Semaine européenne du patrimoine des migrations en Europe
La Semaine européenne du patrimoine des migrations en Europe, (“European Migration Heritage Week”), est une manifestation culturelle créée à l’initiative du Centre de Documentation sur les Migrations Humaines (CDMH - Luxembourg) dont la première édition s’est tenue en 2004. Elle s’inscrit dans le cadre du projet  “Itinéraire Européen du Patrimoine des Migrations” (“European Migration Heritage Route”) qui vise à rassembler au sein d’un même réseau des structures travaillant sur le thème des migrations afin de de générer une vision globale du phénomène migratoire en Europe. Les membres de l’Association of European Migration Institutions (AEMI) sont ainsi engagés dans des recherches en matière de migrations qui ont pour objet de mieux faire comprendre le phénomène de la mobilité humaine.La Semaine européenne du patrimoine des migrations en Europe, qui bénéficie de l’appui logistique de l’Institut européen des Itinéraires culturels sous l’égide du Conseil de l’Europe, a pour but de faire connaître le patrimoine des migrations à un large public. Il s’agit ainsi, pendant la première semaine du mois d’octobre, de mettre à l’honneur des éléments du patrimoine des migrations tant matériels (lieux, architecture, archives etc.), qu’immatériels (langues, littératures, musiques, traditions culinaires, etc.), et de développer des activités culturelles (expositions, débats, rencontres, projections de films,…) autour du thème des migrations en Europe. Chaque année, une thématique est retenue comme la question des archives des migrations en 2005 ou les circuits de visite locaux, régionaux, internationaux permettant de découvrir des lieux liés au patrimoine des migrations en 2006.
En savoir + : Semaine européenne du patrimoine des migrations (2004)Semaine européenne du patrimoine des migrations (2007)

Semaine européenne du patrimoine des migrations en Europe

La Semaine européenne du patrimoine des migrations en Europe, (“European Migration Heritage Week”), est une manifestation culturelle créée à l’initiative du Centre de Documentation sur les Migrations Humaines (CDMH - Luxembourg) dont la première édition s’est tenue en 2004. Elle s’inscrit dans le cadre du projet  “Itinéraire Européen du Patrimoine des Migrations” (“European Migration Heritage Route”) qui vise à rassembler au sein d’un même réseau des structures travaillant sur le thème des migrations afin de de générer une vision globale du phénomène migratoire en Europe. Les membres de l’Association of European Migration Institutions (AEMI) sont ainsi engagés dans des recherches en matière de migrations qui ont pour objet de mieux faire comprendre le phénomène de la mobilité humaine.

La Semaine européenne du patrimoine des migrations en Europe, qui bénéficie de l’appui logistique de l’Institut européen des Itinéraires culturels sous l’égide du Conseil de l’Europe, a pour but de faire connaître le patrimoine des migrations à un large public. Il s’agit ainsi, pendant la première semaine du mois d’octobre, de mettre à l’honneur des éléments du patrimoine des migrations tant matériels (lieux, architecture, archives etc.), qu’immatériels (langues, littératures, musiques, traditions culinaires, etc.), et de développer des activités culturelles (expositions, débats, rencontres, projections de films,…) autour du thème des migrations en Europe. Chaque année, une thématique est retenue comme la question des archives des migrations en 2005 ou les circuits de visite locaux, régionaux, internationaux permettant de découvrir des lieux liés au patrimoine des migrations en 2006.

En savoir + :
Semaine européenne du patrimoine des migrations (2004)
Semaine européenne du patrimoine des migrations (2007)

Carte de séjour
Créé en 1980 à Lyon par Rachid Taha, Djamel Dif, Mokhtar Amini, Mohamed Amini, et Éric Vaquer, Carte de séjour est le premier groupe de musique rock-beur issu des cités françaises. Avec son style musical unique, qui allie des influences rock et raï, Carte de séjour met en avant le contexte identitaire difficile dans lequel vit une large partie de la communauté française d’origine maghrébine de la seconde génération. Le nom du groupe fait référence à l’une des revendications des marcheurs de 1983 qui exigeaient la carte de séjour de dix ans renouvelable et le droit de vote des étrangers. 
Carte de séjour est d’abord repéré et produit par Bernard Meyet sur son label Mosquito. Le guitariste soliste Éric Vaquer quitte rapidement le groupe et est vite remplacé par le seul « français d’origine », Jérôme Savy, qui apportera la touche arabisante. Djamel Dif quitte à son tour le groupe en 1982 pour produire la musique du chanteur algérien de raï Khaled et la chanteuse de pop franco-marocaine Sapho.
Carte de séjour décolle véritablement en 1982 en faisant l’ouverture du groupe Téléphone au Palais des Sports à Paris. Le groupe participe ensuite au grand concert qui clôt la Marche pour l’égalité à la Bastille en 1983. Avec leur reprise du célèbre « Douce France » de Charles Trénet en 1986, la carrière du groupe marquera un tournant. Cette reprise est largement diffusée sur les FM et à la télévision et met en lumière, en pleine montée du Front national, les questions sociétales de l’intégration des « Beurs ».
–Il revient à ma mémoire des souvenirs familiers  
Je revois ma blouse noire lorsque j’étais écolierSur le chemin de l’école je chantais à pleine voix 
Des romances sans paroles, vieilles chansons d’autrefoisDouce France, cher pays de mon enfance, bercée de tendre insouciance, je t’ai gardée dans mon cœur !
(paroles de la reprise de Douce France par Carte de séjour) —
La musique de Carte de séjour est un rock-punk arabe qui va à la fois à la rencontre de la chanteuse égyptienne Oum Kalsoum, du groupe de rock anglais The Clash et des rythmes gnawa ; même si peu à peu, Carte de séjour s’oriente vers le raï algérien. « J’ai toujours baigné dans différentes ambiances musicales, les bars, les voyages et aussi les bals que j’ai fréquentés quand j’étais ado. Je peux danser sur du Carlos comme sur du Johnny Cash ». (Rachid Taha 2007).
Le groupe participe à plusieurs émissions de télévision comme Megahertz (1982) présentée par Alain Maneval, Droit de réponse de Michel Polac (1982) ou encore Mosaïque, une émission de variété produite par l’Agence pour le développement des relations interculturelles qui alterne séquences musicales et reportages filmés sur la vie des communautés en France.
Prônant l’intégration et la tolérance, Carte de séjour distribue gratuitement ses disques aux députés de l’Assemblée nationale avec le soutien de Jack Lang, alors ministre de la Culture. Le groupe se sépare en 1990 et Rachid Taha entame une carrière solo avec la sortie de son premier album Barbès en 1991. Carte de séjour laisse un single éponyme et deux albums : Rhoromanie en 1984 et 2 et ½ en 1986.

