, ce qu’elle raconte dans son récit autobiographique Fille des frontières (2011).

Arrivée en France en 1970, Fatéma Hal étudie la littérature arabe et l’ethnologie et occupe un poste de conseillère technique à la direction régionale (Ile-de-France) du ministère des Droits de la Femme avant d’ouvrir son premier restaurant en 1979. L’entreprise faisant faillite, cette femme divorcée et mère de cinq enfants ne baisse pas les bras et, grâce à un système ingénieux de bons-repas qu’elle vend à l’avance, rassemble l’argent nécessaire à une seconde tentative.

Elle ouvre ainsi Le Mansouria en 1984 rue Faidherbe, dans le 11ème arrondissement de Paris, qui jouit aujourd’hui d’une belle réputation. Soucieuse de transmettre son savoir-faire, la restauratrice, qui a reçu la Légion d’honneur en 2001, a créé en 2009 une école de cuisine. Elle donne régulièrement des cours, des conférences et publie des ouvrages sur la gastronomie marocaine. L’article de Sans Frontière semble ainsi visionnaire quand il concluait : « Fatéma Hal veut redonner à la cuisine marocaine la place qu’elle mérite ».

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Site du Mansouria : http://www.mansouria.fr/

Marie POINSOT, « Partage et transmission de la cuisine marocaine en France - Entretien de Fatéma Hal, ethnologue de formation, propriétaire du restaurant La Mansouria », Revue Hommes et migrations, n°1283, janvier-février 2010

Fatéma HAL, Filles des frontières, Paris, Phippe Rey, 2011, 336 p.

Fév 07

Baraka : l’amour métis
Dans son numéro 6, publié en avril 1986, la revue Baraka, le “News Magazine” qui fait suite au journal Sans Frontière et édité de 1986 à 1987, consacre un dossier-enquête à la difficile thématique de l’ « amour métis ». Driss El Yazami explique dans l’éditorial qui ouvre le journal et intitulé « Cours Fatima… Le Harem est derrière toi », que « en France, des milliers de Maghrébines “craquent pour la blondeur” et Baraka est allé à leur rencontre ». C’est en effet sous l’angle des femmes que le journal aborde la question des relations amoureuses et de la sexualité des migrants.
Ainsi le premier article du dossier, « Il faut que ça saigne », est consacré à la question de la réfection de l’hymen, l’opération chirurgicale consistant à « se refaire une virginité » et que pratiquent de jeunes migrantes dans la peur de ne pas tâcher le drap le jour du mariage. Dans le second article, « Suis-moi dans le désert », quatre jeunes femmes évoquent les contradictions auxquelles elles se heurtent dans leur expérience de l’amour, tiraillées entre leur désir de liberté, la pression de leurs parents et leurs rêves d’enfance. Ainsi, comme le souligne le sous-titre de l’article, si elles « craquent pour les “blonds” […] elles rêvent parfois du “frisé” idéal », qui leur permettrait de concilier les valeurs du pays de départ et de celui de l’immigration.
Dans l’interview qui clôt l’enquête, l’ethnologue Camille Lacoste-Dujardin, auteure du livre Des mères contre des femmes (1985), souligne le rôle des mères maghrébines chargées d’inculquer à leurs filles une sexualité à la fois tabou et sociale et relayant ainsi la domination masculine. La chercheuse évoque également les changements à l’oeuvre alors que des inspirations individuelles se font jour, que les filles sont scolarisées de plus en plus tard, et que les Etats du Maghreb tentent d’endiguer la natalité. Et de conclure : « Si le rôle des femmes n’est plus exclusivement ou très prioritairement, un rôle de mère, il faudra bien leur faire une autre place. »
En savoir plus- « Construction des sexualités et migration », Migrance 27, premier semestre 2006
- RYGIEL Philippe, LILLO Natacha (dir), Rapports sociaux de sexe et immigration (mondes atlantiques, XIXe-XXe siècles), Paris, Publibook Université, 2007
- Melting Post : Les couples mixtes souhaitent beaucoup d’amour à Monsieur et Madame Pasqua

Baraka : l’amour métis

Dans son numéro 6, publié en avril 1986, la revue Baraka, le “News Magazine” qui fait suite au journal Sans Frontière et édité de 1986 à 1987, consacre un dossier-enquête à la difficile thématique de l’ « amour métis ». Driss El Yazami explique dans l’éditorial qui ouvre le journal et intitulé « Cours Fatima… Le Harem est derrière toi », que « en France, des milliers de Maghrébines “craquent pour la blondeur” et Baraka est allé à leur rencontre ». C’est en effet sous l’angle des femmes que le journal aborde la question des relations amoureuses et de la sexualité des migrants.

Ainsi le premier article du dossier, « Il faut que ça saigne », est consacré à la question de la réfection de l’hymen, l’opération chirurgicale consistant à « se refaire une virginité » et que pratiquent de jeunes migrantes dans la peur de ne pas tâcher le drap le jour du mariage. Dans le second article, « Suis-moi dans le désert », quatre jeunes femmes évoquent les contradictions auxquelles elles se heurtent dans leur expérience de l’amour, tiraillées entre leur désir de liberté, la pression de leurs parents et leurs rêves d’enfance. Ainsi, comme le souligne le sous-titre de l’article, si elles « craquent pour les “blonds” […] elles rêvent parfois du “frisé” idéal », qui leur permettrait de concilier les valeurs du pays de départ et de celui de l’immigration.

Dans l’interview qui clôt l’enquête, l’ethnologue Camille Lacoste-Dujardin, auteure du livre Des mères contre des femmes (1985), souligne le rôle des mères maghrébines chargées d’inculquer à leurs filles une sexualité à la fois tabou et sociale et relayant ainsi la domination masculine. La chercheuse évoque également les changements à l’oeuvre alors que des inspirations individuelles se font jour, que les filles sont scolarisées de plus en plus tard, et que les Etats du Maghreb tentent d’endiguer la natalité. Et de conclure : « Si le rôle des femmes n’est plus exclusivement ou très prioritairement, un rôle de mère, il faudra bien leur faire une autre place. »

En savoir plus
- « Construction des sexualités et migration », Migrance 27, premier semestre 2006

- RYGIEL Philippe, LILLO Natacha (dir), Rapports sociaux de sexe et immigration (mondes atlantiques, XIXe-XXe siècles), Paris, Publibook Université, 2007

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Jan 25

Yennayer ou le Nouvel An berbèreReprésentant des portraits de chanteurs sur un fond noir, cette affiche a été réalisée à l’occasion du Nouvel An berbère, Yennayer (yiwen et agur, yennayer signifierait littéralement le premier mois, soit le mois de janvier), en 1997, par l’Association de culture berbère (ACB). Cette association tire ses origines des « Ateliers de Culture Berbère » créés en 1979 dans l’Est parisien où la culture kabyle est présente depuis un demi-siècle. Perçue dans un premier temps comme une bande de copains du quartier de Ménilmontant s’intéressant à leur culture d’origine, l’ACB peut en 1981, et grâce à la loi du 9 octobre de la même année, se constituer en association. Le A de « Ateliers » devient alors celui d’ « Association ». L’ACB a développé son travail autour de la revendication linguistique et du lien avec la culture d’origine puis a élargi ses préoccupations à l’intégration de ses membres au pays d’accueil. Dans les années 1980, elle a ainsi ouvert une activité de soutien scolaire et une permanence juridique et sociale.Le Nouvel An berbère correspond au 12 janvier du calendrier julien. Il y a plusieurs hypothèses formulées quant à ses origines. L’une d’entre elles avance que la date serait issue du calendrier agraire et utilisée par les Berbères depuis l’Antiquité. Cette date marque le début de l’année et consacre le passage de « La Porte de l’Année ». Il s’agit d’une fête non musulmane traditionnellement célébrée un peu partout en Afrique du Nord et qui dure, selon les régions, de deux à quatre jours. Yennayer donne lieu à diverses festivités dont le partage d’un repas traditionnel et copieux. Tous les convives doivent sortir de table rassasiés afin que l’année soit prospère.Cette année Génériques va numériser et mettre en ligne dans Odysséo une partie des archives, des photographies, des affiches et les périodiques, de l’ACB.  Sortira également en février le Migrance 40 sur la chanson kabyle en France et la mémoire de l’immigration. En savoir +- Site de l’ACB