Carte de séjour

Créé en 1980 à Lyon par Rachid Taha, Djamel Dif, Mokhtar Amini, Mohamed Amini, et Éric Vaquer, Carte de séjour est le premier groupe de musique rock-beur issu des cités françaises. Avec son style musical unique, qui allie des influences rock et raï, Carte de séjour met en avant le contexte identitaire difficile dans lequel vit une large partie de la communauté française d’origine maghrébine de la seconde génération. Le nom du groupe fait référence à l’une des revendications des marcheurs de 1983 qui exigeaient la carte de séjour de dix ans renouvelable et le droit de vote des étrangers. 

Carte de séjour est d’abord repéré et produit par Bernard Meyet sur son label Mosquito. Le guitariste soliste Éric Vaquer quitte rapidement le groupe et est vite remplacé par le seul « français d’origine », Jérôme Savy, qui apportera la touche arabisante. Djamel Dif quitte à son tour le groupe en 1982 pour produire la musique du chanteur algérien de raï Khaled et la chanteuse de pop franco-marocaine Sapho.

Carte de séjour décolle véritablement en 1982 en faisant l’ouverture du groupe Téléphone au Palais des Sports à Paris. Le groupe participe ensuite au grand concert qui clôt la Marche pour l’égalité à la Bastille en 1983. Avec leur reprise du célèbre « Douce France » de Charles Trénet en 1986, la carrière du groupe marquera un tournant. Cette reprise est largement diffusée sur les FM et à la télévision et met en lumière, en pleine montée du Front national, les questions sociétales de l’intégration des « Beurs ».


Il revient à ma mémoire des souvenirs familiers 

Je revois ma blouse noire lorsque j’étais écolier
Sur le chemin de l’école je chantais à pleine voix

Des romances sans paroles, vieilles chansons d’autrefois
Douce France, cher pays de mon enfance, bercée de tendre insouciance, je t’ai gardée dans mon cœur !

(paroles de la reprise de Douce France par Carte de séjour)

La musique de Carte de séjour est un rock-punk arabe qui va à la fois à la rencontre de la chanteuse égyptienne Oum Kalsoum, du groupe de rock anglais The Clash et des rythmes gnawa ; même si peu à peu, Carte de séjour s’oriente vers le raï algérien. « J’ai toujours baigné dans différentes ambiances musicales, les bars, les voyages et aussi les bals que j’ai fréquentés quand j’étais ado. Je peux danser sur du Carlos comme sur du Johnny Cash ». (Rachid Taha 2007).

Le groupe participe à plusieurs émissions de télévision comme Megahertz (1982) présentée par Alain Maneval, Droit de réponse de Michel Polac (1982) ou encore Mosaïque, une émission de variété produite par l’Agence pour le développement des relations interculturelles qui alterne séquences musicales et reportages filmés sur la vie des communautés en France.

Prônant l’intégration et la tolérance, Carte de séjour distribue gratuitement ses disques aux députés de l’Assemblée nationale avec le soutien de Jack Lang, alors ministre de la Culture. Le groupe se sépare en 1990 et Rachid Taha entame une carrière solo avec la sortie de son premier album Barbès en 1991. Carte de séjour laisse un single éponyme et deux albums : Rhoromanie en 1984 et 2 et ½ en 1986.

Ahmed Othmani, un militant des droits de l’hommeDans son article à paraître dans le prochain numéro de Migrance intitulé « La mobilisation des immigrés pour la décolonisation. France, 1930-1970 », l’historien Burleigh Hendrickson étudie et compare les mouvements étudiants à la fin des années 1960 et dans les villes de Dakar (Sénégal) et à Tunis (Tunisie). Il revient notamment sur le Groupe d’études et d’action socialiste tunisien (GEAST), plus connu sous le nom de sa revue Perspectives, formé en octobre 1963 par des étudiants et des enseignants tunisiens et qu’Ahmed Othmani rejoint en 1965, à l’âge de 22 ans.Décédé en 2004 dans un accident à Rabat, Ahmed Othmani était un militant d’extrême gauche tunisien qui consacre une grande partie de sa vie à la défense des droits de l’homme en Tunisie et dans le monde. Descendant d’une tribu semi-nomade, il s’installe à Tunis à l’âge de 13 ans. Enfant, il restera marqué par la lutte armée pour l’indépendance tunisienne qui se déroule dans sa région (Sidi Bouzid). Étudiant en lettres françaises et philosophie à l’université de Tunis, il devient l’un des dirigeants du mouvement étudiant en Tunisie en 1964. En 1968, il participe à la mobilisation étudiante pour la libération de Mohamet Ben Jennet, un étudiant militant du groupe Perspectives arrêté et condamné à 20 ans de travaux forcés. Ahmed Othmani est alors arrêté et condamné à 12 ans de travaux forcés. Il sera emprisonné à plusieurs reprises entre décembre 1968 et août 1979. « J’ai acquis une certaine capacité à résister à la douleur, en apprenant à perdre toute espèce de sensation physique. Je ne ressentais plus rien en voyant mon sang couler », racontera-t-il plus tard dans le livre Sortir de la prison : un combat pour réformer les systèmes carcéraux dans le monde (éditions La Découverte, 2002).  Il passera plus de dix ans au bagne de Borj Erroumi, près de Bizerte, dont une longue période en isolement.Libéré de prison en 1979, il retrouve un an plus tard son épouse Simone Othmani Lellouche en France. Elle avait été expulsée de Tunisie et condamnée à six ans de prison par coutumace en 1972. Il poursuit le combat et la lutte en faveur des droits fondamentaux et de la dignité des prisonniers à travers le monde. Membre fondateur, en 1981, de la section tunisienne d’Amnesty International et artisan du développement de cette organisation dans le monde arabe, il participe en 1989 avec la Britannique Vivien Stern à la création de l’Organisation internationale de la réforme pénale (Penal Reform International, PRI), dont il devient le président en 1994. Depuis sa libération de prison en 1979, des intérêts communs entre les fondateurs de l’association Génériques et Ahmed Othmani les unissent autour de la question des droits de l’Homme dans le monde arabe. Une convention sera d’ailleurs signée en 2003 entre Simone Othmani Lellouche et Génériques pour constituer en fonds d’archives les documents de Simone Othmani Lellouche et Ahmed Othmani. Le fonds Simone et Ahmed Othmani a été ensuite déposé à la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine de Nanterre (BDIC). Il est à présent consultable à la BDIC selon les modalités de consultation des fonds.
En savoir plus :Ouvrage à plusieurs voix, Ahmed Othmani, une vie militante, Déméter, 2012Othmani Ahmed, “Répression en Tunisie”, in Les Temps Modernes, avril 1979

Ahmed Othmani, un militant des droits de l’homme

Dans son article à paraître dans le prochain numéro de Migrance intitulé « La mobilisation des immigrés pour la décolonisation. France, 1930-1970 », l’historien Burleigh Hendrickson étudie et compare les mouvements étudiants à la fin des années 1960 et dans les villes de Dakar (Sénégal) et à Tunis (Tunisie). Il revient notamment sur le Groupe d’études et d’action socialiste tunisien (GEAST), plus connu sous le nom de sa revue Perspectives, formé en octobre 1963 par des étudiants et des enseignants tunisiens et qu’Ahmed Othmani rejoint en 1965, à l’âge de 22 ans.

Décédé en 2004 dans un accident à Rabat, Ahmed Othmani était un militant d’extrême gauche tunisien qui consacre une grande partie de sa vie à la défense des droits de l’homme en Tunisie et dans le monde. Descendant d’une tribu semi-nomade, il s’installe à Tunis à l’âge de 13 ans. Enfant, il restera marqué par la lutte armée pour l’indépendance tunisienne qui se déroule dans sa région (Sidi Bouzid). Étudiant en lettres françaises et philosophie à l’université de Tunis, il devient l’un des dirigeants du mouvement étudiant en Tunisie en 1964.

En 1968, il participe à la mobilisation étudiante pour la libération de Mohamet Ben Jennet, un étudiant militant du groupe Perspectives arrêté et condamné à 20 ans de travaux forcés. Ahmed Othmani est alors arrêté et condamné à 12 ans de travaux forcés. Il sera emprisonné à plusieurs reprises entre décembre 1968 et août 1979. « J’ai acquis une certaine capacité à résister à la douleur, en apprenant à perdre toute espèce de sensation physique. Je ne ressentais plus rien en voyant mon sang couler », racontera-t-il plus tard dans le livre Sortir de la prison : un combat pour réformer les systèmes carcéraux dans le monde (éditions La Découverte, 2002).  Il passera plus de dix ans au bagne de Borj Erroumi, près de Bizerte, dont une longue période en isolement.

Libéré de prison en 1979, il retrouve un an plus tard son épouse Simone Othmani Lellouche en France. Elle avait été expulsée de Tunisie et condamnée à six ans de prison par coutumace en 1972. Il poursuit le combat et la lutte en faveur des droits fondamentaux et de la dignité des prisonniers à travers le monde. Membre fondateur, en 1981, de la section tunisienne d’Amnesty International et artisan du développement de cette organisation dans le monde arabe, il participe en 1989 avec la Britannique Vivien Stern à la création de l’Organisation internationale de la réforme pénale (Penal Reform International, PRI), dont il devient le président en 1994.

Depuis sa libération de prison en 1979, des intérêts communs entre les fondateurs de l’association Génériques et Ahmed Othmani les unissent autour de la question des droits de l’Homme dans le monde arabe. Une convention sera d’ailleurs signée en 2003 entre Simone Othmani Lellouche et Génériques pour constituer en fonds d’archives les documents de Simone Othmani Lellouche et Ahmed Othmani. Le fonds Simone et Ahmed Othmani a été ensuite déposé à la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine de Nanterre (BDIC). Il est à présent consultable à la BDIC selon les modalités de consultation des fonds.

En savoir plus :
Ouvrage à plusieurs voix, Ahmed Othmani, une vie militante, Déméter, 2012
Othmani Ahmed, “Répression en Tunisie”, in Les Temps Modernes, avril 1979

Le militant sénégalais Sally N’Dongo 
Né en 1924 à Sinthiougarba, au Sénégal, Sally N’Dongo était un militant qui joua un rôle de premier plan dans la communauté africaine immigrée en France dans les années 1960 et 1970. Il fut le fondateur en 1961 de l’Union générale des travailleurs sénégalais en France (UGTSF), une organisation qui regroupa également des Maliens et des Mauritaniens et dont l’objectif était d’aider les travailleurs africains en France à se loger, se former et obtenir des soins médicaux. L’attention de l’UGTSF s’est portée également sur la lutte contre le néocolonialisme que Sally N’Dongo s’est attaché à dénoncer tout au long de sa vie.
Dans son article intitulé « Sally N’Dongo, immigration africaine et aspects politiques du néocolonialisme en Afrique de l’Ouest et en France », à paraître dans le prochain numéro de Migrance, l’historienne Gillian Glaes expose la conception du néocolonialisme développée par Sally N’Dongo. Pour ce militant, l’indépendance politique ne s’est pas accompagnée d’une indépendance économique et la France continue d’exercer une influence sur ses anciennes colonies d’Afrique de l’Ouest après la décolonisation. Cette dernière a été rendue possible par le spécialisation agricole du Sénégal dans l’arachide au détriment du développement de l’industrie pendant la colonisation, et prend par la suite la forme d’aides, par exemple dans le cadre des accords de coopération signés après 1960 entre la France et ses anciennes colonies. A cela s’ajoute les liens qu’entretiennent les nationalistes devenus chefs d’Etat, comme Léopold Sédation Senghor, avec la classe dirigeante française. 
Pour Sally N’Dongo, l’immigration des travailleurs africains en France est une autre forme de néocolonialisme et de la dépendance des nouveaux états africains à l’ancien colonisateur. En cause, l’exploitation des travailleurs de l’Afrique de l’Ouest qui occupent des postes subalternes, subissent les attitudes racistes des employeurs, vivent dans des conditions précaires et font l’objet en France d’une ségrégation raciale. Sally N’Dongo conclue son ouvrage Voyage forcé : itinéraire d’un militant en disant : « Pour que cela change, pour que les racines de ce mal endémique soient une bonne fois arrachées, il faut que le peuple tout entier prenne ses responsabilités ».
En savoir +Migrance 39 : La mobilisation des immigrés pour la décolonisation, France 1930-1970Sally N’Dongo, La coopération franco-africaine, F. Asperme, Paris, 1972 Sally N’Dongo, “Coopération” et néo-colonialisme, Paris : François Maspero, 1976 Exil, connais pas, Sally N’Dongo ; propos recueillis par Michèle Pache, Éditions du Cerf, Paris , 1976 Voyage forcé : itinéraire d’un militant, Sally N’Dongo, François Maspero, Paris, 1975
Crédits photo : Manifestation des travailleurs immigrés, Sally N’Dongo, 1981  (auteur Kagan, Élie). ©BDIC/KAG T (675)

Le militant sénégalais Sally N’Dongo

Né en 1924 à Sinthiougarba, au Sénégal, Sally N’Dongo était un militant qui joua un rôle de premier plan dans la communauté africaine immigrée en France dans les années 1960 et 1970. Il fut le fondateur en 1961 de l’Union générale des travailleurs sénégalais en France (UGTSF), une organisation qui regroupa également des Maliens et des Mauritaniens et dont l’objectif était d’aider les travailleurs africains en France à se loger, se former et obtenir des soins médicaux. L’attention de l’UGTSF s’est portée également sur la lutte contre le néocolonialisme que Sally N’Dongo s’est attaché à dénoncer tout au long de sa vie.