Yennayer ou le Nouvel An berbère

Représentant des portraits de chanteurs sur un fond noir, cette affiche a été réalisée à l’occasion du Nouvel An berbère, Yennayer (yiwen et agur, yennayer signifierait littéralement le premier mois, soit le mois de janvier), en 1997, par l’Association de culture berbère (ACB).

Cette association tire ses origines des « Ateliers de Culture Berbère » créés en 1979 dans l’Est parisien où la culture kabyle est présente depuis un demi-siècle. Perçue dans un premier temps comme une bande de copains du quartier de Ménilmontant s’intéressant à leur culture d’origine, l’ACB peut en 1981, et grâce à la loi du 9 octobre de la même année, se constituer en association. Le A de « Ateliers » devient alors celui d’ « Association ». L’ACB a développé son travail autour de la revendication linguistique et du lien avec la culture d’origine puis a élargi ses préoccupations à l’intégration de ses membres au pays d’accueil. Dans les années 1980, elle a ainsi ouvert une activité de soutien scolaire et une permanence juridique et sociale.

Le Nouvel An berbère correspond au 12 janvier du calendrier julien. Il y a plusieurs hypothèses formulées quant à ses origines. L’une d’entre elles avance que la date serait issue du calendrier agraire et utilisée par les Berbères depuis l’Antiquité. Cette date marque le début de l’année et consacre le passage de « La Porte de l’Année ». Il s’agit d’une fête non musulmane traditionnellement célébrée un peu partout en Afrique du Nord et qui dure, selon les régions, de deux à quatre jours. Yennayer donne lieu à diverses festivités dont le partage d’un repas traditionnel et copieux. Tous les convives doivent sortir de table rassasiés afin que l’année soit prospère.

Cette année Génériques va numériser et mettre en ligne dans Odysséo une partie des archives, des photographies, des affiches et les périodiques, de l’ACB.  Sortira également en février le Migrance 40 sur la chanson kabyle en France et la mémoire de l’immigration.

En savoir +
- Site de l’ACB

Jan 10

L’AEFTI, l’Association pour l’enseignement et la formation des travailleurs immigrés et leurs familles
Cette affiche a été réalisée à l’occasion du 20ème anniversaire de la Fédération nationale des associations pour l’enseignement et la formation des travailleurs immigrés et leurs familles (Fédération AEFTI), un réseau d’associations créé en 1971 et qui se donne « pour but fondamental la lutte contre l’illettrisme et l’analphabétisme, la promotion du droit à la formation et à la qualification de la population immigrée et des publics en difficulté d’insertion ».
En s’appuyant sur des données issues de plusieurs enquêtes, Didier Gélot et Claude Minni montrent dans une étude que les immigrés accèdent moins à la formation professionnelle continue que les Français d’origine. Quant aux personnes nées de parents immigrés, elles accèdent aux dispositifs de formation dans des proportions proches de celles des non-immigrés, sauf celles dont les deux parents sont originaires du Maghreb.
Rappelons également que les enfants d’immigrés restent aujourd’hui parmi les élèves qui encourent les plus grands risques de difficultés ou d’échecs scolaires. Cependant, d’après les dernières études, les filles immigrées ou descendantes d’immigrés, s’en sortiraient mieux que les filles françaises d’origine. De plus, au sein des populations défavorisées, les enfants d’immigrés s’en sortent mieux que les autres élèves.
Animée à ses débuts en région parisienne par des formateurs bénévoles, parmi lesquels des militants communistes, chrétiens progressistes et syndicalistes de la CGT, l’AEFTI s’est professionnalisée tout en maintenant une structure associative vivante. L’association étend progressivement ses activités en province et engage des salariés en 1976. La fédération compte aujourd’hui 96 centres à travers la France. Au-delà de leurs compétences en terme de formation, les centres AEFTI sont aussi des associations « attachées aux droits de l’homme concernant la lutte contre les inégalités aux plans de l’éducation, des savoirs et de l’emploi. »
En savoir +- Melting Post : La scolarisation des enfants d’immigrés- Didier Gélot et Claude Minni, « Les immigrés accèdent moins à la formation professionnelle continue », Formation emploi, 94 | 2006, 93-109- Le fonds de l’AEFTI de Seine-Saint-Denis a été traité par Génériques. Il est disponible dans Odysséo.- Le site de l’AEFTI