Dans son article intitulé « Sally N’Dongo, immigration africaine et aspects politiques du néocolonialisme en Afrique de l’Ouest et en France », à paraître dans le prochain numéro de Migrance, l’historienne Gillian Glaes expose la conception du néocolonialisme développée par Sally N’Dongo. Pour ce militant, l’indépendance politique ne s’est pas accompagnée d’une indépendance économique et la France continue d’exercer une influence sur ses anciennes colonies d’Afrique de l’Ouest après la décolonisation. Cette dernière a été rendue possible par le spécialisation agricole du Sénégal dans l’arachide au détriment du développement de l’industrie pendant la colonisation, et prend par la suite la forme d’aides, par exemple dans le cadre des accords de coopération signés après 1960 entre la France et ses anciennes colonies. A cela s’ajoute les liens qu’entretiennent les nationalistes devenus chefs d’Etat, comme Léopold Sédation Senghor, avec la classe dirigeante française.

Pour Sally N’Dongo, l’immigration des travailleurs africains en France est une autre forme de néocolonialisme et de la dépendance des nouveaux états africains à l’ancien colonisateur. En cause, l’exploitation des travailleurs de l’Afrique de l’Ouest qui occupent des postes subalternes, subissent les attitudes racistes des employeurs, vivent dans des conditions précaires et font l’objet en France d’une ségrégation raciale. Sally N’Dongo conclue son ouvrage Voyage forcé : itinéraire d’un militant en disant : « Pour que cela change, pour que les racines de ce mal endémique soient une bonne fois arrachées, il faut que le peuple tout entier prenne ses responsabilités ».

En savoir +
Migrance 39 : La mobilisation des immigrés pour la décolonisation, France 1930-1970
Sally N’Dongo
, La coopération franco-africaine, F. Asperme, Paris, 1972 
Sally N’Dongo, “Coopération” et néo-colonialisme, Paris : François Maspero, 1976 
Exil, connais pas, Sally N’Dongo ; propos recueillis par Michèle Pache, Éditions du Cerf, Paris , 1976 
Voyage forcé : itinéraire d’un militant, Sally N’Dongo, François Maspero, Paris, 1975

Crédits photo : Manifestation des travailleurs immigrés, Sally N’Dongo, 1981  (auteur Kagan, Élie). ©BDIC/KAG T (675)

Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge et son église, rue de Crimée, Paris 19e
Depuis le XVIIIe siècle, Paris est souvent considérée par les Russes comme leur deuxième capitale. Citons les aristocrates soucieux de s’imprégner de la culture française, les artistes du quartier de Montparnasse des années 1930, comme Maïakovski, Chagall, Zadkine, Diaghilev, Berberova…, mais aussi les “Russes blancs” fuyant la Révolution bolchévique de 1917 ou encore les dissidents des années 1970. Plus d’une cinquantaine de noms de rues, de boulevards et de places évoquent la Russie à Paris.L’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge et son église, situés rue de Crimée dans le 19e arrondissement de Paris, témoignent de cette relation particulière de la communauté russe avec la capitale française. Fondé en 1925 par des Russes qui avaient fui leur pays après la Révolution bolchévique et qui s’étaient réunis autour de leur chef spirituel le métropolite Euloge (Gueorguievsky), l’Institut est un établissement d’enseignement supérieur privé, fonctionnant sous l’égide de l’Académie de Paris. Auparavant, l’ensemble des bâtiments de la “colline verte” des Buttes-Chaumont avait été le site d’une église luthérienne allemande, construite vers 1850 par le pasteur Friedrich von Bodelschwing, pour desservir les travailleurs allemands de la région parisienne. De 1925 à 1927, l’église fut décorée par le peintre Dimitri Stelletzky et ses élèves. S’inspirant d’authentiques “portes royales” russes du XVIe siècle, trouvées chez un antiquaire, ceux-ci réalisèrent dans le même style non seulement l’iconostase, mais aussi le reste des icônes et la décoration de l’église. L’ancien temple luthérien devenu église orthodoxe russe devint ainsi l’une des plus belles et des plus connues églises russes hors de Russie. Plus ancien établissement de théologie orthodoxe en Europe occidentale, l’Institut dépend de l’Exarchat russe orthodoxe. Sa mission est encore aujourd’hui de former des prêtres et des laïcs instruits, se destinant à servir activement l’Eglise Orthodoxe et à représenter cette dernière dans le dialogue œcuménique, ainsi que dans la vie religieuse et culturelle de leur propre pays. Voir d’autres photographies de l’église.Pour en savoir plus
Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge et son église 93, rue de Crimée, 75019 PARIS Métro Laumière, Bus 48, 60, 75 (Arrêt “Place Armand Carrel”)Tél. : + 33 6 98 46 32 81

Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge et son église, rue de Crimée, Paris 19e

Depuis le XVIIIe siècle, Paris est souvent considérée par les Russes comme leur deuxième capitale. Citons les aristocrates soucieux de s’imprégner de la culture française, les artistes du quartier de Montparnasse des années 1930, comme Maïakovski, Chagall, Zadkine, Diaghilev, Berberova…, mais aussi les “Russes blancs” fuyant la Révolution bolchévique de 1917 ou encore les dissidents des années 1970. Plus d’une cinquantaine de noms de rues, de boulevards et de places évoquent la Russie à Paris.

L’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge et son église, situés rue de Crimée dans le 19e arrondissement de Paris, témoignent de cette relation particulière de la communauté russe avec la capitale française. Fondé en 1925 par des Russes qui avaient fui leur pays après la Révolution bolchévique et qui s’étaient réunis autour de leur chef spirituel le métropolite Euloge (Gueorguievsky), l’Institut est un établissement d’enseignement supérieur privé, fonctionnant sous l’égide de l’Académie de Paris. Auparavant, l’ensemble des bâtiments de la “colline verte” des Buttes-Chaumont avait été le site d’une église luthérienne allemande, construite vers 1850 par le pasteur Friedrich von Bodelschwing, pour desservir les travailleurs allemands de la région parisienne.

De 1925 à 1927, l’église fut décorée par le peintre Dimitri Stelletzky et ses élèves. S’inspirant d’authentiques “portes royales” russes du XVIe siècle, trouvées chez un antiquaire, ceux-ci réalisèrent dans le même style non seulement l’iconostase, mais aussi le reste des icônes et la décoration de l’église. L’ancien temple luthérien devenu église orthodoxe russe devint ainsi l’une des plus belles et des plus connues églises russes hors de Russie.

Plus ancien établissement de théologie orthodoxe en Europe occidentale, l’Institut dépend de l’Exarchat russe orthodoxe. Sa mission est encore aujourd’hui de former des prêtres et des laïcs instruits, se destinant à servir activement l’Eglise Orthodoxe et à représenter cette dernière dans le dialogue œcuménique, ainsi que dans la vie religieuse et culturelle de leur propre pays.

Voir d’autres photographies de l’église.

Pour en savoir plus

Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge et son église
93, rue de Crimée, 75019 PARIS
Métro Laumière, Bus 48, 60, 75 (Arrêt “Place Armand Carrel”)
Tél. : + 33 6 98 46 32 81
La scolarisation des enfants d’immigrésDepuis les années 1970, la scolarisation des enfants d’immigrés constitue un défi pédagogique pour les pouvoirs publics. La circulaire du 13 janvier 1979, la première régissant l’enseignement à l’école élémentaire des enfants de migrants, ne fait qu’entériner une situation de terrain qui a vu dans les années 1960 la création ex nihilo de classes pour étrangers dans les écoles, « ces classes ayant pour objectif une intégration rapide des enfants dans le milieu scolaire normal, aucun redoublement ne sera admis ».Dans les circulaires suivantes apparaît en effet le souci de maintenir une égalité entre les élèves et le refus de distinguer les enfants d’immigrés et de créer pour eux des parcours scolaires spécifiques. Ainsi, la préoccupation pédagogique dominante est celle des difficultés liées à l’apprentissage de la langue française et la priorité est donnée à l’acquisition du français au détriment parfois des autres matières.Toutefois, une certaine confusion persiste sur les publics visés. La circulaire du 13 mars 1986 ne fait pas de distinction entre jeunes nés en France et les primo-migrants, en ne s ‘intéressant qu’à la variable de la nationalité. Dès 1985 dans un rapport intitulé « L’Immigration à l’école de la République », Jacques Berque décrit la « confusion qui règne sur la scolarition « des enfants dits étrangers, d’origine étrangère, immigrés ou migrants. »De plus, la multiplication des dispositifs, comme les ELCO (Enseignements des langues et cultures d’origine) ou les Cefisem (Centres de formation et d’information pour la scolarisation des enfants de migrants) dont une partie seront absorbés par les centres de ressources ZEP (Zones d’éducation prioritaires), brouillent les objectifs pédagogiques de la scolarisation des migrants.Les enfants d’immigrés restent parmi les élèves ceux qui encourent les plus grands risques de difficultés ou d’échecs scolaires. Toutefois, au sein des populations défavorisées, ces derniers s’en sortent mieux que les autres élèves, un résultat en grande partie dû aux aspirations et aux ambitions des familles d’immigrés pour qui l’école demeure un gage de promotion sociale.En savoir +- Marie Lazaridis, « La scolarisation des enfants de migrants : entre intégration républicaine et mesures spécifiques, » in VEI Enjeux, n°125, juin 2001, pp. 198-208- Louis-André Vallet et Jean-Paul Caille, “La scolarité des enfants d’immigrés”, in  L’école : l’état des savoirs, Paris, La Découverte, pp. 293-301- Moro Marie-Rose, Enfants de l’immigration, une chance pour l’école, Editions Bayard, 2012- la revue Diversité vie école intégration

La scolarisation des enfants d’immigrés

Depuis les années 1970, la scolarisation des enfants d’immigrés constitue un défi pédagogique pour les pouvoirs publics. La circulaire du 13 janvier 1979, la première régissant l’enseignement à l’école élémentaire des enfants de migrants, ne fait qu’entériner une situation de terrain qui a vu dans les années 1960 la création ex nihilo de classes pour étrangers dans les écoles, « ces classes ayant pour objectif une intégration rapide des enfants dans le milieu scolaire normal, aucun redoublement ne sera admis ».

Dans les circulaires suivantes apparaît en effet le souci de maintenir une égalité entre les élèves et le refus de distinguer les enfants d’immigrés et de créer pour eux des parcours scolaires spécifiques. Ainsi, la préoccupation pédagogique dominante est celle des difficultés liées à l’apprentissage de la langue française et la priorité est donnée à l’acquisition du français au détriment parfois des autres matières.

Toutefois, une certaine confusion persiste sur les publics visés. La circulaire du 13 mars 1986 ne fait pas de distinction entre jeunes nés en France et les primo-migrants, en ne s ‘intéressant qu’à la variable de la nationalité. Dès 1985 dans un rapport intitulé « L’Immigration à l’école de la République », Jacques Berque décrit la « confusion qui règne sur la scolarition « des enfants dits étrangers, d’origine étrangère, immigrés ou migrants. »

De plus, la multiplication des dispositifs, comme les ELCO (Enseignements des langues et cultures d’origine) ou les Cefisem (Centres de formation et d’information pour la scolarisation des enfants de migrants) dont une partie seront absorbés par les centres de ressources ZEP (Zones d’éducation prioritaires), brouillent les objectifs pédagogiques de la scolarisation des migrants.

Les enfants d’immigrés restent parmi les élèves ceux qui encourent les plus grands risques de difficultés ou d’échecs scolaires. Toutefois, au sein des populations défavorisées, ces derniers s’en sortent mieux que les autres élèves, un résultat en grande partie dû aux aspirations et aux ambitions des familles d’immigrés pour qui l’école demeure un gage de promotion sociale.