L’AEFTI, l’Association pour l’enseignement et la formation des travailleurs immigrés et leurs familles

Cette affiche a été réalisée à l’occasion du 20ème anniversaire de la Fédération nationale des associations pour l’enseignement et la formation des travailleurs immigrés et leurs familles (Fédération AEFTI), un réseau d’associations créé en 1971 et qui se donne « pour but fondamental la lutte contre l’illettrisme et l’analphabétisme, la promotion du droit à la formation et à la qualification de la population immigrée et des publics en difficulté d’insertion ».

En s’appuyant sur des données issues de plusieurs enquêtes, Didier Gélot et Claude Minni montrent dans une étude que les immigrés accèdent moins à la formation professionnelle continue que les Français d’origine. Quant aux personnes nées de parents immigrés, elles accèdent aux dispositifs de formation dans des proportions proches de celles des non-immigrés, sauf celles dont les deux parents sont originaires du Maghreb.

Rappelons également que les enfants d’immigrés restent aujourd’hui parmi les élèves qui encourent les plus grands risques de difficultés ou d’échecs scolaires. Cependant, d’après les dernières études, les filles immigrées ou descendantes d’immigrés, s’en sortiraient mieux que les filles françaises d’origine. De plus, au sein des populations défavorisées, les enfants d’immigrés s’en sortent mieux que les autres élèves.

Animée à ses débuts en région parisienne par des formateurs bénévoles, parmi lesquels des militants communistes, chrétiens progressistes et syndicalistes de la CGT, l’AEFTI s’est professionnalisée tout en maintenant une structure associative vivante. L’association étend progressivement ses activités en province et engage des salariés en 1976. La fédération compte aujourd’hui 96 centres à travers la France. Au-delà de leurs compétences en terme de formation, les centres AEFTI sont aussi des associations « attachées aux droits de l’homme concernant la lutte contre les inégalités aux plans de l’éducation, des savoirs et de l’emploi. »

En savoir +
- Melting Post : La scolarisation des enfants d’immigrés
- Didier Gélot et Claude Minni, « Les immigrés accèdent moins à la formation professionnelle continue », Formation emploi, 94 | 2006, 93-109
- Le fonds de l’AEFTI de Seine-Saint-Denis a été traité par Génériques. Il est disponible dans Odysséo.
- Le site de l’AEFTI