En savoir +
- Marie Lazaridis, « La scolarisation des enfants de migrants : entre intégration républicaine et mesures spécifiques, » in VEI Enjeux, n°125, juin 2001, pp. 198-208
- Louis-André Vallet et Jean-Paul Caille, “La scolarité des enfants d’immigrés”, in  L’école : l’état des savoirs, Paris, La Découverte, pp. 293-301
- Moro Marie-Rose, Enfants de l’immigration, une chance pour l’école, Editions Bayard, 2012
- la revue Diversité vie école intégration

Mouloud Aounit, figure de la lutte contre le racisme
Grande figure de la lutte contre le racisme et pour l’égalité, Mouloud Aounit est décédé le vendredi 10 août dernier à Paris. Militant associatif et politique, l’ancien président du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) s’est éteint à l’âge de 59 ans des suites d’une tumeur au cerveau.
Né le 23 février 1953 à Timezrit, en Algérie, Mouloud Aounit arrive très jeune à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). C’est dans cette ville que débute sa carrière de militant et c’est là qu’il est à présent enterré; ses obsèques ont eu lieu le 16 août.
Mouloud Aounit  adhère au MRAP en 1979. Il assume la présidence de la fédération de Seine-Saint-Denis du MRAP, puis participe, en novembre 1983, à la marche pour l’égalité et contre le racisme, évènement central de l’histoire de l’immigration des trente dernières années. Vingt ans plus tard, il qualifiera dans un éditorial l’événement de « rendez-vous manqué avec l’égalité ». En 1989, il succède à Albert Lévy – l’un des membres fondateurs du MRAP - au poste de secrétaire général du mouvement dont il devient le président en 2004. Il assume cette fonction jusqu’en 2008.
En parallèle de son engagement militant et associatif, en 2004 Mouloud Aounit est élu conseiller régional d’Ile-de-France, à la tête de la liste présentée par le Parti communiste français (PCF) en Seine-Saint-Denis. Son soutien à Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF et candidate à l’élection présidentielle de 2007, alors qu’il était à la tête du MRAP, lui valurent quelques critiques. Lors de la dernière campagne présidentielle, Mouloud Aounit a vigoureusement dénoncé les positions racistes du Front national et de Marine Le Pen, présidente et candidate du parti à l’élection.
Promoteur de l’égalité ayant consacré sa vie au combat contre le racisme, Mouloud Aounit est promu Chevalier de l’Ordre national du mérite en 2000 et Chevalier de la Légion d’honneur en 2003.
« Il laissera à tous ses compagnons et compagnes de militance le souvenir fort de celui qui aura jusqu’au bout refusé de renoncer », salue le MRAP dans un communiqué.
En savoir +- Les ressources disponibles dans le catalogue Odysséo sur le MRAP- L’actualité Odysséo sur la collection Droit et liberté, journal édité par le MRAP

Mouloud Aounit, figure de la lutte contre le racisme

Grande figure de la lutte contre le racisme et pour l’égalité, Mouloud Aounit est décédé le vendredi 10 août dernier à Paris. Militant associatif et politique, l’ancien président du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) s’est éteint à l’âge de 59 ans des suites d’une tumeur au cerveau.

Né le 23 février 1953 à Timezrit, en Algérie, Mouloud Aounit arrive très jeune à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). C’est dans cette ville que débute sa carrière de militant et c’est là qu’il est à présent enterré; ses obsèques ont eu lieu le 16 août.

Mouloud Aounit  adhère au MRAP en 1979. Il assume la présidence de la fédération de Seine-Saint-Denis du MRAP, puis participe, en novembre 1983, à la marche pour l’égalité et contre le racisme, évènement central de l’histoire de l’immigration des trente dernières années. Vingt ans plus tard, il qualifiera dans un éditorial l’événement de « rendez-vous manqué avec l’égalité ». En 1989, il succède à Albert Lévy – l’un des membres fondateurs du MRAP - au poste de secrétaire général du mouvement dont il devient le président en 2004. Il assume cette fonction jusqu’en 2008.

En parallèle de son engagement militant et associatif, en 2004 Mouloud Aounit est élu conseiller régional d’Ile-de-France, à la tête de la liste présentée par le Parti communiste français (PCF) en Seine-Saint-Denis. Son soutien à Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF et candidate à l’élection présidentielle de 2007, alors qu’il était à la tête du MRAP, lui valurent quelques critiques. Lors de la dernière campagne présidentielle, Mouloud Aounit a vigoureusement dénoncé les positions racistes du Front national et de Marine Le Pen, présidente et candidate du parti à l’élection.

Promoteur de l’égalité ayant consacré sa vie au combat contre le racisme, Mouloud Aounit est promu Chevalier de l’Ordre national du mérite en 2000 et Chevalier de la Légion d’honneur en 2003.

« Il laissera à tous ses compagnons et compagnes de militance le souvenir fort de celui qui aura jusqu’au bout refusé de renoncer », salue le MRAP dans un communiqué.

En savoir +
- Les ressources disponibles dans le catalogue Odysséo sur le MRAP
- L’actualité Odysséo sur la collection Droit et liberté, journal édité par le MRAP

La loi Bonnet sur le séjour et l’expulsion des travailleurs immigrésS’inscrivant à la suite d’une série de mesures visant à réduire le nombre de travailleurs immigrés en France, la loi 80-9 du 10 janvier 1980, dite loi Bonnet (du nom de Christian BONNET, ministre de l’Intérieur de 1977 à 1981), modifie, pour la première fois, l’ordonnance du 2 novembre 1945 relative aux conditions d’entrée et de séjour en France des étrangers.Cette loi relative à la prévention de l’immigration clandestine passe devant l’Assemblée nationale en première lecture le 29 mai 1979. En réaction au projet de loi, des intellectuels parmi lesquels Tahar Ben Jelloun, Claire Etcherelli, Gisèle Halimi ou encore Roland Barthes, adressent une lettre au Président de la République, lui rappelant les devoirs de la France en matière d’hospitalité et de droit des étrangers. Au mois d’octobre 1979, alors que le Sénat examine le projet de loi, un millier de personnes défilent de Barbès à République à l’appel de la Confédération Générale du Travail (CGT) et de la Confédération française démocratique du travail (CFDT). En dépit de cette mobilisation et des réactions très vives dans l’opinion publique, la loi Bonnet est finalement adoptée en  décembre 1979.Elle rend plus strictes les conditions d’entrée sur le territoire et fait de l’entrée ou du séjour irréguliers un motif d’expulsion au même titre que la menace pour l’ordre public. La loi prévoit également la reconduite de l’étranger expulsé à la frontière et sa détention dans un établissement s’il n’est pas en mesure de quitter immédiatement le territoire. Il s’agit ici de la première apparition de la rétention administrative.Le 2 avril 1980, le prêtre Christian Delorme, le pasteur Jean Costil, et l’immigré algérien en sursis d’expulsion Hamid Boukhrouma débutent une grève de la faim à Lyon pour protester contre les expulsions de travailleurs immigrés. Moins d’un mois plus tard, le ministre de l’Intérieur annonce alors la suspension pour trois mois des expulsions de jeunes immigrés, sauf en cas de délits graves.Aussitôt arrivée au pouvoir en 1981, la gauche décide de mettre en chantier une nouvelle réforme de l’ordonnance de 1945. Ainsi, la loi du 27 octobre 1981 abroge les dispositions de la loi Bonnet et introduit dans l’ordonnance une série de garanties nouvelles pour les étrangers.

La loi Bonnet sur le séjour et l’expulsion des travailleurs immigrés

S’inscrivant à la suite d’une série de mesures visant à réduire le nombre de travailleurs immigrés en France, la loi 80-9 du 10 janvier 1980, dite loi Bonnet (du nom de Christian BONNET, ministre de l’Intérieur de 1977 à 1981), modifie, pour la première fois, l’ordonnance du 2 novembre 1945 relative aux conditions d’entrée et de séjour en France des étrangers.

Cette loi relative à la prévention de l’immigration clandestine passe devant l’Assemblée nationale en première lecture le 29 mai 1979. En réaction au projet de loi, des intellectuels parmi lesquels Tahar Ben Jelloun, Claire Etcherelli, Gisèle Halimi ou encore Roland Barthes, adressent une lettre au Président de la République, lui rappelant les devoirs de la France en matière d’hospitalité et de droit des étrangers. Au mois d’octobre 1979, alors que le Sénat examine le projet de loi, un millier de personnes défilent de Barbès à République à l’appel de la Confédération Générale du Travail (CGT) et de la Confédération française démocratique du travail (CFDT). En dépit de cette mobilisation et des réactions très vives dans l’opinion publique, la loi Bonnet est finalement adoptée en  décembre 1979.

Elle rend plus strictes les conditions d’entrée sur le territoire et fait de l’entrée ou du séjour irréguliers un motif d’expulsion au même titre que la menace pour l’ordre public. La loi prévoit également la reconduite de l’étranger expulsé à la frontière et sa détention dans un établissement s’il n’est pas en mesure de quitter immédiatement le territoire. Il s’agit ici de la première apparition de la rétention administrative.

Le 2 avril 1980, le prêtre Christian Delorme, le pasteur Jean Costil, et l’immigré algérien en sursis d’expulsion Hamid Boukhrouma débutent une grève de la faim à Lyon pour protester contre les expulsions de travailleurs immigrés. Moins d’un mois plus tard, le ministre de l’Intérieur annonce alors la suspension pour trois mois des expulsions de jeunes immigrés, sauf en cas de délits graves.

Aussitôt arrivée au pouvoir en 1981, la gauche décide de mettre en chantier une nouvelle réforme de l’ordonnance de 1945. Ainsi, la loi du 27 octobre 1981 abroge les dispositions de la loi Bonnet et introduit dans l’ordonnance une série de garanties nouvelles pour les étrangers.

Warda El Djazaïria, la « Rose algérienne »
Née en 1940 à Puteaux d’un père algérien et d’une mère libanaise, Warda baigne dès sa plus tendre enfance dans les milieux traditionalistes et artistiques. Elle apprend la musique à 11 ans et commence sa carrière dans le cabaret de son père, le Tam Tam, situé dans le Quartier latin. Elle reprend les chansons des plus grands (Oum Kalthoum, Mohamed Abdelwahad, Abdelhalem Hafez) et interprète les succès de la chanson de l’exil. Repérée par Ahmed Hachelaf, elle connaît vite le succès et entre chez Pathé Marconi.
Au moment de la guerre d’Algérie, Warda entonne la chanson patriotique Ya habibi ya moudjahid (« Ô ami, ô combattant »). En 1958, elle doit quitter la France pour Rabat puis Beyrouth en raison des activités militantes de son père. Au moment de l’indépendance, en 1962, elle s’installe en Algérie et prend le surnom de El Djazaïria (L’Algérienne). Warda interprète Djamila, en l’honneur de la combattante algérienne au maquis, ou Ana mil djazaïr ana arabia (« Je suis d’Algérie, je suis arabe »). Elle représente également l’Algérie combattante dans les productions panarabiques de 1961. Son mari la contraint au silence pendant 12 ans, jusqu’à ce que le second président de l’Algérie, Houari Boumediene, lui demande de revenir sur scène pour célébrer les 10 ans de l’indépendance. Un retour artistique qui précipite son divorce.
Elle quitte l’Algérie pour l’Egypte où elle rencontre le compositeur Baligh Hamdi qu’elle épouse. Elle enchaîne alors les concerts, les films et les comédies musicales. Censurée par Anouar El Sadate pour avoir fait l’éloge de la famille du Prophète et de l’ancien dirigeant lybien Mouammar Khadafi dans sa chanson El Ghala Yenzad, elle retrouve la grâce après l’intervention de Jihane Sadate, la femme du président, auprès de son mari. Sa double culture algérienne et libanaise lui vaut d’être considérée comme l’héritière d’Oum Kalthoum quand cette dernière meurt en 1976.
Warda est décédée le 17 mai dernier à l’âge de 72 ans d’une crise cardiaque. Engagée lors du printemps arabe, Warda est aujourd’hui considérée comme l’une des plus grandes chanteuses du Moyen-Orient et compte 300 chansons à son répertoire. Sa dernière oeuvre, « Toujours debout », est dédiée à l’Algérie à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance.
En savoir + : 
Naïma Yahi, “Les femmes connaissent la chanson”, Générations : un siècle d’histoire culturelle des Maghrébins en France, Editions Gallimard, 2009

Warda El Djazaïria, la « Rose algérienne »

Née en 1940 à Puteaux d’un père algérien et d’une mère libanaise, Warda baigne dès sa plus tendre enfance dans les milieux traditionalistes et artistiques. Elle apprend la musique à 11 ans et commence sa carrière dans le cabaret de son père, le Tam Tam, situé dans le Quartier latin. Elle reprend les chansons des plus grands (Oum Kalthoum, Mohamed Abdelwahad, Abdelhalem Hafez) et interprète les succès de la chanson de l’exil. Repérée par Ahmed Hachelaf, elle connaît vite le succès et entre chez Pathé Marconi.