Déc 20

Meeting du 2 avril 1977 à la Mutualité 
Cette affiche a été réalisée à l’occasion du second meeting du Comité de coordination des foyers en lutte, qui s’est tenu le 2 avril 1977 à la Maison de la Mutualité. La partie gauche de l’affiche, illustrée par deux photographies, fait référence au retour en France de douze délégués de sept foyers Sonacotra (SOciété NAtionale de COnstruction de logements pour les TRAvailleurs) qui avaient été expulsés en avril 1976, après l’annulation par le Conseil d’Etat des arrêtés d’expulsion pris à leur encontre en mars 1977.
Le texte figurant dans l’encadré rouge invite à continuer la mobilisation pour mettre fin aux expulsions d’étrangers. Le premier meeting du Comité de coordination des foyers en lutte, qui marque la politisation du mouvement de lutte des résidents des foyers Sonacotra lancé en 1975, s’était également tenu à la Maison de la Mutualité, le 21 février 1976.
Construite en 1930 et inaugurée en 1931 par le président de la République Paul Doumer, la Maison de la Mutualité a, depuis sa création, été un haut lieu de rencontres et de rassemblements politiques. S’y est tenue notamment le 21 juin 1973 une réunion publique organisée par le mouvement d’extrême droite, Ordre Nouveau, sur le thème « Halte à l’immigration sauvage ». En réaction à cette réunion, neuf groupes d’extrême gauche organisèrent le soir même une contre-manifestation qui se termina en affrontements violents entre supporters et opposants à Ordre Nouveau.
Juste quelques mois auparavant, le 1er avril 1973, la Maison de la Mutualité avait été l’hôte d’une toute autre manifestation. Réunissant 4 000 étrangers en situation irrégulière venus de toute la France et soutenus par divers comités de soutien, ce rassemblement national contestait les circulaires Marcellin-Fontanet (1972). Appliquées à partir de septembre 1972, ces circulaires soumettaient la délivrance de cartes de séjour à la possession d’un contrat de travail d’un an et d’un logement « décent ».
Pour en savoir +
Pitti Laure, « Travailleurs de France, voilà votre nom », in Migrance n°25, Immigration et luttes sociales : filiations et ruptures (1968-2003), troisième trimestre 2005
De la clandestinité à la reconnaissance, entretien avec Saïd Bouziri par Hélène Trappo, Plein Droit n° 11, « Travail au noir ? Travail clandestin ? Travail illégal ? », juillet 1990

Meeting du 2 avril 1977 à la Mutualité

Cette affiche a été réalisée à l’occasion du second meeting du Comité de coordination des foyers en lutte, qui s’est tenu le 2 avril 1977 à la Maison de la Mutualité. La partie gauche de l’affiche, illustrée par deux photographies, fait référence au retour en France de douze délégués de sept foyers Sonacotra (SOciété NAtionale de COnstruction de logements pour les TRAvailleurs) qui avaient été expulsés en avril 1976, après l’annulation par le Conseil d’Etat des arrêtés d’expulsion pris à leur encontre en mars 1977.

Le texte figurant dans l’encadré rouge invite à continuer la mobilisation pour mettre fin aux expulsions d’étrangers. Le premier meeting du Comité de coordination des foyers en lutte, qui marque la politisation du mouvement de lutte des résidents des foyers Sonacotra lancé en 1975, s’était également tenu à la Maison de la Mutualité, le 21 février 1976.

Construite en 1930 et inaugurée en 1931 par le président de la République Paul Doumer, la Maison de la Mutualité a, depuis sa création, été un haut lieu de rencontres et de rassemblements politiques. S’y est tenue notamment le 21 juin 1973 une réunion publique organisée par le mouvement d’extrême droite, Ordre Nouveau, sur le thème « Halte à l’immigration sauvage ». En réaction à cette réunion, neuf groupes d’extrême gauche organisèrent le soir même une contre-manifestation qui se termina en affrontements violents entre supporters et opposants à Ordre Nouveau.

Juste quelques mois auparavant, le 1er avril 1973, la Maison de la Mutualité avait été l’hôte d’une toute autre manifestation. Réunissant 4 000 étrangers en situation irrégulière venus de toute la France et soutenus par divers comités de soutien, ce rassemblement national contestait les circulaires Marcellin-Fontanet (1972). Appliquées à partir de septembre 1972, ces circulaires soumettaient la délivrance de cartes de séjour à la possession d’un contrat de travail d’un an et d’un logement « décent ».

Pour en savoir +

Pitti Laure, « Travailleurs de France, voilà votre nom », in Migrance n°25, Immigration et luttes sociales : filiations et ruptures (1968-2003), troisième trimestre 2005

De la clandestinité à la reconnaissance, entretien avec Saïd Bouziri par Hélène Trappo, Plein Droit n° 11, « Travail au noir ? Travail clandestin ? Travail illégal ? », juillet 1990