Au moment de la guerre d’Algérie, Warda entonne la chanson patriotique Ya habibi ya moudjahid (« Ô ami, ô combattant »). En 1958, elle doit quitter la France pour Rabat puis Beyrouth en raison des activités militantes de son père. Au moment de l’indépendance, en 1962, elle s’installe en Algérie et prend le surnom de El Djazaïria (L’Algérienne). Warda interprète Djamila, en l’honneur de la combattante algérienne au maquis, ou Ana mil djazaïr ana arabia (« Je suis d’Algérie, je suis arabe »). Elle représente également l’Algérie combattante dans les productions panarabiques de 1961. Son mari la contraint au silence pendant 12 ans, jusqu’à ce que le second président de l’Algérie, Houari Boumediene, lui demande de revenir sur scène pour célébrer les 10 ans de l’indépendance. Un retour artistique qui précipite son divorce.

Elle quitte l’Algérie pour l’Egypte où elle rencontre le compositeur Baligh Hamdi qu’elle épouse. Elle enchaîne alors les concerts, les films et les comédies musicales. Censurée par Anouar El Sadate pour avoir fait l’éloge de la famille du Prophète et de l’ancien dirigeant lybien Mouammar Khadafi dans sa chanson El Ghala Yenzad, elle retrouve la grâce après l’intervention de Jihane Sadate, la femme du président, auprès de son mari. Sa double culture algérienne et libanaise lui vaut d’être considérée comme l’héritière d’Oum Kalthoum quand cette dernière meurt en 1976.

Warda est décédée le 17 mai dernier à l’âge de 72 ans d’une crise cardiaque. Engagée lors du printemps arabe, Warda est aujourd’hui considérée comme l’une des plus grandes chanteuses du Moyen-Orient et compte 300 chansons à son répertoire. Sa dernière oeuvre, « Toujours debout », est dédiée à l’Algérie à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance.

En savoir + :

Naïma Yahi, “Les femmes connaissent la chanson”, Générations : un siècle d’histoire culturelle des Maghrébins en France, Editions Gallimard, 2009

La « Grande Emigration » polonaise (Wielka Emigracja) 
La Monarchie de Juillet a connu un mouvement aujourd’hui appelé la « Grande Emigration » polonaise. Celle-ci désigne l’émigration des élites politiques de Pologne entre 1831 et 1870. Cette émigration survint après l’insurrection de Novembre (1830) contre l’Empire russe qui a poussé environ 7 000 Polonais à s’exiler.
Les émigrés étaient issus majoritairement de la petite et de la moyenne noblesse. Les plus glorieux représentants de la cause polonaise comme l’écrivain Adam Mickiewicz ou encore le compositeur Fryderyk Franciszek Chopin purent ainsi s’exprimer dans un pays la France, perçue comme la  patrie de la liberté. Les émigrés polonais firent de Paris leur seconde capitale et reconstituèrent leurs institutions religieuses, politiques et culturelles.
En 1832, le prince Adam Czartoryski et le comte Alexandre Walewski fondent la Société Historique et Littéraire Polonaise et la Bibliothèque Polonaise de Paris dont l’objectif était de lutter à travers la collecte de documents ayant trait à l’histoire et à la culture polonaise contre la germanisation et la russification de la Pologne.
Si globalement, les émigrés polonais appartenant à l’aristocratie et à l’intelligentsia furent bien accueillis, Louis Philippe s’inquiétait de la forte présence polonaise et les réfugiés furent placés sous surveillance policière. Dans les années 1840-1850, Napoléon III souhaitera éloigner de France les émigrés les plus “agités”.
En 1863, l’échec de l’insurrection de Janvier conduisit environ 10 000 Polonais à rejoindre à leur tour la France. Quelques centaines de Polonais participèrent aux événements de la Commune en 1871, ce qui fit dire à Alexandre Dumas-fils que Paris avait été envahi par les Polonais de tous les pays. Le mot « Polonais » devient d’ailleurs pour le gouvernement de Versailles un synonyme de révolutionnaire. A cette époque, la Troisième République cherche à se rapprocher de l’empire russe et les Polonais quittent la France pour se diriger vers la Grande-Bretagne, la Suisse et les territoires polonais occupés par l’Autriche.
En savoir plusJerzy W.Borejsza, “Les Polonais et la Commune de Paris. 140 ans après”, Migrance 35, 2010Exposition Polonia, des Polonais en France depuis1830

La « Grande Emigration » polonaise (Wielka Emigracja)

La Monarchie de Juillet a connu un mouvement aujourd’hui appelé la « Grande Emigration » polonaise. Celle-ci désigne l’émigration des élites politiques de Pologne entre 1831 et 1870. Cette émigration survint après l’insurrection de Novembre (1830) contre l’Empire russe qui a poussé environ 7 000 Polonais à s’exiler.

Les émigrés étaient issus majoritairement de la petite et de la moyenne noblesse. Les plus glorieux représentants de la cause polonaise comme l’écrivain Adam Mickiewicz ou encore le compositeur Fryderyk Franciszek Chopin purent ainsi s’exprimer dans un pays la France, perçue comme la  patrie de la liberté. Les émigrés polonais firent de Paris leur seconde capitale et reconstituèrent leurs institutions religieuses, politiques et culturelles.

En 1832, le prince Adam Czartoryski et le comte Alexandre Walewski fondent la Société Historique et Littéraire Polonaise et la Bibliothèque Polonaise de Paris dont l’objectif était de lutter à travers la collecte de documents ayant trait à l’histoire et à la culture polonaise contre la germanisation et la russification de la Pologne.

Si globalement, les émigrés polonais appartenant à l’aristocratie et à l’intelligentsia furent bien accueillis, Louis Philippe s’inquiétait de la forte présence polonaise et les réfugiés furent placés sous surveillance policière. Dans les années 1840-1850, Napoléon III souhaitera éloigner de France les émigrés les plus “agités”.

En 1863, l’échec de l’insurrection de Janvier conduisit environ 10 000 Polonais à rejoindre à leur tour la France. Quelques centaines de Polonais participèrent aux événements de la Commune en 1871, ce qui fit dire à Alexandre Dumas-fils que Paris avait été envahi par les Polonais de tous les pays. Le mot « Polonais » devient d’ailleurs pour le gouvernement de Versailles un synonyme de révolutionnaire. A cette époque, la Troisième République cherche à se rapprocher de l’empire russe et les Polonais quittent la France pour se diriger vers la Grande-Bretagne, la Suisse et les territoires polonais occupés par l’Autriche.

En savoir plus
Jerzy W.Borejsza, “Les Polonais et la Commune de Paris. 140 ans après”, Migrance 35, 2010
Exposition Polonia, des Polonais en France depuis1830